Tout commence fin juillet quand Jean-Pierre Clamadieu, président d'Engie, annonce que dans le cadre de sa nouvelle stratégie, l'énergéticien envisage de se désengager de Suez, le n°2 français de la gestion de l'eau et des déchets. Le but est de se concentrer sur son coeur de métier et de valoriser les 32,06% qu'il possède.
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Tout commence fin juillet quand Jean-Pierre Clamadieu, président d'Engie, annonce que dans le cadre de sa nouvelle stratégie, l'énergéticien envisage de se désengager de Suez, le n°2 français de la gestion de l'eau et des déchets. Le but est de se concentrer sur son coeur de métier et de valoriser les 32,06% qu'il possède. Ensuite, Antoine Frérot, le CEO de Veolia, a saisi la balle au bond. Il a publiquement annoncé vouloir acquérir 29,9% à Engie. Un chiffre qui n'est pas innocent car en restant sous les 30%, Veolia est dispensé de lancer une OPA obligatoire. Si cet achat se concrétise, une offre de rachat sera lancée pour le reste des actions. Cela fait des années qu'on parle de mariage entre Veolia et Suez, deux entreprises plus que centenaires appelées auparavant La Générale des Eaux et la Lyonnaise des Eaux. Deux poids lourds en France mais qui, ensemble, avec 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 260.000 employés, n'atteindraient même pas les 5% du marché mondial. Veolia propose 15,50 euros par action, soit une prime de 50% par rapport au cours moyen de Suez ces trois derniers mois. Cette offre valorise Suez à 10 milliards d'euros dont coût initial de 3 milliards pour Veolia qu'il entend payer cash. L'Etat français, actionnaire de référence d'Engie, semble disposer à laisser faire. Il est vrai que Veolia entend ne pas toucher à l'emploi et qu'il n'a nullement l'intention de démanteler Suez. Au contraire, Antoine Frérot veut même stopper le plan de cession d'actifs (4 milliards d'euros) lancé par Suez l'an dernier. Reste à convaincre l'autorité de la concurrence...