Les bénéficiaires de voitures de société ont tendance à rouler plus, dans des voitures plus puissantes et plus chères. Telles sont les conclusions mesurées par le Bureau du Plan, qui a chiffré l'écart par rapport aux autres voitures utilisées dans des circonstances comparables. Il estime que la "surconsommation" produite par ces véhicules représente une "perte de bien être" de 2300 euros par an et par voiture. L'étude a été réalisée au départ des données de l'enquête de mobilité quotidienne Beldam organisée par le SPP Politique scientifique et le SPF Mobilité et Transport. L'étude a été réalisée par Benoit Laine et Alex Van Steenbergen.
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Les bénéficiaires de voitures de société ont tendance à rouler plus, dans des voitures plus puissantes et plus chères. Telles sont les conclusions mesurées par le Bureau du Plan, qui a chiffré l'écart par rapport aux autres voitures utilisées dans des circonstances comparables. Il estime que la "surconsommation" produite par ces véhicules représente une "perte de bien être" de 2300 euros par an et par voiture. L'étude a été réalisée au départ des données de l'enquête de mobilité quotidienne Beldam organisée par le SPP Politique scientifique et le SPF Mobilité et Transport. L'étude a été réalisée par Benoit Laine et Alex Van Steenbergen.58,2 km par semaine de plus pour aller au travailL'étude "The fiscal treatment of company cars in Belgium : Effects on car demand, travel, behavior and external costs", disponible sur le site du Bureau du Plan, détaille les écarts entre une voiture de société et un véhicule équivalent qui serait la propriété d'une employé. La première roule 6000 km de plus tous les ans, a une valeur de 62% supérieure, une cylindrée de 5% supérieure. Ces données portent sur la première voiture du ménage.Son détenteur est poussé à la préférer aux transports en commun. Dans 93% des cas il va l'utiliser pour aller au travail, soit 16% de plus que pour les travailleurs équivalent sans voiture de société. Cela se traduit par 58,2 km de plus chaque semaine pour aller au travail (2800 km par an). Il roule 8 km par jour de plus à des fins privées. Soit au total près de 6000 km de déplacement supplémentaire. Perte de bien être ?Le Bureau du Plan a développé un concept de "perte de bien-être" généré par ces chiffres, et aboutit à une "perte" de 2365 euros par an, principalement due au coût externe de la contribution aux encombrements, évaluée à 1637 euros par an. Au total, cette perte représente 905 millions d'euros par an, soit 0,23% du PIB. La notion est plus difficile à comprendre au sujet de la valeur de la voiture, car le Bureau du Plan estime que le coût supplémentaire de la voiture de société par rapport à un véhicule comparable génère 396 euros de "perte de bien-être" (?). Il y aurait aussi une perte de bien être à augmenter ses déplacements privés (128 euros par an et par voiture), ce qui est aussi singulier.Pour temporiser cette "perte de bien-être" due à la voiture de société, les auteurs de l'étude signalent qu'un plus grand usage des transports en commun générerait également une perte. "Par exemple, si un usage moindre des voitures entraîne un usage plus intensif des transports publics, on devrait tenir compte des effets d'un pareil changement sur les finances publiques et l'environnement."Un argument de plus pour un budget mobilité cher à Kris PeetersL'étude tombe à point nommé pour le ministre de l'emploi Kris Peeters qui défend l'idée d'un budget mobilité. Le dispositif fiscal actuel qui encourage la voiture de société serait élargi pour que le salarié puisse choisir le moyen de déplacement qui lui convient le mieux. Dans le système actuel, les utilisateurs de voiture de société paient un coût fixe favorable pour leur véhicule, et devraient payer en plus l'usage d'un transport en commun, ce qui constitue un incitant négatif. Certains sociétés de leasing propose des formules couplées voiture-transport en commun, mais la formule est encore peu répandue.