Les écarts de diversité sont nombreux. Aucun ne s'est davantage résorbé au cours du demi-siècle écoulé que celui qui existe entre les hommes et les femmes. Toutefois, la situation n'a pratiquement plus évolué depuis les années 90. C'est ce que constate également Marianne Bertrand. L'économiste explique en partie ce phénomène par le fait qu'il incombe de plus en plus aux femmes de s'occuper des enfants. Mais il revient sans doute aussi aux femmes de prendre elles-mêmes les choses en mains pour susciter le changement de telle sorte que les dernières bribes de disparité entre les sexes puissent enfin être éliminées.

Un réseau à construire

A l'avenir, la diversité ne doit plus être un problème. Elle doit au contraire procurer une valeur ajoutée aux entreprises. Voilà pourquoi Salesforce, depuis déjà longtemps, a fait de l'égalité une valeur majeure de la société. Nous sommes certes encore loin d'avoir franchi la ligne d'arrivée mais de nombreux efforts sont en tout cas consentis afin que les femmes aient l'opportunité de s'épanouir. Récemment, en raison de la crise du coronavirus, nous avons décidé de réunir - virtuellement - notre réseau de dirigeantes féminines, venues de tous les secteurs, afin d'engager la discussion sur la manière dont les femmes vivent les changements induits par la nouvelle réalité. L'une des oratrices invitées fut l'ancienne commissaire européenne Neelie Kroes.

Ce genre de réseau est un outil important pour les femmes, leur permettant de se positionner et de trouver de l'inspiration auprès de modèles forts. Le fait est que les femmes impriment un cachet qui leur est propre à la manière d'aborder des moments de crise. Nous avions notamment demandé aux participantes de décrire en un seul mot-clé les choses qu'elles estiment importantes en ces temps difficiles. Voici leurs réponses: équité, transparence, vulnérabilité, création de confiance, communication ouverte, empathie et reconnaissance. De nombreuses participantes voient dans la crise une opportunité pour les entreprises de faire émerger leur côté le plus humain en intégrant le soutien aux clients et aux collaborateurs dans leur culture. Selon les femmes, les sociétés qui le font sont celles qui se sortiront le mieux de la crise.

Plusieurs dirigeantes, tout comme leurs homologues masculins, ont dû tenir le cap de leur entreprise dans ces eaux tumultueuses. Lors de l'événement, Elly Huysmans, de la société Poetsbureau, s'est exprimée au sujet des principaux défis auxquels elle a dû faire face. Au-delà des pressions financières, ces défis ont essentiellement eu trait aux individus. Il a tout d'abord fallu prévoir le matériel nécessaire pour que chacun et chacune puisse basculer en mode travail à domicile. Et dès que la crise s'est quelque peu stabilisée, elle a dû se mettre en quête, avec son équipe, de nouvelles manières de communiquer entre collaborateurs.

Embrayant sur les remarques formulées par Marianne Bertrand, les dirigeantes ont, à leur tour, souligné que le travail à domicile peut s'avérer un véritable défi lorsque les enfants sont dans les parages. Heureusement, les hommes, eux aussi, passent actuellement plus de temps avec leur famille mais la maternité est une pression qui s'est malgré tout avérée un facteur important. Lors de l'événement, les modèles féminins ont volontiers partagé quelques conseils personnels pour y faire face, tels que le fait de prendre suffisamment de temps pour soi et d'atténuer la pression de la vie familiale (par exemple, en permettant de temps à autre aux enfants de s'adonner à des jeux vidéo un tantinet plus qu'à l'habitude).

Inspirer les responsables RH

Un réseau constitue le socle fondamental pour faire la différence mais cela ne s'arrête évidemment pas là. Les femmes, par exemple, doivent oser prendre la parole. Salesforce a su rendre la chose possible. Pendant la crise, les femmes travaillant au sein de la société ont par exemple organisé régulièrement des sessions de chat au cours desquelles des expériences et récits personnels et autres défis rencontrés en matière de diversité et d'inclusion purent être partagés. Lors d'une crise telle celle que nous traversons, il est nécessaire de prévoir des moments où nous pouvons être à l'écoute les un(e)s des autres.

La diversité est un but que nous recherchons non seulement en interne mais que nous essayons aussi d'inspirer activement chez les autres. Nous avons par exemple été invités à parler de la diversité lors d'une session en ligne organisée par une école néerlandaise. Pour l'occasion, je m'étais volontairement entourée d'autres femmes de la société qui sont sorties de leur zone de confort pour parler de diversité en s'appuyant sur leurs expériences personnelles. Les échanges ne se sont d'ailleurs pas limités aux questions de genre. L'un des thèmes abordés fut par exemple celui du mouvement Black Lives Matter.

Ce genre d'événement est une occasion rêvée pour les femmes de convaincre les responsables RH de demain afin qu'eux (elles) aussi fassent de la diversité l'un des piliers majeurs de leur politique RH au sein d'autres sociétés. Bien entendu, les étudiants, de par leur formation, y sont déjà préparés mais pouvoir découvrir, via des échos concrets, ce que les entreprises font déjà aujourd'hui pour stimuler la diversité vient utilement compléter la formation.

Conclusion? La diversité est un chantier de longue haleine auquel nous devons tous et toutes apporter notre petite pierre. Selon Marianne Bertrand, les femmes doivent se chercher un partenaire qui est prêt à faire sa part du boulot. C'est là, à coup sûr, un levier pour mieux combiner la vie de famille mais si nous voulons réellement réussir, nous devrons oeuvrer à un meilleur avenir. La diversité doit devenir une valeur importante au sein de chaque entreprise et les femmes doivent elles-mêmes jouer un rôle actif pour rendre la chose possible.

