Bars et restaurants sont fermés en France depuis le 14 mars tandis que des centaines de millions de consommateurs à travers le monde se confinent progressivement.

De quoi inquiéter les acteurs des 6.000 exploitations de cette filière du sud-ouest de la France, comme Laurent Vaché, directeur de la Cave des vignerons d'Uni-Médoc regroupant 140 viticulteurs et 25 salariés.

"A ce jour, la crainte est plus économique et financière que technique", constate-t-il.

Car depuis 2017, les difficultés s'amoncellent sur le domaine viticole.

"Les conditions climatiques très délicates", d'abord avec le gel, la grêle et le mildiou, rappelle M. Vaché.

Viennent ensuite "la baisse des ventes" aux Etats-Unis, avec la guerre tarifaire lancée par Donald Trump, et en Chine, où les vins australiens et chiliens se taillent des parts de marché, "la baisse de la consommation en France", où le Bordeaux doit renouveler son image, "et les mauvais résultats des foires aux vins notamment".

"On n'avait aucun voyant au vert en termes de commerce. Ca va peut-être faire beaucoup s'il est arrêté pendant trois mois", souligne-t-il tout en voulant relativiser face à "la crise sanitaire à régler".

- "Un rang sur deux" -

Dans l'immédiat, des vignerons du Bordelais terminent la taille des vignes, en tentant de respecter les consignes sanitaires.

"On ne peut pas laisser la vigne, autrement c'est la jungle! Elle va prendre le dessus. C'est beaucoup de travail manuel. Chaque personne travaille à distance, un rang sur deux par exemple", explique le directeur général du château Beauregard (appellation Pomerol), Vincent Priou.

"Dans les chais, on finit la surveillance des lots, les dernières analyses, le remplissage des barriques... Comme toute l'activité commerciale est à l'arrêt, on va fermer les chais", poursuit-il.

Sur les 11 salariés de cette propriété en agriculture biologique près de Saint-Emilion, deux employés gardent leurs enfants et deux autres sont au chômage partiel, le château ayant fermé ses portes aux touristes.

Le reste fait du télétravail pour la partie administrative ou travaille dans les vignes, qui ont cette année deux à trois semaines d'avance.

Désinfection des tracteurs s'ils passent d'une personne à une autre, distance dans les vignes, repas en solo, gels hydroalcooliques à disposition... les propriétés avec des employés mettent en place des mesures de précaution qui pèsent aussi sur le transport.

"On a des véhicules à neuf places, là c'est réduit à un par banquette. On a réduit nos équipes à six personnes alors qu'elles peuvent atteindre jusqu'à 20 personnes", explique Benjamin Banton, gérant de la société Banton & Lauret, prestataire de services en viticulture.

Sa société qui enregistre actuellement un taux d'absentéisme de 30% fait appel à une main d'oeuvre locale et il espère que "dans trois semaines, le pic sera passé pour que nos équipes soit rassurées, qu'elles ne soient pas tétanisées par le coronavirus".

"On est un peu dépourvu de main d'oeuvre aujourd'hui mais on continue d'assurer nos activités. On se pose des questions pour dans trois semaines avec le début des travaux d'épamprages (enlever des rameaux d'un cep de vigne, ndlr) puis de levage (guider la liane) qui demandent beaucoup de main d'oeuvre", s'inquiète M. Banton.

Une crainte partagée par les entreprises qui emploient des travailleurs étrangers, Espagnols, Roumains ou Bulgares.

"Il va falloir prioriser les chantiers", prédit Edouard Descamps, gérant de la société Viti Morley qui emploie jusqu'à 150 saisonniers.

Bars et restaurants sont fermés en France depuis le 14 mars tandis que des centaines de millions de consommateurs à travers le monde se confinent progressivement. De quoi inquiéter les acteurs des 6.000 exploitations de cette filière du sud-ouest de la France, comme Laurent Vaché, directeur de la Cave des vignerons d'Uni-Médoc regroupant 140 viticulteurs et 25 salariés. "A ce jour, la crainte est plus économique et financière que technique", constate-t-il. Car depuis 2017, les difficultés s'amoncellent sur le domaine viticole."Les conditions climatiques très délicates", d'abord avec le gel, la grêle et le mildiou, rappelle M. Vaché.Viennent ensuite "la baisse des ventes" aux Etats-Unis, avec la guerre tarifaire lancée par Donald Trump, et en Chine, où les vins australiens et chiliens se taillent des parts de marché, "la baisse de la consommation en France", où le Bordeaux doit renouveler son image, "et les mauvais résultats des foires aux vins notamment"."On n'avait aucun voyant au vert en termes de commerce. Ca va peut-être faire beaucoup s'il est arrêté pendant trois mois", souligne-t-il tout en voulant relativiser face à "la crise sanitaire à régler".- "Un rang sur deux" -Dans l'immédiat, des vignerons du Bordelais terminent la taille des vignes, en tentant de respecter les consignes sanitaires."On ne peut pas laisser la vigne, autrement c'est la jungle! Elle va prendre le dessus. C'est beaucoup de travail manuel. Chaque personne travaille à distance, un rang sur deux par exemple", explique le directeur général du château Beauregard (appellation Pomerol), Vincent Priou."Dans les chais, on finit la surveillance des lots, les dernières analyses, le remplissage des barriques... Comme toute l'activité commerciale est à l'arrêt, on va fermer les chais", poursuit-il.Sur les 11 salariés de cette propriété en agriculture biologique près de Saint-Emilion, deux employés gardent leurs enfants et deux autres sont au chômage partiel, le château ayant fermé ses portes aux touristes. Le reste fait du télétravail pour la partie administrative ou travaille dans les vignes, qui ont cette année deux à trois semaines d'avance.Désinfection des tracteurs s'ils passent d'une personne à une autre, distance dans les vignes, repas en solo, gels hydroalcooliques à disposition... les propriétés avec des employés mettent en place des mesures de précaution qui pèsent aussi sur le transport."On a des véhicules à neuf places, là c'est réduit à un par banquette. On a réduit nos équipes à six personnes alors qu'elles peuvent atteindre jusqu'à 20 personnes", explique Benjamin Banton, gérant de la société Banton & Lauret, prestataire de services en viticulture.Sa société qui enregistre actuellement un taux d'absentéisme de 30% fait appel à une main d'oeuvre locale et il espère que "dans trois semaines, le pic sera passé pour que nos équipes soit rassurées, qu'elles ne soient pas tétanisées par le coronavirus"."On est un peu dépourvu de main d'oeuvre aujourd'hui mais on continue d'assurer nos activités. On se pose des questions pour dans trois semaines avec le début des travaux d'épamprages (enlever des rameaux d'un cep de vigne, ndlr) puis de levage (guider la liane) qui demandent beaucoup de main d'oeuvre", s'inquiète M. Banton. Une crainte partagée par les entreprises qui emploient des travailleurs étrangers, Espagnols, Roumains ou Bulgares. "Il va falloir prioriser les chantiers", prédit Edouard Descamps, gérant de la société Viti Morley qui emploie jusqu'à 150 saisonniers.