1. Les Plans
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1. Les Plans Avec ses 153 ans au compteur, la société Lebeau-Courally n'est plus vraiment novice dans la conception de fusils. L'entreprise a suivi l'évolution du marché mais la fabrication des fusils, elle, n'a guère évolué. " Hormis quelques adaptations, les plans n'ont quasiment pas changé. On les a simplement numérisés ", sourit Jean-Marc Stevaux, le chef d'atelier de Lebeau-Courally. Chaque arme est unique et adaptée au client. Celui-ci peut choisir son calibre, le nombre de canons, leur disposition, les finitions, etc.2. Réalisation des pièces A l'exception des canons et des ressorts, l'ensemble des pièces utilisées sont usinées directement au sein de l'entreprise. A partir de simples morceaux d'acier et de deux machines, la marque est ainsi capable de réaliser la grosse centaine de pièces qui feront fonctionner le fusil. " On n'est jamais mieux servi que par soi-même, explique Jean-Marc Stevaux. Puis, notre demande est tellement spécifique qu'il serait compliqué de trouver des sous-traitants prêts à réaliser seulement quelques pièces très caractéristiques. "3. Le brasage Si les canons ne sont pas réalisés en interne, ils arrivent néanmoins à l'état brut. Ils doivent donc encore être travaillés. Ils sont notamment brasés, une technique de soudure réalisée avec à l'aide d'un métal de support qui est chauffé jusqu'à l'état liquide. Une opération de précision qui apporte de l'esthétisme à l'arme mais qui permet aussi d'ajuster la bande de visée, située juste au-dessus des canons4. Le basculageLorsque que toutes les pièces sont réalisées, elles sont assemblées à la main. L'opération débute par le basculage, soit l'assemblement des trois pièces principales qui composent le fusil hors crosse : les canons, la longuesse qui les supporte et la bascule, la pièce principale qui accueille l'ensemble de la mécanique de détente et d'ouverture. L'opération est réalisée au noir de fumée : le bout des canons est noirci à la flamme et lorsqu'ils sont reliés à la bascule, ils laissent une empreinte servant ainsi de repère pour les retouches à effectuer. Lorsque le basculage est terminé, le reste de la mécanique est ajouté.5. la mise à bois La crosse de l'arme est systématique réalisée en bois de noyer. " On l'utilise d'abord pour son esthétique mais il a également d'autres avantages : c'est un bois souple et qui ne se fend pas ", explique le chef d'atelier. Chaque crosse est unique et adaptée à son futur propriétaire. " Le fait d'être gaucher ou droitier a de l'importance, mais aussi la taille. Lors de la commande, on prend donc des mesures comme le ferait un tailleur ", ajoute Jean-Marc Stevaux. Une fois parfaitement découpée à taille, la crosse est simplement vissée à la mécanique du fusil.6. Les finitionsL'arme ayant enfin son aspect final brut, elle est complètement redémontée afin de pouvoir réaliser les derniers ajustements sur certaines pièces. L'opération est surtout esthétique, comme pour l'arrondissement des angles. " Pour certaines pièces, on le fait encore au burin, mais une bonne partie s'effectue aussi à l'aide de machines ", ajoute le chef d'atelier. L'arme est ensuite envoyée au banc d'épreuve des armes de Liège qui garantit la conformité du fusil et son bon fonctionnement7. La gravure Ne manque plus au fusil que sa personnalisation. Une étape parmi les plus importantes et les plus longues de tout le processus de création. " Il faut compter entre un et trois mois de travail, suivant la difficulté du dessin ", explique le jeune graveur qui réalise l'essentiel de son travail à la loupe. Les commandes spéciales nécessitent parfois encore beaucoup plus de temps. Un homme politique avait commandé la reproduction d'un célèbre tableau sur son arme. Il aura fallu cinq ans au graveur pour terminer son ouvrage.Par Arnaud Martin.