Carmina Coenen, Director Solution Engineering chez Salesforce Belux

Les écarts de diversité sont nombreux. Aucun ne s'est davantage résorbé au cours du demi-siècle écoulé que celui qui existe entre les hommes et les femmes. Toutefois, la situation n'a pratiquement plus évolué depuis les années 90. C'est ce que constate également Marianne Bertrand. L'économiste explique en partie ce phénomène par le fait qu'il incombe de plus en plus aux femmes de s'occuper des enfants. Mais il revient sans doute aussi aux femmes de prendre elles-mêmes les choses en mains pour susciter le changement de telle sorte que les dernières bribes de disparité entre les sexes puissent enfin être éliminées.Un réseau à construireA l'avenir, la diversité ne doit plus être un problème. Elle doit au contraire procurer une valeur ajoutée aux entreprises. Voilà pourquoi Salesforce, depuis déjà longtemps, a fait de l'égalité une valeur majeure de la société. Nous sommes certes encore loin d'avoir franchi la ligne d'arrivée mais de nombreux efforts sont en tout cas consentis afin que les femmes aient l'opportunité de s'épanouir. Récemment, en raison de la crise du coronavirus, nous avons décidé de réunir - virtuellement - notre réseau de dirigeantes féminines, venues de tous les secteurs, afin d'engager la discussion sur la manière dont les femmes vivent les changements induits par la nouvelle réalité. L'une des oratrices invitées fut l'ancienne commissaire européenne Neelie Kroes.Ce genre de réseau est un outil important pour les femmes, leur permettant de se positionner et de trouver de l'inspiration auprès de modèles forts. Le fait est que les femmes impriment un cachet qui leur est propre à la manière d'aborder des moments de crise. Nous avions notamment demandé aux participantes de décrire en un seul mot-clé les choses qu'elles estiment importantes en ces temps difficiles. Voici leurs réponses: équité, transparence, vulnérabilité, création de confiance, communication ouverte, empathie et reconnaissance. De nombreuses participantes voient dans la crise une opportunité pour les entreprises de faire émerger leur côté le plus humain en intégrant le soutien aux clients et aux collaborateurs dans leur culture. Selon les femmes, les sociétés qui le font sont celles qui se sortiront le mieux de la crise.Plusieurs dirigeantes, tout comme leurs homologues masculins, ont dû tenir le cap de leur entreprise dans ces eaux tumultueuses. Lors de l'événement, Elly Huysmans, de la société Poetsbureau, s'est exprimée au sujet des principaux défis auxquels elle a dû faire face. Au-delà des pressions financières, ces défis ont essentiellement eu trait aux individus. Il a tout d'abord fallu prévoir le matériel nécessaire pour que chacun et chacune puisse basculer en mode travail à domicile. Et dès que la crise s'est quelque peu stabilisée, elle a dû se mettre en quête, avec son équipe, de nouvelles manières de communiquer entre collaborateurs.Embrayant sur les remarques formulées par Marianne Bertrand, les dirigeantes ont, à leur tour, souligné que le travail à domicile peut s'avérer un véritable défi lorsque les enfants sont dans les parages. Heureusement, les hommes, eux aussi, passent actuellement plus de temps avec leur famille mais la maternité est une pression qui s'est malgré tout avérée un facteur important. Lors de l'événement, les modèles féminins ont volontiers partagé quelques conseils personnels pour y faire face, tels que le fait de prendre suffisamment de temps pour soi et d'atténuer la pression de la vie familiale (par exemple, en permettant de temps à autre aux enfants de s'adonner à des jeux vidéo un tantinet plus qu'à l'habitude).Inspirer les responsables RHUn réseau constitue le socle fondamental pour faire la différence mais cela ne s'arrête évidemment pas là. Les femmes, par exemple, doivent oser prendre la parole. Salesforce a su rendre la chose possible. Pendant la crise, les femmes travaillant au sein de la société ont par exemple organisé régulièrement des sessions de chat au cours desquelles des expériences et récits personnels et autres défis rencontrés en matière de diversité et d'inclusion purent être partagés. Lors d'une crise telle celle que nous traversons, il est nécessaire de prévoir des moments où nous pouvons être à l'écoute les un(e)s des autres. La diversité est un but que nous recherchons non seulement en interne mais que nous essayons aussi d'inspirer activement chez les autres. Nous avons par exemple été invités à parler de la diversité lors d'une session en ligne organisée par une école néerlandaise. Pour l'occasion, je m'étais volontairement entourée d'autres femmes de la société qui sont sorties de leur zone de confort pour parler de diversité en s'appuyant sur leurs expériences personnelles. Les échanges ne se sont d'ailleurs pas limités aux questions de genre. L'un des thèmes abordés fut par exemple celui du mouvement Black Lives Matter.Ce genre d'événement est une occasion rêvée pour les femmes de convaincre les responsables RH de demain afin qu'eux (elles) aussi fassent de la diversité l'un des piliers majeurs de leur politique RH au sein d'autres sociétés. Bien entendu, les étudiants, de par leur formation, y sont déjà préparés mais pouvoir découvrir, via des échos concrets, ce que les entreprises font déjà aujourd'hui pour stimuler la diversité vient utilement compléter la formation. Conclusion? La diversité est un chantier de longue haleine auquel nous devons tous et toutes apporter notre petite pierre. Selon Marianne Bertrand, les femmes doivent se chercher un partenaire qui est prêt à faire sa part du boulot. C'est là, à coup sûr, un levier pour mieux combiner la vie de famille mais si nous voulons réellement réussir, nous devrons oeuvrer à un meilleur avenir. La diversité doit devenir une valeur importante au sein de chaque entreprise et les femmes doivent elles-mêmes jouer un rôle actif pour rendre la chose possible.Carmina Coenen, Director Solution Engineering chez Salesforce Belux