" Howdy ! " Accueil chaleureux ce matin dans cet auditoire de la prestigieuse université Texas A&M, à College Station. Brett Cornwell, associate vice chancellor for commercialization, salue les responsables d'une quinzaine d'entreprises wallonnes venus rencontrer leurs (futurs) partenaires texans dans le cadre de la mission économique annuelle de l'Awex. Tous ont emporté avec eux l'épais programme de rendez-vous que leur a concocté l'Agence wallonne à l'exportation. Grégory Nolens vient pour la première fois. " J'ai des rendez-vous pendant trois jours, lâche-t-il. Et j'espère aussi provoquer des réunions. " L'homme a fondé il y a deux ans la start-up Cerhum, active dans l'impression 3D d'implants en bio-céramique. Le but est, d'une part, d'éviter les complications en bannissant l'utilisation de matériel métallique et, de l'autre, de permettre une régénération de l'os localement, sans devoir aller chercher la matière osseuse ailleurs dans le corps. L'entreprise imprime des implants standards pour des fabricants d'implants, et développe et commercialise par ailleurs des implants personnalisés dans le domaine facial.
...

" Howdy ! " Accueil chaleureux ce matin dans cet auditoire de la prestigieuse université Texas A&M, à College Station. Brett Cornwell, associate vice chancellor for commercialization, salue les responsables d'une quinzaine d'entreprises wallonnes venus rencontrer leurs (futurs) partenaires texans dans le cadre de la mission économique annuelle de l'Awex. Tous ont emporté avec eux l'épais programme de rendez-vous que leur a concocté l'Agence wallonne à l'exportation. Grégory Nolens vient pour la première fois. " J'ai des rendez-vous pendant trois jours, lâche-t-il. Et j'espère aussi provoquer des réunions. " L'homme a fondé il y a deux ans la start-up Cerhum, active dans l'impression 3D d'implants en bio-céramique. Le but est, d'une part, d'éviter les complications en bannissant l'utilisation de matériel métallique et, de l'autre, de permettre une régénération de l'os localement, sans devoir aller chercher la matière osseuse ailleurs dans le corps. L'entreprise imprime des implants standards pour des fabricants d'implants, et développe et commercialise par ailleurs des implants personnalisés dans le domaine facial. Grégory Nolens avait prévu de se lancer aux Etats-Unis l'année prochaine. " Mais WSL (l'incubateur wallon des sciences de l'ingénieur qui " abrite " Cerhum) m'a mis en relation avec les partenaires texans venus chez nous en septembre, dit-il. Je suis allé présenter mon projet, et ils étaient super emballés. Ils m'ont expliqué qu'ils disposaient aussi d'un laboratoire travaillant sur la régénération osseuse, mais pas en impression 3D. " Représentant plus de 50 % du marché global dans ce secteur, les Etats-Unis sont incontournables. " On y assiste à une augmentation de l'incidence des cancers et il s'agit du pays où l'on pratique le plus de sports violents ", relève Grégory Nolens. Son objectif pendant cette mission ? Bien cerner les étapes à franchir pour s'implanter au Texas. " Je suis ici pour comprendre comment les Texans fonctionnent avec des sociétés comme la nôtre, pour entrer en relation avec de potentiels investisseurs, et aussi pour voir ce que peut proposer le cabinet d'avocats Michael Best (qui vient de rejoindre le partenariat mis en place par l'Awex, Ndlr). "Ce partenariat entre l'Agence wallonne à l'exportation et l'université Texas A&M remonte à 2005, tandis que la première mission technologique sur place était organisée en 2009. Depuis lors, c'est tout un écosystème qui s'est créé pour les PME et start-up wallonnes désireuses d'investir au Texas. En 2013, voyait le jour le réseau mondial d'innovation ouvert Owin, qui vise à faciliter l'éclosion et le développement de start-up par le biais de partenariats académiques, technologiques et commerciaux. Créé par l'Awex et Texas A&M, il a été rejoint par des partenaires chinois et australiens. Egalement membre d'Owin et situé à quelques pas du campus universitaire, le Research Valley Partnership a mis en place un incubateur virtuel (l'International