Lancement réussi pour LN24 qui s'est offert, ce 2 septembre, une grande soirée inaugurale en direct du Parlement européen. Entre zakouskis et coupes de champagne, plusieurs personnalités politiques et de nombreux people étaient évidemment de la partie - notamment les chroniqueurs de la chaîne Christine Ockrent et Patrick Poivre d'Arvor - tout comme le quatuor d'investisseurs sans qui cet audacieux projet n'aurait pu aboutir. Car LN24, c'est non seulement le rêve un peu fou de trois passionnés d'actu - l'entrepreneur audiovisuel Boris Portnoy associé aux journalistes Joan Condijts et Martin Buxant - mais aussi le pari osé de quatre grands acteurs économiques qui ont mis la main au portefeuille.
...

Lancement réussi pour LN24 qui s'est offert, ce 2 septembre, une grande soirée inaugurale en direct du Parlement européen. Entre zakouskis et coupes de champagne, plusieurs personnalités politiques et de nombreux people étaient évidemment de la partie - notamment les chroniqueurs de la chaîne Christine Ockrent et Patrick Poivre d'Arvor - tout comme le quatuor d'investisseurs sans qui cet audacieux projet n'aurait pu aboutir. Car LN24, c'est non seulement le rêve un peu fou de trois passionnés d'actu - l'entrepreneur audiovisuel Boris Portnoy associé aux journalistes Joan Condijts et Martin Buxant - mais aussi le pari osé de quatre grands acteurs économiques qui ont mis la main au portefeuille.Principaux bailleurs de fonds, Belfius Insurance (la filiale d'assurance de la banque Belfius) et le groupe de construction Besix ont investi chacun 1,8 million d'euros dans l'aventure, tandis que Giles Daoust (CEO de la société d'intérim du même nom) et Ice-Patrimonial (propriété de Jean-Pierre Lutgen, le patron des montres Ice-Watch) ont aussi apporté individuellement 300.000 euros supplémentaires. A cette somme totale de 4,2 millions rassemblée par les quatre investisseurs, les trois fondateurs ont également ajouté 300.000 euros de leur poche, fixant ainsi le capital de départ de la chaîne d'info à 4,5 millions d'euros. Grâce aux fonds levés, les dirigeants de LN24 ont pu aménager leurs 700 m2 de bureaux et installer leurs nouveaux studios dans " le quartier des médias " à Bruxelles, juste en face de l'imposant bâtiment de RTL Belgique, mais ils ont pu surtout engager une trentaine de personnes dont 16 " journalistes reporters d'images ". Beaucoup plus flexibles que leurs collègues des chaînes concurrentes, ces " couteaux suisses de l'information " - comme ils les appellent - sont en effet capables de réaliser leurs reportages de façon autonome avec un iPhone en guise de caméra, dans leur intégralité (interview, prise de vue, montage, etc.) pour qu'ils soient diffusés, dans des versions différentes, en télévision, sur le site web et sur les réseaux sociaux. En travaillant de manière disruptive avec du matériel léger, la chaîne d'information va incontestablement réduire ses coûts de production, mais elle devra malgré tout engranger des revenus publicitaires suffisants pour assurer sa pérennité et atteindre un jour la rentabilité. Si plusieurs observateurs de la scène médiatique doutent de la pertinence du modèle économique de LN24 en raison justement d'un marché publicitaire atone et d'une audience saturée en Belgique francophone, les différents actionnaires de la chaîne croient en revanche à l'originalité et surtout au succès du projet dans lequel ils ont investi, même si les motivations divergent dans le chef des quatre principaux partenaires financiers... Fondateur de la marque de montres Ice-Watch, Jean-Pierre Lutgen a été le premier à débloquer des fonds pour l'aventure entrepreneuriale de LN24 à travers sa société Ice-Patrimonial active dans différents secteurs. " C'est un investissement coup de coeur pour des hommes de talent et pour la qualité de leur projet, confie le Manager de l'Année 2017. Joan Condijts et Martin Buxant sont venus me voir avec une idée novatrice, tant d'un point de vue technique que rédactionnel, avec cette envie d'info pointue et d'analyse approfondie. En tant qu'entrepreneur ayant 'réussi', il était évident pour moi de les soutenir et de leur donner une chance dans un paysage médiatique belge qui est sclérosé et qui a donc besoin de changement. " Convaincu par le discours des fondateurs, l'homme d'affaires a injecté 300.000 euros dans LN24, ce qui a permis aux dirigeants de la chaîne d'augmenter également leur " capital confiance " et d'aller voir d'autres investisseurs avec cet argument d'un premier soutien de poids en la personne du patron d'Ice-Watch. Il reste à savoir maintenant quel sera le retour sur investissement. " Ce n'est pas important, réagit Jean-Pierre Lutgen. Ces personnes n'ont pas repris une entreprise qui existe déjà, ni une marque qui a fait ses preuves. Elles viennent avec une espèce de laboratoire et il faudra du temps pour l'installer. Ce type d'investissement présente un risque relativement élevé, c'est évident, mais pour moi, l'aspect financier n'est pas la priorité. Je ne m'attends donc pas à un retour rapide sur investissement. Il faut donner le temps au temps. " Parole d'horloger. Lui aussi investisseur à hauteur de 300.000 euros, Giles Daoust n'est pas entré au capital de LN24 via la société d'intérim dont il porte le nom, mais bien à titre tout à fait personnel. Comme Jean-Pierre Lutgen, sa motivation première n'est pas le rendement, mais plutôt le fait