On enregistre 1.677 faillites d'entreprises en ce 1er trimestre 2021, contre 2.978 l'année passée, soit une baisse de 43,70 % par rapport à la même période des 2 années précédentes. On le sait tous, c'est totalement artificiel.
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On enregistre 1.677 faillites d'entreprises en ce 1er trimestre 2021, contre 2.978 l'année passée, soit une baisse de 43,70 % par rapport à la même période des 2 années précédentes. On le sait tous, c'est totalement artificiel.Même si les 2 moratoires lancés l'année passée sont maintenant échus, les mesures de d'aides aux entreprises et la modération du ministère public maintiennent les chiffres à une petite proportion de ce qu'ils devraient être. Quand on voit que la restauration est à -60 %, la construction et le commerce de détail à -50 % et les services informatiques à -53 %, on comprend immédiatement qu'on n'est pas en rythme de croisière.Au niveau régional, c'est à Bruxelles que le nombre de faillites est proportionnellement le plus bas, avec un total de 40 % de défaillances par rapport à 2020. On est plutôt autour de 60 % dans les 2 autres régions. La correction risque donc d'être violente dans la capitale.Ce sont les jeunes entreprises qui paient proportionnellement le plus lourd tribu à cette crise. La part des entreprises créées à partir de 2017 représente en effet presque 24 % des défaillances, contre seulement 17,50 % l'année passée.La proportion de faillites sur assignation reste anormalement faible, à 32%, contre plus de 50% ces dernières années.Les dissolutions judiciaires sont au nombre de 1.583 contre 1.718 l'année passée. La baisse est ici nettement moins sensible donc. En fait, le frein avait déjà été enclenché en mars 2020, avec seulement 406 jugements (il y en avait 778 en février 2020 !). Même si on est toujours sur la retenue, on enregistre quand même 537 jugements en mars de cette année, ce qui occasionne un rattrapage dans les chiffres trimestriels.Alors que les textes d'assouplissement sont en voie de finalisation, on voit que les réorganisations judiciaires ne connaissent pas plus de succès. Il n'y a eu que 88 nouvelles procédures engagées en ce trimestre, contre 142 l'année passée. A voir si les mesures prises pour réactiver la procédure vont pouvoir sauver plus d'entreprises. En temps normaux, 40% des entreprises sont encore en vie 3 ans après une réorganisation judiciaire.Tout cela n'a heureusement pas de conséquences sur l'envie d'entreprendre. Alors que les chiffres sont loin d'être stabilisés (il faut au moins 3 mois de délais pour y arriver), les starters sont plus de 32.000 et donc d'ores et déjà aussi nombreux que les années précédentes. Il y a cependant de fortes disparités sectorielles. Il est logique de voir la restauration (-47%), l'hébergement (-42%), les activités sportives (-46%) ou encore les services de soutiens aux entreprises (-31%) sur la réserve.Par contre, on peut être surpris de la vigueur du commerce de détail qui attire presque 2.900 starters (+19,50%) en ce premier trimestre 2021.Dans les secteurs plus confidentiels, on notera quelques chiffres intéressants : l'industrie (hors chimique et pharmaceutique) est en hausse de plus de 10%, avec un bond impressionnant du côté de la métallurgie : 11 créations contre 1 en 2020 et 7 en 2019. C'est aussi le cas de l'industrie du papier et du carton, avec 12 starters contre 3 les années précédentes. Beaucoup ont évoqué le besoin d'une ré-industrialisation de notre tissu économique. On en voit aujourd'hui peut-être les prémisses en sortie de pandémie.Pascal Flisch