Les débuts ont été très roots. Thomas Cnockaert, l'un des trois cousins créateurs, a même dû parcourir une partie du pays avec une remorque remplie de chips pour séduire les acheteurs. Moins d'un an plus tard, Les chips de Lucien se trouvent partout en Belgique et au grand-duché de Luxembourg dans le retail (épicerie fine et magasin à la ferme) et les grandes enseignes de supermarché. Thomas Cnockaert, Antoine Van den Abeele et Stany Obin sont agriculteurs et producteurs de pommes de terre de profession. Il y a quelques années, lassés par les risques d'effondrement du marché de la pomme de terre en cas de surproduction et désireux de créer un produit local ...

Les débuts ont été très roots. Thomas Cnockaert, l'un des trois cousins créateurs, a même dû parcourir une partie du pays avec une remorque remplie de chips pour séduire les acheteurs. Moins d'un an plus tard, Les chips de Lucien se trouvent partout en Belgique et au grand-duché de Luxembourg dans le retail (épicerie fine et magasin à la ferme) et les grandes enseignes de supermarché. Thomas Cnockaert, Antoine Van den Abeele et Stany Obin sont agriculteurs et producteurs de pommes de terre de profession. Il y a quelques années, lassés par les risques d'effondrement du marché de la pomme de terre en cas de surproduction et désireux de créer un produit local et transparent, les cousins ont décidé de prendre leur destin en main. Pas dans le domaine de la frite, qui est complètement bouché et dans lequel il est quasi impossible de se démarquer, mais dans celui de la chips. L'un d'entre eux s'est donc rendu l'espace de quatre ans dans une entreprise de production pour apprendre les rudiments du métier. L'union des trois a fait le reste pour rendre le projet possible. Des chips 100% naturelles sans exhausteur de goût, ça n'existe pas en Belgique. "On n'est pas des concurrents de Lays' et Crocky, fait savoir l'équipe. On ne veut pas devenir des industriels mais seulement proposer un autre produit sans être uniquement dans un processus d'achat-revente: on veut valoriser le patrimoine de nos parents et le transmettre à nos enfants." Qu'elles soient au sel, au paprika ou aux épices, les chips se voient appliquer des ingrédients sans chimie, contiennent un tiers de sel en moins et un taux de matière grasse 15% plus faible par rapport aux standards du marché. De la récolte des patates à la mise en paquet des chips en passant par le calibrage et la salaison, tout se fait dans la région de Mettet d'où sont originaires les associés, "Nos terres sont situées à côté de nos fermes et du hangar de transformation, expliquent-ils. On veut mettre en avant cette proximité: le produit ne vient pas de partout pour aller partout, il vient d'ici pour aller partout." Outre la satisfaction de produire un met culturellement inséparable de la Belgique, les trois cousins cherchent à créer "un point de réconciliation entre le consommateur et l'agriculteur. L'idée est d'expliquer les choses avec transparence, de redonner de la confiance au consommateur et du sens à notre travail, au-delà de l'image du fermier qui fait de la poussière et embête les gens en plein barbec." A terme, les trois as derrière Les chips de Lucien pourraient même proposer des moments de sensibilisation afin d'ouvrir les yeux du public sur cet univers agricole de moins en moins connu. En attendant, la prochaine étape est la conception d'une chips à la truffe. La suivante est le développement d'une gamme 'vrac' et d'une autre 'bio'. "On veut s'ouvrir à d'autres marchés, pas spécialement liés à la chips. In fine, on rêve de transformer tout ce qui sort de nos champs en produits finis." Quant à l'investissement consenti et au chiffre d'affaires, les cousins restent pudiques: "D'une part, nous n'avons pas assez de recul pour faire une analyse propre après un an et d'autre part, comme notre situation suscite un intérêt, on préfère rester discret sur les chiffres."