C'est fait, c'est annoncé depuis quelques jours : les Italiens de Fiat Chrysler et les Français de PSA, la maison-mère de Peugeot, ont décidé de se fiancer. Le mariage, c'est-à-dire la fusion, devrait suivre assez rapidement. Le mariage entre ces deux constructeurs automobiles donnera ainsi naissance au deuxième constructeur européen avec 23% de parts de marché, juste derrière Volkswagen, qui reste le premier constructeur du continent avec 24% de part de marché.

A eux deux, ces constructeurs automobiles vendront presque 9 millions de voitures par an. Et c'est important, car les fiançailles n'ont qu'un seul but : atteindre une taille critique. Dans le secteur automobile, rester petit n'est plus possible, je dirais même que c'est encore plus difficile aujourd'hui qu'il y a 10 ou 15 ans. Tout d'abord, parce que les investissements sont nettement plus importants à l'heure actuelle. Il y a les contraintes réglementaires qui forcent l'industrie automobile à se verdir, donc à réduire ses émissions de CO2 ; cela oblige les constructeurs automobiles à électrifier leur gamme. Et puis, il y a aussi l'arrivée de la voiture connectée et autonome. Tout cela impose d'investir des sommes colossales pour rester compétitif.

En fusionnant ainsi avec un autre fabriquant, on peut partager le coût de tous ces investissements. C'est la raison principale qui explique les fiançailles de Fiat Chrysler avec PSA. Fiat est en retard sur le verdissement de sa gamme et donc cette fusion tombe à point nommé. Quant à PSA, elle a beau être rentable, 88% des ventes de Peugeot se font en Europe, bref, PSA est un constructeur trop régional, et le mariage avec Fiat Chrysler va lui ouvrir les portes du marché américain. En clair, les deux fiancés s'y retrouvent !

Evidemment, le danger d'une telle fusion, c'est qu'elle est énorme et que ce paquebot doit être géré. Mais comment coordonner des équipes qui sont en France, en Italie, aux Etats-Unis et ailleurs ? Il y a plusieurs exemples qui montrent que, passé une certaine taille, une entreprise n'est plus gérable. Mais heureusement, il y a aussi des cas contraires ! Et le pari ici, c'est que Fiat et Peugeot vont y arriver car ils ont l'habitude de travailler ensemble depuis 40 ans notamment pour la fabrication de certains véhicules utilitaires. L'autre défi sera d'adapter leur stratégie à des marchés aussi différents que la Chine, les Etats-Unis et l'Europe ; les attentes des clients ne sont pas les mêmes et les contraintes réglementaires ne sont pas identiques.

Bref, il y aura du pain sur la planche, mais avec ces fiançailles, on assiste à la naissance d'un géant industriel européen. Et comme cela n'arrive pas tous les jours, ne boudons pas notre plaisir non plus.