L'impact économique de la crise sanitaire est régulièrement appréhendé avec des lunettes sectorielles : les "essentiels" et les autres. L'Union des classes moyennes (UCM) a choisi de chausser d'autres lunettes, celles de la taille des entreprises, afin d'observer le recours au chômage temporaire pour cause de Covid-19. Le résultat est éloquent : quelle que soit la période, la proportion de travailleurs en chômage temporaire descend à mesure que les effectifs de l'entreprise augmentent. Ce qui tend à montrer que cette crise frappe plus lourdement les entreprises les plus petites.
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L'impact économique de la crise sanitaire est régulièrement appréhendé avec des lunettes sectorielles : les "essentiels" et les autres. L'Union des classes moyennes (UCM) a choisi de chausser d'autres lunettes, celles de la taille des entreprises, afin d'observer le recours au chômage temporaire pour cause de Covid-19. Le résultat est éloquent : quelle que soit la période, la proportion de travailleurs en chômage temporaire descend à mesure que les effectifs de l'entreprise augmentent. Ce qui tend à montrer que cette crise frappe plus lourdement les entreprises les plus petites."Ce résultat s'explique notamment par le fait que ces sociétés emploient plus d'ouvriers (le chômage temporaire les touche deux fois plus que les employés, Ndlr), commente Clarisse Ramakers, directrice du service d'études de l'UCM. En outre, quand l'activité est à l'arrêt, comme ce fut le cas dans de nombreux secteurs au printemps 2020, il est plus compliqué pour une très petite entreprise d'orienter ses travailleurs vers d'autres tâches que la production." La perte de chiffre d'affaires est aussi proportionnellement plus forte dans les plus petites entreprises, d'après les données de la Banque nationale.Pour l'organisation patronale, ces chiffres confirment le caractère "vital" du chômage temporaire et la nécessité de prolonger le dispositif, au moins tant que tous les secteurs n'auront pas totalement rouverts. "Tout ne repart pas tout de suite à 100%, poursuit Clarisse Ramakers. Nous n'avions sans doute pas assez conscience de tous ces impacts dans la durée. Les quelques mois de recul montrent qu'à cause du télétravail et de la fermeture de l'horeca, toute une série de commerces continuent de souffrir, par exemple dans le vêtement." L'UCM suggère de plancher sur une période de "réveil économique", durant laquelle les entreprises pourraient continuer à recourir au chômage temporaire, ne serait-ce que pour quelques demi-journées par semaine, afin d'assurer un redémarrage progressif. Etudiants en danger"Certaines entreprises devront malheureusement se séparer d'une partie de leur personnel et le coût des licenciements peut alors les faire basculer vers la faillite, ajoute la directrice du service d'études. Nous demandons donc un allègement de ces frais." A l'inverse, des entreprises de l'horeca constatent une fuite du personnel vers d'autres métiers de l'alimentation (boulangerie, boucherie, etc.), voire d'autres secteurs.Grâce à son secrétariat social, l'UCM dispose également de données objectives concernant le travail étudiant. Au premier trimestre 2020, les étudiants étaient plus nombreux à travailler qu'en 2019. Mais les trimestres suivants, ce fut l'hécatombe, avec des chutes de 15 à 30% de l'emploi étudiant par rapport à l'année précédente. "Ces emplois paient les études et une consommation de premier niveau, conclut notre interlocutrice. Il y a un vrai manque de revenus pour cette population et il faut absolument dégager des moyens pour les aider."