C'est tout l'écosystème des sociétés de leasing qui s'est retrouvé paralysé pendant le confinement. Les flottes étaient à l'arrêt, les garages fermés, aucun véhicule neuf livré, le marché de l'occasion au point mort. " C'était surréaliste de voir comment le business a brusquement ralenti ", reconnaît Erik Swerts, directeur de la société de leasing Alphabet Belgique. Johan Portier, managing director de LeasePlan Belgique, voit surtout beaucoup d'incertitudes au sein des entreprises. Il a également une bonne nouvelle : moins de kilomètres parcourus, c'est également moins de frais d'entretien, moins d'accidents et moins de sinistres. " Le confinement s'est traduit par une baisse de 20 à 25% des commandes pour des locations à long terme, note Stefan Delaet, CEO de KBC Autolease. Pour les loueurs à court terme, le recul du chiffre d'affaires pourrait atteindre 50%. " Stefaen Delaet est également le nouveau président de la fédération sectorielle Renta. Il y succède à Miel Horsten, qui a récemment rejoint la direction internationale d'ALD Automotive à Paris.
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C'est tout l'écosystème des sociétés de leasing qui s'est retrouvé paralysé pendant le confinement. Les flottes étaient à l'arrêt, les garages fermés, aucun véhicule neuf livré, le marché de l'occasion au point mort. " C'était surréaliste de voir comment le business a brusquement ralenti ", reconnaît Erik Swerts, directeur de la société de leasing Alphabet Belgique. Johan Portier, managing director de LeasePlan Belgique, voit surtout beaucoup d'incertitudes au sein des entreprises. Il a également une bonne nouvelle : moins de kilomètres parcourus, c'est également moins de frais d'entretien, moins d'accidents et moins de sinistres. " Le confinement s'est traduit par une baisse de 20 à 25% des commandes pour des locations à long terme, note Stefan Delaet, CEO de KBC Autolease. Pour les loueurs à court terme, le recul du chiffre d'affaires pourrait atteindre 50%. " Stefaen Delaet est également le nouveau président de la fédération sectorielle Renta. Il y succède à Miel Horsten, qui a récemment rejoint la direction internationale d'ALD Automotive à Paris. Stefan Delaet est arrivé à la tête de Renta en pleine crise, alors que 2019 avait été une année record pour le secteur. " La flotte belge de leasing avait dépassé les 470.000 véhicules, soit une croissance d'environ 6%. Il s'agit pour 90% de voitures et pour 10% de camionnettes. La pénétration des véhicules en leasing dans le nombre total de véhicules de société augmente chaque année, ce qui indique que les entreprises optent de plus en plus pour un service 'tout compris' ", souligne le nouveau président. C'est le secteur de leasing qui apporte la croissance sur le marché automobile belge. Les 50 membres de Renta prennent à leur compte 26% des immatriculations de véhicules neufs en Belgique ( voir graphique ci-contre). C'est aussi un record. Côté motorisations, on constate que 48% des voitures de société sont équipées d'un moteur essence, pour 43% de diesels. On recense encore 6% de véhicules hybrides alors que les voitures électriques affichent une part de marché de 3%. " Les particuliers ont décroché. Sans doute les incertitudes fiscales et technologiques jouent également un rôle. Je ne pense pas que ce soit uniquement dû à l'effet corona ", poursuit Stefan Delaet. Il voit cependant une opportunité pour le leasing privé. " Les contrats conclus avec les particuliers représentent environ 3% de la flotte Renta et nous voyons encore un potentiel de croissance dans ce domaine. C'est encore un petit marché mais il pourrait enregistrer une croissance rapide. " On remarquera également la percée du leasing de vélos en 2019. " La flotte compte désormais 45.000 vélos. Leur nombre a plus que doublé en deux ans. Le vélo n'est pas une mode passagère et le secteur va rapidement l'adopter. Les vélos en leasing n'ont pas seulement pour effet de réduire les émissions et les embouteillages : économiquement, c'est une activité saine ", souligne Stefan Delaet. Le quadragénaire est un des pionniers du leasing de vélo en Flandre. KBC Autolease - le nom peut être trompeur - a enregistré un mois de juin record et s'attend à ce que sa flotte atteigne les 18.000 vélos d'ici la fin de l'année. De son côté, Arval fait également état de taux de croissance solides. " Nous observons un triplement du nombre de vélos de société sur les mois de mars et avril par rapport à 2019. Les vélos électriques représentent la moitié des vélos en leasing, et un tiers des