En réalité, Emmanuel Faber, le patron de Danone, n'a pas été remercié par ses administrateurs, mais il a été dégommé par Milton Friedman, un bonhomme de 1,5 mètre de haut et mort en 2006. Mais attention, ce petit bonhomme est considéré comme l'un des plus grands économistes du XXème siècle, il a d'ailleurs été récompensé par un Prix Nobel d'économie. Auteur prolifique, Milton Friedman expliquait déjà durant les années 70 que la seule vocation sociale de l'entreprise, c'est de faire du profit pour ses actionnaires. Il expliquait que le patron d'une multinationale restait un salarié, et même si ce dernier gagne des millions d'euros en salaire annuel, ce dirigeant restait un employé des actionnaires. En clair, tous ces discours sympathiques sur la vision sociale et environnementale des sociétés, il n'est pas contre ; Milton Friedman ne demandait, d'ailleurs, pas au patron d'être un sans coeur, non, il estimait même que c'était une bonne chose qu'un dirigeant d'une grande entreprise s'intéresse à des causes sociales ou environnementales. Mais selon lui, ce dirigeant doit le faire avec son argent et pas celui de ses actionnaires, donc ses employeurs.

Si je vous dis tout cela, c'est parce que l'actuel patron de Danone avait osé dire à ses employés, il y a un an ou deux, qu'ils avaient déboulonné la statue de Milton Friedman. En fait, il venait d'avoir un vote positif de 99,42 % de ses actionnaires lorsqu'il a transformé les statuts d'entreprise de Danone en mission. En clair, tous ces actionnaires ont voté pour la nouvelle mission de Danone, qui s'était fixé comme objectif d'améliorer la santé, préserver la planète, construire le futur avec ses équipes et promouvoir une croissance inclusive. Rien que cela !

Le souci c'est que c'est bien de préférer la paix à la guerre, l'été à l'hiver, mais encore faut-il avoir des résultats. Et le gros "hic", c'est que le cours de Danone a perdu 30% en un an, et que ses résultats se sont révélés moins bons que ceux des concurrents directs que sont Nestlé ou Unilever.

Donc, les actionnaires et les administrateurs ont rappelé au patron de Danone qu'avant de sauver la planète, il devait s'occuper de sa propre boutique et de sa comptabilité. Après quelques mois de discussion, Emmanuel Faber a donc été remercié ce weekend sans ménagement.

Deux leçons à tirer de cette triste histoire : un, les actionnaires n'ont visiblement pas encore décidé de faire voeux de pauvreté, deux, un patron qui devient la coqueluche des médias avec des beaux discours sociétaux a intérêt à avoir des chiffres en concordance, sinon c'est le C4 assuré.

En réalité, Emmanuel Faber, le patron de Danone, n'a pas été remercié par ses administrateurs, mais il a été dégommé par Milton Friedman, un bonhomme de 1,5 mètre de haut et mort en 2006. Mais attention, ce petit bonhomme est considéré comme l'un des plus grands économistes du XXème siècle, il a d'ailleurs été récompensé par un Prix Nobel d'économie. Auteur prolifique, Milton Friedman expliquait déjà durant les années 70 que la seule vocation sociale de l'entreprise, c'est de faire du profit pour ses actionnaires. Il expliquait que le patron d'une multinationale restait un salarié, et même si ce dernier gagne des millions d'euros en salaire annuel, ce dirigeant restait un employé des actionnaires. En clair, tous ces discours sympathiques sur la vision sociale et environnementale des sociétés, il n'est pas contre ; Milton Friedman ne demandait, d'ailleurs, pas au patron d'être un sans coeur, non, il estimait même que c'était une bonne chose qu'un dirigeant d'une grande entreprise s'intéresse à des causes sociales ou environnementales. Mais selon lui, ce dirigeant doit le faire avec son argent et pas celui de ses actionnaires, donc ses employeurs. Si je vous dis tout cela, c'est parce que l'actuel patron de Danone avait osé dire à ses employés, il y a un an ou deux, qu'ils avaient déboulonné la statue de Milton Friedman. En fait, il venait d'avoir un vote positif de 99,42 % de ses actionnaires lorsqu'il a transformé les statuts d'entreprise de Danone en mission. En clair, tous ces actionnaires ont voté pour la nouvelle mission de Danone, qui s'était fixé comme objectif d'améliorer la santé, préserver la planète, construire le futur avec ses équipes et promouvoir une croissance inclusive. Rien que cela !Le souci c'est que c'est bien de préférer la paix à la guerre, l'été à l'hiver, mais encore faut-il avoir des résultats. Et le gros "hic", c'est que le cours de Danone a perdu 30% en un an, et que ses résultats se sont révélés moins bons que ceux des concurrents directs que sont Nestlé ou Unilever. Donc, les actionnaires et les administrateurs ont rappelé au patron de Danone qu'avant de sauver la planète, il devait s'occuper de sa propre boutique et de sa comptabilité. Après quelques mois de discussion, Emmanuel Faber a donc été remercié ce weekend sans ménagement. Deux leçons à tirer de cette triste histoire : un, les actionnaires n'ont visiblement pas encore décidé de faire voeux de pauvreté, deux, un patron qui devient la coqueluche des médias avec des beaux discours sociétaux a intérêt à avoir des chiffres en concordance, sinon c'est le C4 assuré.