de participer à une aventure humaine et de soutenir un projet audacieux. " Ce qui m'habite, c'est l'esprit d'entreprendre, confie-t-il. Avant de rejoindre l'entreprise familiale, j'ai fondé ma propre société de production de films, Title Media, qui est active depuis 15 ans aux Etats-Unis. Cela me permet d'apporter un double regard stratégique au sein du conseil d'administration de LN24, à la fois celui d'un entrepreneur qui a lancé sa start-up dans l'audiovisuel, mais aussi mon regard en tant que CEO de Daoust dont le chiffre d'affaires tourne autour des 250 millions d'euros. Cela me permet de partager mon expérience dans différents domaines tels que les ressources humaines ou la stratégie commerciale par exemple. " Enthousiaste, Giles Daoust embrasse pleinement sa fonction d'administrateur chez LN24 - contrairement à Jean-Pierre Lutgen qui a cédé son siège à son CFO - sans toutefois s'immiscer dans les choix éditoriaux. " Je n'ai aucune influence sur le contenu rédactionnel, ni sur le recrutement des journalistes, explique le patron de Daoust. C'est clairement stipulé dans le pacte d'actionnaires afin d'éviter tout conflit d'intérêts. Je me focalise sur la stratégie avec l'envie d'accompagner ce projet entrepreneurial qui fait preuve de beaucoup de créativité et j'espère que la chaîne trouvera rapidement sa place en tant que média d'info multicanal. " En mettant 1,8 million d'euros sur la table, le CEO de Besix reconnaît s'être intéressé davantage au business plan de LN24 que les deux investisseurs précédents et c'est donc la viabilité du projet économique qui l'a convaincu de rejoindre l'aventure médiatique. " Notre groupe est présent dans 25 pays et il est ouvert à la diversification, explique Rik Vandenberghe. Notre motivation première à investir dans LN24 est précisément ce souhait de diversification vers un nouveau métier avec des gens qui en veulent. Notre concurrent Bouygues est présent dans les médias ( le groupe de construction français a racheté TF1 en 1987, Ndlr), pourquoi ne le serions-nous pas ? Ce qui nous a plu, c'est que les initiateurs du projet veulent 'disrupter' le secteur de l'info en travaillant de manière digitale, innovante, avec du matériel léger et des coûts maîtrisés, tout en étant orientés solutions avec des valeurs que nous partageons et avec un journalisme qui se veut constructif. Cette démarche professionnelle nous a séduits et nous avons le sentiment que l'on se trouve à l'origine de quelque chose de nouveau. D'où l'importance de notre investissement. " Peu sensible au persiflage de ceux qui prédisent que les annonceurs ne seront pas au rendez-vous, Rik Vandenberghe tempère leurs propos et se dit très confiant en l'avenir, étant convaincu de la qualité du produit. De là à remettre la main au portefeuille si d'aventure les revenus publicitaires de LN24 ne sont pas à la hauteur des espérances ? " Chez Besix, nous avons l'habitude du long terme, sourit le CEO. Il est clair que nous sommes là pour que ça dure. Je sais que le défi n'est pas facile, mais avec l'équipe qui est en place, je pense que LN24 peut devenir une référence très importante dans le paysage média et nous allons tout faire pour que ce projet devienne rentable. " Tout comme Besix, la filiale d'assurance de la banque Belfius a apporté 1,8 million d'euros au capital de LN24. Mais pour le CEO du bancassureur, cela n'a rien d'exceptionnel. " Je trouve étonnant que ce type d'investissement suscite autant d'agitation dans les médias alors que, comme toute compagnie d'assurance, nous investissons régulièrement dans des start-up, des scale-up et d'autres entreprises, constate Marc Raisière. Récemment, Belfius a réalisé des investissements majeurs dans les sociétés IBA et EVS dont on a beaucoup moins parlé, mais sans doute l'arrivée de LN24 interpelle davantage la profession des journalistes ! ( sourire) " Pour ce dossier, le patron de Belfius rappelle les deux choix qui se sont présentés : " Soit on accorde un crédit aux fondateurs de la chaîne, soit on prend une partie du capital dès l'instant où l'on estime qu'il y a un intérêt de soutenir ce projet, poursuit Marc Raisière. Nous avons opté pour le deuxième choix sur la base de différents critères comme, par exemple, le profil des dirigeants - ils comptent parmi les meilleurs responsables de presse - et aussi le plan stratégique de l'entreprise. LN24 a un positionnement très clair et son envie d'être un 'disrupteur' dans le monde de l'information francophone nous a semblé très intéressant. " Au-delà de l'audace du projet, c'est aussi l'engagement à long terme de Belfius Insurance dans les nouvelles habitudes de consommation audiovisuelles qui semble avoir été déterminant dans ce choix d'investissement. " Chaque jour, 1,3 million de clients se connectent à notre application Belfius, poursuit le CEO. Nous disposons d'un accès direct à ces personnes qu'aucun outil de presse n'a aujourd'hui. Nos clients sont une vraie richesse et nous devons donc leur apporter une plus-value en leur proposant différents services via cette application, ce que nous faisons déjà avec la vente de tickets pour des matchs de hockey ou des titres-services. Notre plateforme bancaire pourrait très bien devenir aussi, dans quelque temps, un canal d'information économique alimenté par nos experts en interne, mais également, pourquoi pas, par les journalistes de LN24 ou même d'autres médias. "