Au départ, ils voulaient produire une huile de truffe naturelle. Mais l'un des arts de la recherche appliquée est de savoir évoluer avec agilité en fonction des résultats de ses recherches. A force d'étudier la culture des racines de plantes, Pierre-Antoine Mariage et Paul-Evence Coppée ont progressivement mis la truffe de côté, au profit de plantes médicinales. "Nous étions plus à l'aise avec les compléments alimentaires et peut-être à terme de vrais médicaments qu'avec un pur produit alimentaire comme l'huile de truffe", confie Paul-Evence Coppée.
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Au départ, ils voulaient produire une huile de truffe naturelle. Mais l'un des arts de la recherche appliquée est de savoir évoluer avec agilité en fonction des résultats de ses recherches. A force d'étudier la culture des racines de plantes, Pierre-Antoine Mariage et Paul-Evence Coppée ont progressivement mis la truffe de côté, au profit de plantes médicinales. "Nous étions plus à l'aise avec les compléments alimentaires et peut-être à terme de vrais médicaments qu'avec un pur produit alimentaire comme l'huile de truffe", confie Paul-Evence Coppée.La trouvaille des deux hommes -l'un ingénieur agronome, l'autre ingénieur civil-, c'est d'avoir mis au point une méthode de culture hors-sol (hydroponie), susceptible de produire des racines de plantes rares à relativement grande échelle. "Le procédé est 100% naturel puisque sans pesticides, solvants ou enzymes, tout en minimisant l'empreinte au sol", insistent-ils. Et il convient parfaitement à la production de ginseng, qui retrouve ici ses propriétés de la vie sauvage et qui, jusqu'à présent, n'étaient pas vraiment reproductibles de manière industrielle.Avec l'appui de Vives (fonds d'investissement technologique de l'UCLouvain) et de quelques investisseurs privés, Botalys a construit une usine prototype à Ghislenghien, d'où sont sortis l'an dernier 500 kilos de ginseng. Le produit est commercialisé en Belgique par les marques Nutrisan et Provera, ainsi qu'en France et aux Etats-Unis. Il séduit manifestement les consommateurs : toute la production prévue jusqu'octobre 2019 est déjà vendue ! Botalys a donc décidé d'investir dans la construction d'une usine de 2.400 m² à Ath, afin de franchir le cap de la production industrielle et de parachever ainsi six années de recherche. A terme, il devrait sortir de cette usine jusqu'à 5 tonnes de ginseng par an. Pour financer sa nouvelle ferme verticale, l'entreprise a levé 3 millions d'euros auprès de Vives, d'actionnaires privés et de la Région wallonne. L'argent frais servira aussi à intensifier la prospection en Asie, le plus gros marché de consommateurs de ginseng.Cette plante, utilisée de manière ancestrale dans la médecine chinoise, est réputée pour ses vertus vitalisantes, pour améliorer la concentration, stimuler le système immunitaire et stabiliser le taux de glucose dans le sang. "Nous voulions simplement proposer une méthode de culture plus propre et nous constatons que cette méthode génère aussi des plantes plus efficaces, similaires aux propriétés que l'on trouvait à l'état sauvage, précise Paul-Evence Coppée. Nous menons par ailleurs des tests précliniques, notamment avec le Centre d'investigation clinique en nutrition de l'UCLouvain, afin de mieux connaître les effets bénéfiques de ces plantes. Les premiers résultats sont impressionnants. Nous sommes très loin des effets placebo."Botalys a très intelligemment évité l'écueil de la dispersion des forces pour se concentrer sur le développement du seul ginseng. Mais aujourd'hui que la technique de production a fait ses premières preuves, l'entreprise peut commencer à se tourner vers d'autres plantes, comme le basilic ou le rhodiola rosea, une plante de la Toundra en voie d'extinction et qui a des vertus tonifiantes. De quoi apporter des perspectives de croissance supplémentaires. Botalys occupe actuellement neuf personnes et devrait doubler son effectif cette année.