Lorsque M. Van Buggenhout a été nommé curateur après la faillite de la Sabena, il a résisté aux demandes de vendre les actifs le plus rapidement possible, ce qui aurait permis de récolter environ 100 millions d'euros. "Mais pourquoi se débarrasser de tout cela à des prix dérisoires ?" souligne-t-il. Il a donc choisi de les "gérer en bon père de famille", de les redresser afin d'en tirer un meilleur prix par la suite et pouvoir ainsi rembourser davantage aux créanciers.

C'est ce qui s'est passé, par exemple, avec la division de maintenance des avions de Sabena Technics. "Nous ne l'avons pas laissée partir en liquidation tout de suite, mais nous l'avons redressée", explique M. Van Buggenhout. Quand, en 2005, Sabena Technics a finalement été vendue au groupe français TAT, les moteurs d'avion encore présents ont d'abord été loués avant d'être eux aussi vendus. "Cela a rapporté 50 millions d'euros en premier lieu, puis ensuite 15 autres millions."

Entre-temps, plus d'un milliard d'euros de recettes a été réalisé dans le dossier Sabena, indique M. Van Buggenhout. "C'est dix fois plus que ce qui avait été estimé au départ."

En attendant, la fin de la liquidation des actifs est en vue. Il reste principalement des biens immobiliers au Congo. Le plus remarquable d'entre eux étant l'hôtel Memling, un hôtel de 180 chambres à Kinshasa que Sabena a fait construire en 1937. M. Van Buggenhout est à la tête de l'hôtel depuis deux ans maintenant. C'est le sens du devoir, comme il l'appelle : "Vous ne pouvez pas quitter quand les choses se compliquent." Selon le curateur, il a eu la chance d'être sur place juste avant le début de la crise sanitaire, sinon cela aurait mal fini. "Mais l'hôtel fonctionne bien maintenant" conclut-il.

Et aujourd'hui, une solution pour la vente de l'hôtel est en route. "Nous sommes bien avancés avec les investisseurs locaux". Un accord a été trouvé sur le prix - mais il ne peut pas le divulguer - et une garantie a déjà été versée. "Nous avons élaboré une solution très créative, où nous partagerons les risques", explique-t-il. M. Van Buggenhout continuera de gérer lui-même l'hôtel pendant encore un an au maximum, la vente devant être entièrement réalisée d'ici deux ans.

Pour la finalisation des ventes des autres propriétés de la Sabena, M. Van Buggenhout vise 2024 au plus tard. C'est l'année où les dernières procédures judiciaires devraient également prendre fin. Il y en a eu d'innombrables, qui ont souvent traîné pendant des années. "Il y a maintenant encore trois procédures en cours devant la Cours de Cassation", dévoile le curateur. Il prévoit que ces procédures seront achevées à la mi-2024. Il se dit donc "assez confiant" sur le fait que l'ensemble du dossier de faillite de la Sabena sera finalement clos en 2024.

Pour lui, il n'est pas surprenant que la finalistation de la plus grande faillite de l'histoire belge aura pris plus de vingt ans. En regardant les années passées, Van Buggenhout parle d'une "passion". "Tout ce que vous avez appris en quarante ans dans cette profession, vous pouvez l'appliquer dans ce cas-ci", dit-il. "Il y a aussi des risques à prendre, comme pour tous les entrepreneurs. Mais vous le faites prudemment, par petites étapes. Et finalement, il faut avoir un peu de chance", conclut le curateur.

(Traduction Belga)

Lorsque M. Van Buggenhout a été nommé curateur après la faillite de la Sabena, il a résisté aux demandes de vendre les actifs le plus rapidement possible, ce qui aurait permis de récolter environ 100 millions d'euros. "Mais pourquoi se débarrasser de tout cela à des prix dérisoires ?" souligne-t-il. Il a donc choisi de les "gérer en bon père de famille", de les redresser afin d'en tirer un meilleur prix par la suite et pouvoir ainsi rembourser davantage aux créanciers. C'est ce qui s'est passé, par exemple, avec la division de maintenance des avions de Sabena Technics. "Nous ne l'avons pas laissée partir en liquidation tout de suite, mais nous l'avons redressée", explique M. Van Buggenhout. Quand, en 2005, Sabena Technics a finalement été vendue au groupe français TAT, les moteurs d'avion encore présents ont d'abord été loués avant d'être eux aussi vendus. "Cela a rapporté 50 millions d'euros en premier lieu, puis ensuite 15 autres millions." Entre-temps, plus d'un milliard d'euros de recettes a été réalisé dans le dossier Sabena, indique M. Van Buggenhout. "C'est dix fois plus que ce qui avait été estimé au départ." En attendant, la fin de la liquidation des actifs est en vue. Il reste principalement des biens immobiliers au Congo. Le plus remarquable d'entre eux étant l'hôtel Memling, un hôtel de 180 chambres à Kinshasa que Sabena a fait construire en 1937. M. Van Buggenhout est à la tête de l'hôtel depuis deux ans maintenant. C'est le sens du devoir, comme il l'appelle : "Vous ne pouvez pas quitter quand les choses se compliquent." Selon le curateur, il a eu la chance d'être sur place juste avant le début de la crise sanitaire, sinon cela aurait mal fini. "Mais l'hôtel fonctionne bien maintenant" conclut-il. Et aujourd'hui, une solution pour la vente de l'hôtel est en route. "Nous sommes bien avancés avec les investisseurs locaux". Un accord a été trouvé sur le prix - mais il ne peut pas le divulguer - et une garantie a déjà été versée. "Nous avons élaboré une solution très créative, où nous partagerons les risques", explique-t-il. M. Van Buggenhout continuera de gérer lui-même l'hôtel pendant encore un an au maximum, la vente devant être entièrement réalisée d'ici deux ans. Pour la finalisation des ventes des autres propriétés de la Sabena, M. Van Buggenhout vise 2024 au plus tard. C'est l'année où les dernières procédures judiciaires devraient également prendre fin. Il y en a eu d'innombrables, qui ont souvent traîné pendant des années. "Il y a maintenant encore trois procédures en cours devant la Cours de Cassation", dévoile le curateur. Il prévoit que ces procédures seront achevées à la mi-2024. Il se dit donc "assez confiant" sur le fait que l'ensemble du dossier de faillite de la Sabena sera finalement clos en 2024.Pour lui, il n'est pas surprenant que la finalistation de la plus grande faillite de l'histoire belge aura pris plus de vingt ans. En regardant les années passées, Van Buggenhout parle d'une "passion". "Tout ce que vous avez appris en quarante ans dans cette profession, vous pouvez l'appliquer dans ce cas-ci", dit-il. "Il y a aussi des risques à prendre, comme pour tous les entrepreneurs. Mais vous le faites prudemment, par petites étapes. Et finalement, il faut avoir un peu de chance", conclut le curateur.(Traduction Belga)