"Le réveillon de Noël va commencer dans quelques instants et je m'arrache encore les cheveux à emballer les cadeaux. Je ne trouve pas le scotch, je viens de couper un bout de papier trop court pour emballer une énième boîte de jeu... Le lendemain matin, soit quelques heures à peine après cet épisode d'emballage fastidieux, c'est déjà la désolation au milieu du salon : des monceaux de papier d'emballage jonchent le sol et ne peuvent prendre qu'une direction, celle de la poubelle... "
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"Le réveillon de Noël va commencer dans quelques instants et je m'arrache encore les cheveux à emballer les cadeaux. Je ne trouve pas le scotch, je viens de couper un bout de papier trop court pour emballer une énième boîte de jeu... Le lendemain matin, soit quelques heures à peine après cet épisode d'emballage fastidieux, c'est déjà la désolation au milieu du salon : des monceaux de papier d'emballage jonchent le sol et ne peuvent prendre qu'une direction, celle de la poubelle... " Ce récit, c'est celui d'un déclic. Sylvie Paindeville décide de faire quelque chose pour trouver une alternative économique et écologique aux tonnes de papier d'emballage utilisées chaque année. " L'idée trottait dans ma tête depuis longtemps, raconte-t-elle. C'est en passant sous statut d'indépendante il y a trois ans pour mon activité d'informaticienne que j'ai décidé de m'investir plus dans le projet en parallèle. " Elle s'offre alors une petite machine à coudre, réalise quelques prototypes et s'empresse de déposer un brevet pour protéger son idée - " un réflexe que j'ai gardé de ma formation d'ingénieur civil ". Ensuite, l'apprentie couturière distribue des modèles avec des systèmes de fermeture différents à ses proches pour qu'ils lui donnent leurs impressions à l'occasion des fêtes de fin d'année 2017. Quand le modèle définitif est trouvé, l'entrepreneuse - qui continue à travailler à temps plein - sous-traite la production de son produit à une entreprise de travail adapté située à Manage, à trois kilomètres de chez elle. Baptisé " besurprise ", son fameux système d'emballage zéro déchet se compose d'un carré de tissu, doté de pressions et de boucles, et d'un long ruban élastique, lui aussi doté de pressions. Le point fort de besurprise, dont le modèle se décline en deux tailles et une multitude de motifs, c'est que ce système d'attaches à pressions permet de s'ajuster à quasi n'importe quel type d'objet. " Avec seulement deux modèles, moyen et large, on peut emballer tout ce qu'on veut très facilement, de la bouteille de vin à la BD et à la grosse boîte de jeu. " De quoi offrir un cadeau emballé joliment à la manière du fameux furoshiki, l'art ancestral japonais d'emballer les cadeaux dans du tissu, mais sans le stress des jolis plis et du noeud parfait. " Besurprise, c'est le furoshiki en mode facile ", acquiesce Sylvie Paindeville, qui a entamé les démarches pour le dépôt d'un brevet européen. L'entrepreneuse mène sa barque sans trop de stress : " Ce n'est pas mon job principal, donc je ne m'affole pas. Je verrai dans deux ans si ça prend vraiment. Pour le moment, je m'amuse beaucoup, j'apprends tous les jours de cette aventure. De plus, mon investissement financier de départ était restreint, mis à part le brevet, et je fais peu d'investissements. " Les besurprise sont actuellement produits par séries de 100 pièces afin de limiter les stocks et favoriser la variété des motifs et la qualité des tissus sélectionnés (toujours made in Europe). Pour l'instant, ceux qui veulent s'en procurer doivent se rendre dans l'un des huit points de vente à Bruxelles et en Wallonie, ou le commander via la boutique en ligne. " Je ne démarche pas de nouveaux points de vente car je n'ai pas le temps, surtout que c'est toujours moi qui prends en charge les envois des commandes ", raconte l'entrepreneuse, dont la participation à plusieurs salons zéro déchet, dont le dernier en date à Tour et Taxis, lui a néanmoins apporté une certaine notoriété. Affichant une conception très décontractée de l'aventure entrepreneuriale, Sylvie Paindeville table sur une centaine de ventes dans les semaines qui viennent, soit 20 % du total de ses commandes pour 2019.