Voilà quatre années que la justice enquêtait sur les pratiques douteuses qui auraient cours dans le monde du foot belge. Tout est parti des révélations en 2018 du premier repenti officiel de l'histoire judiciaire belge, l'agent Dejan Veljkovic (photo), condamné depuis à cinq ans de prison avec sursis, 80.000 euros d'amende et quatre millions d'eu...

Voilà quatre années que la justice enquêtait sur les pratiques douteuses qui auraient cours dans le monde du foot belge. Tout est parti des révélations en 2018 du premier repenti officiel de l'histoire judiciaire belge, l'agent Dejan Veljkovic (photo), condamné depuis à cinq ans de prison avec sursis, 80.000 euros d'amende et quatre millions d'euros de confiscation pour faux en écriture, corruption, blanchiment, et pour avoir dirigé une organisation criminelle. L'enquête est aujourd'hui terminée et le parquet fédéral souhaite renvoyer 57 personnes dont 56 physiques et une morale (la société de Mogi Bayat) devant le tribunal correctionnel d'Anvers, principalement pour des faits de faux et usage de faux, blanchiment, trucage de matches et participation à une organisation criminelle. Deux cents autres personnes sont concernées par l'enquête et leur dossier va être envoyé à l'Inspection spéciale des impôts pour des régularisations éventuelles. Qui sont ces 57 personnes? Quasiment tout le gratin actuel du football belge! Comme Bruno Venanzi, le président du Standard de Liège, Bart Verhaeghe et Vincent Mannaert, les deux dirigeants du FC Bruges (le second est aussi coprésident de la Pro League), Mehdi Bayat, l'administrateur délégué du Sporting de Charleroi et ancien président de l'Union belge de football, Jo Van Biesbroeck, l'ancien CEO d'Anderlecht, Herman Van Holsbeeck, l'ancien manager d'Anderlecht, etc. On trouve aussi des arbitres et des entraîneurs tels Sébastien Delferière et Ivan Leko, ou l'avocat Laurent Denis. C'est un véritable séisme même si, évidemment, toutes les personnes concernées sont présumées innocentes. Prochaine étape? L'envoi du dossier à la chambre des mises en accusation pour vérification.