Après un certain fléchissement fin de l'année dernière, l'entreprise a effectué une remontée étonnante au premier trimestre de 2021 et a présenté des résultats solides ainsi que des perspectives favorables inattendues. Ce retournement de situation est notamment dû à la méthode de distribution des colis de bpost. À la fin de l'année passée, l'entreprise devait engager des sous-traitants et des intérimaires supplémentaires afin d'assurer la livraison des pics de volume. La hausse du chiffre d'affaires liée au trafic des colis ne faisait pas le poids face aux frais supplémentaires encourus. Un constat douloureux : d'autant plus que la concurrence (PostNL pour ne pas la nommer) a pu tirer profit de cet afflux massif de colis à la même période.
...

Après un certain fléchissement fin de l'année dernière, l'entreprise a effectué une remontée étonnante au premier trimestre de 2021 et a présenté des résultats solides ainsi que des perspectives favorables inattendues. Ce retournement de situation est notamment dû à la méthode de distribution des colis de bpost. À la fin de l'année passée, l'entreprise devait engager des sous-traitants et des intérimaires supplémentaires afin d'assurer la livraison des pics de volume. La hausse du chiffre d'affaires liée au trafic des colis ne faisait pas le poids face aux frais supplémentaires encourus. Un constat douloureux : d'autant plus que la concurrence (PostNL pour ne pas la nommer) a pu tirer profit de cet afflux massif de colis à la même période.Au premier trimestre de 2021, cependant, bpost a montré plus d'efficacité dans sa gestion des volumes. La différence ? Une baisse des pics et l'emploi des facteurs comme livreurs de colis. La livraison des colis par les facteurs permet d'optimiser l'exploitation du réseau assorti de frais fixes élevés. Au premier trimestre, la division courrier a pu facturer 60 millions d'euros à la division colis pour les services fournis. Cette dernière en a également profité, car le recours aux facteurs internes est moins coûteux que l'engagement de tiers, en vue d'une augmentation de la capacité. Selon Dirk Tirez, l'optimisation de la livraison des colis est donc la priorité absolue.Priorité n° 1 : une meilleure gestion des pics de volume"Ma première tâche a consisté à déterminer ce qui avait mal tourné l'année dernière", a expliqué Dirk Tirez, CEO ad interim de bpost, lors d'un appel avec les analystes qui a eu lieu jeudi. "Nous tirons des leçons des mois passés, sans attendre l'arrivée d'un nouveau CEO, qui est prévue pour l'été. Cette fois, nous souhaitons être prêts à gérer le pic de fin d'année. Nous commençons dès lors l'organisation dès aujourd'hui. La croissance des volumes doit se traduire par une croissance bénéficiaire.bpost pense résolument pouvoir garantir un traitement rentable des très hauts volumes à la fin de cette année. "Lors du premier trimestre, nous avons montré que nous pouvions exploiter notre réseau de courrier postal de manière optimale pour la livraison des colis", affirme Dirk Tirez. L'entreprise n'y était pas parvenue au quatrième trimestre de l'année 2020, car les volumes records, atteignant plus de 600 000 colis par jour, étaient trop élevés. Le pic a également commencé plus tôt que prévu, et bpost a décidé d'augmenter rapidement sa capacité externe pour garantir les livraisons. Les volumes les plus hauts des derniers mois, de plus de 400 000 colis par jour, ont pu être gérés grâce à l'implication des facteurs. Si chacun des 10 000 facteurs livre cinq colis par jour, la différence est déjà considérable. Les facteurs ont également plus de place car les volumes de courrier classique continuent de baisser. "Nous allons continuer de renforcer la capacité dédiée aux colis du réseau postal classique", déclare Dirk Tirez.Priorité n° 2 : focus sur les coûts"Je souhaite deuxièmement que l'entreprise se concentre pleinement sur les économies et l'efficacité de la distribution de courrier en Belgique, car les volumes ne cessent de baisser", explique Dirk Tirez. Pour 2021, bpost s'attend à une diminution du volume de 8 %, un chiffre un peu plus encourageant que ceux des prévisions antérieures, qui tablaient sur une baisse de 9 à 11 %. Ce recul des volumes de courrier constitue une donnée structurelle, qui, à terme, ébréchera les bénéfices du groupe, lesquels reposaient toujours à 60 % sur le trafic postal classique au premier trimestre de cette année. "Nous travaillons sur une réponse structurelle avec un nouveau modèle de distribution plus adapté aux attentes du client. Nous l'introduirons progressivement, dans un dialogue constructif avec les partenaires sociaux. Nous nous trouvons dans la première phase du projet, mais elle assurera l'avenir des services postaux en Belgique", affirme Dirk Tirez.Priorité n° 3 : une direction affinéeLa direction de bpost souhaite montrer le bon exemple en réalisant également des économies au sommet. "Nous souhaitons réduire les frais généraux et frais de gestion, pour qu'ils soient comparables à la structure de coûts de nos concurrents internationaux. Nous allons donc notamment simplifier la structure organisationnelle", ajoute Dirk Tirez.Priorité n° 4 : un avenir en tant qu'acteur logistiqueLa livraison de courrier et de colis n'est pas la seule activité de bpost. L'entreprise développe également ses qualités d'acteur logistique, en assurant toute la gestion du commerce en ligne pour d'autres entreprises. Aux États-Unis, bpost s'en occupe avec sa filiale américaine Radial, et les résultats s'améliorent lentement mais sûrement. En Europe, c'est avec Radial Europe et la filiale Active Ants que bpost y travaille plus discrètement. L'entreprise est toutefois très satisfaite des développements réalisés dans cette activité. "Le budget d'investissement de cette année, d'environ 200-220 millions d'euros, sera surtout consacré à l'extension des activités logistiques aux États-Unis et en Europe", raconte Dirk Tirez.Priorité n° 5 : vente des activités subsidiairesbpost vend sa participation de 50 % dans bpost banque à BNP Paribas Fortis. Ubiway Retail, un réseau de kiosques et de magasins, serait également mis en vente, bien que bpost ne souhaite pas encore confirmer cette information. "Élaborer une stratégie, c'est aussi décider ce que l'on ne veut plus faire", commence Dirk Tirez. "Nous souhaitons vendre les activités secondaires. Nous évaluons de manière approfondie ce qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie et ce qui génère suffisamment de bénéfices et de liquidités. Nous aimerions ainsi libérer du temps et de l'argent pour investir dans la transformation de l'entreprise. Le développement des activités logistiques est prioritaire."