vélos de société sont des speed pedelecs ", commente Simon Coppenolle, product manager chez Arval. Miel Horsten ne cache pas non plus son enthousiasme pour les deux-roues. " Les vélos suscitent un intérêt croissant, c'est le marché du futur. Ce marché est également plus sain et l'investissement moyen augmente. Au début, c'était des vélos de 600 euros en moyenne ; aujourd'hui, nous en sommes à 3.000 euros. Quand le prix de l'actif sous-jacent augmente, la rentabilité suit. " Erik Swerts s'interroge sur le caractère durable de cette tendance. " Pendant le confinement, on ne pouvait que marcher ou faire du vélo. Cet élément a sûrement joué. Mais le vélo de société avait déjà entamé sa percée, nous sommes juste passés à la vitesse supérieure. Je pense d'ailleurs que l'épidémie n'aura pas un grand impact en matière de mobilité. Selon moi, elle va tout au plus accélérer de nombreuses évolutions qui étaient déjà perceptibles. " Comme la plupart des sociétés de leasing, Alphabet, filiale du groupe BMW, était déjà en train de développer une batterie de produits liés à la mobilité alternative. Pensez aux voitures partagées, aux cartes de mobilité, aux combinaisons intelligentes avec les transports en commun. " Nous proposons un vaste éventail de formules alternatives. Beaucoup y sont ouverts, mais il n'est pas évident de joindre le geste à la parole. La seule alternative qui se traduit aujourd'hui par un volume important est le vélo, qui marche très bien ", explique Erik Swerts. Stefan Delaet aussi pense que des évolutions déjà présentes comme l'" écologisation " de la flotte, les innovations en matière de mobilité partagée et la numérisation des activités vont encore prendre de l'ampleur. " Notre secteur est en pleine évolution et la crise va accélérer certaines méga-tendances comme le leasing privé, les véhicules électriques ou la mobilité multimodale. La demande de produits plus flexibles, en particulier, va obliger le secteur à se réinventer ", reconnaît Miel Horsten. En pleine crise, les clients recherchent des solutions rapides pour réduire les coûts et optimiser leur flotte. La réponse typique consiste à prolonger de quelques mois les contrats existants. " Cela évite aux clients de devoir prendre de nouveaux engagements pour quatre ans. Ils peuvent adopter une position plus attentiste et disposent ainsi d'une certaine flexibilité ", souligne Johan Portier, managing director de LeasePlan Belgium. " C'est un mal pour un bien, complète Miel Horsten. Ces prolongations réduisent les coûts pour le client et nous ont aidés à surmonter une période difficile sur le marché de l'occasion. Celui-ci est complètement à l'arrêt. " Le statut fiscal de la voiture de société préoccupe davantage de nombreux utilisateurs de voitures en leasing. Les autorités ont injecté énormément d'argent dans le système pendant la crise sanitaire, il va bien falloir payer la facture et tant les entreprises que les utilisateurs de véhicule de société pourraient se retrouver dans le collimateur du prochain gouvernement fédéral. " La voiture de société est régulièrement prise pour cible et on ne peut pas exclure que ce soit à nouveau le cas, réagit Johan Portier. Mais n'oubliez pas qu'elle fait partie de la rémunération des travailleurs. C'est une partie de leur salaire. Si l'on réforme le système, les charges salariales des entreprises vont augmenter. On touchera à la compétitivité de notre économie. C'est une problématique complexe et il faut éviter les interventions trop simplistes. " Miel Horsten ne se fait pas beaucoup d'illusions non plus. " La voiture reste une vache à lait pour le fisc. Chacun doit apporter une juste contribution, y compris l'automobile. Nous espérons juste que l'on restera cohérent. La fiscalité automobile ne peut être considérée indépendamment de l'impôt général sur le revenu. Nous voulons une perspective pour 2030. Cela offrira de la clarté, sans quoi la consommation va en souffrir. Si nous avons des garanties à long terme, nous devrions pouvoir nous adapter, comme toutes les entreprises. " Stefan Delaet, le nouveau président de Renta, est conscient que quelqu'un devra payer la facture de la crise sanitaire. " Je pense que notre secteur sera touché. Mais cela ne signifie pas nécessairement que la voiture de société est condamnée, ce serait trop extrême. Il n'y a qu'un nombre limité de moteurs qui font tourner notre économie, et si on les paralyse tout simultanément, on complique la reprise. Je trouve la question justifiée. Nous n'y échapperons pas, mais nous n'en mourrons pas non plus. "