Gateway) qui offre toute une série de services aux entreprises étrangères souhaitant s'établir aux Etats-Unis. Très concrètement, cette structure peut permettre à une entreprise wallonne d'être enregistrée au Texas et donc de pouvoir, par exemple, concourir pour un marché public sans forcément disposer d'une présence physique sur place. Dernier partenaire à avoir rejoint le réseau comme membre associé : le cabinet d'avocats américain Michael Best. Ce dernier peut aider les entreprises wallonnes à s'enregistrer au Texas ou à fonder une filiale. Il peut également fournir des conseils juridiques ciblés en fonction des problématiques rencontrées, que ce soit en matière de propriété intellectuelle, d'immigration ou de relation avec la FDA (l'Agence américaine du médicament). " C'est tout un écosystème qui s'offre aux entreprises désireuses d'investir au Texas, assure Philippe Lachapelle, directeur des partenariats technologiques à l'Awex. En termes d'innovation, d'accès à du capital, etc. Nous travaillons essentiellement avec des start-up et des PME ayant atteint un niveau de maturité chez nous et souhaitant se lancer à l'international. " Mais quel est l'intérêt pour une entreprise wallonne d'investir au Texas ? " Il est faux de penser que toute la biotech se concentre sur les côtes est et ouest, affirme le responsable. Investir au Texas permet à nos entreprises d'être de plus gros poissons dans une plus petite mare. C'est un marché plus facile à aborder, moins coûteux. De plus, notre partenaire est une université qui a pour ambition de former 25.000 ingénieurs d'ici 2025. Une telle masse d'étudiants constitue un avantage non négligeable. " Le partenariat noué par l'Awex ne s'adresse toutefois pas à toutes les start-up. " Si l'objectif est de venir avec un produit qui n'a pas besoin de validation, ce n'est pas spécialement intéressant ", explique Philippe Lachapelle. Pour aborder correctement le Texas, il est important de suivre certains conseils. L'international doit normalement être envisagé dès le départ dans le business model de la société. Se déplacer aux Etats-Unis pour constater s'il existe ou non un marché est donc un préalable essentiel. Autre conseil : voir grand. " Il faut envisager les étapes de développement de manière plus rapide que chez nous, assure le responsable de l'Awex. Tout de suite, il y a moyen de réaliser un scaling-up. Il ne faut absolument pas être sous-financé et il faut disposer d'atouts qui augmentent la valeur financière de l'entreprise comme de la propriété intellectuelle, vue comme un atout stratégique. " Il est par ailleurs préférable de disposer de personnel américain afin d'éviter les problèmes culturels, et puis d'assurer un suivi constant du business et un service de proximité. " Les Américains sont pragmatiques, affirme Philippe Lachapelle. Il faut qu'ils comprennent constamment la proposition de valeur de l'entreprise. Il faut donc être très clair là-dessus. "Depuis le lancement des missions technologiques en 2009, une centaine d'entreprises ont été invitées par l'Awex dans le cadre de son partenariat avec Texas A&M. Une petite dizaine, seulement, se sont lancées dans l'aventure et ont ouvert des filiales sur place. " Mais maintenant que le dispositif s'étoffe, cela pourrait s'accélérer, assure le responsable. Nous espérons atteindre entre 15 et 20 entreprises qui ouvrent des filiales au Texas pour la fin 2018. " Ce sera peut-être le cas de Cehrum. C'est en tout cas la volonté de son fondateur, Grégory Nolens, que nous retrouvons de retour en Belgique. " J'ai pu voir une personne qui s'occupe des relations avec la FDA, j'ai eu des contacts avec des labos de recherche pour réaliser des études pré-cliniques, et j'ai rencontré des chirurgiens maxillo-faciaux, énumère-t-il. Il y a clairement un intérêt pour le produit, on pourrait même aller assez vite. Nous sommes maintenant en attente de savoir si la FDA valide notre produit et nous devrions lancer une étude qualitative avec des étudiants de l'université. Tiens, au juste, je devais avoir une réponse pour aujourd'hui... Mais avec le décalage horaire... "