Dans le royaume, la voiture est toujours la reine. Comment se fait-il que des mesures telles que le budget mobilité, créé par un gouvernement plein de bonnes intentions, n'atteignent pas son objectif ? Parce que ces mesures ne se concentrent pas sur le bon groupe cible. En essayant seulement de faire sortir les utilisateurs de voitures de société de leur voiture, nous n'y arriverons pas.

L'allocation de mobilité (cash for car) a été - avant même que la Cour constitutionnelle ne jette définitivement la mesure à la poubelle - un échec. Seuls 500 utilisateurs de voitures de société ont échangé leur véhicule contre une rémunération nette. En deux ans, c'est très peu. Le budget consacré à la mobilité, qui permet aux employés de choisir parmi une série de solutions de mobilité durable, ne décolle pas : selon les chiffres d'Acerta, seuls 0,011 % des employés ont opté pour ce budget depuis son introduction il y a un an. Beaucoup envisagent encore l'avenir avec optimisme, mais à mon avis, nous pouvons être heureux si 5% des utilisateurs de voitures de société abandonnent leur cher quatre-roues pour des alternatives plus écologiques.

De plus, quid du problème des embouteillages ? Il ne sera pas résolu ainsi. La grande majorité de la circulation de personnes se fait encore avec des "véhicules non-sociétaires". Nous le constatons non seulement au quotidien lorsque nous faisons la file sur nos autoroutes et nos routes régionales, mais aussi lorsque nous regardons les derniers chiffres de l'institut du trafic Vias. Nous faisons environ trois kilomètres sur quatre en voiture. C'est assez remarquable dans un pays très urbanisé comme le nôtre, où les distances de déplacement sont relativement limitées. La distance moyenne entre le domicile et le lieu de travail est de "seulement" 19 kilomètres.

Et pourtant, 65 % des déplacements domicile-travail se font exclusivement en voiture. Dans notre pays, un employé sur cinq possède une voiture de société et ne la laisse pas chez soi pour choisir une alternative plus durable. Il va sans dire que sans un changement radical de nos comportements de déplacement, nos routes ne feront que s'engorger encore davantage pour les générations à venir.

En outre, les alternatives à la voiture sont en plein essor. Il y a beaucoup de signaux qui montrent que la bicyclette n'est qu'au début de sa progression dans notre pays. Le nouveau gouvernement flamand investit 300 millions d'euros pour de nouvelles et meilleures pistes cyclables, Jump (Uber) est implanté à Bruxelles - la cinquième ville européenne où l'initiative a été lancée - avec des vélos électriques partagés, et de plus en plus d'entreprises proposent des plans de location de vélos et des indemnités vélos. À partir de juin 2020, les entreprises seront même tenues d'offrir cette compensation dans le cadre de la convention collective de travail 200. En outre, de nouvelles solutions de micro-mobilité, telles que les trottinettes et les scooters électriques ainsi que les vélos partagés, apparaissent à chaque coin de rue dans nos grandes villes, rendant ainsi nos trajets 'last mile' plus durables.

Les alternatives durables et confortables sont ainsi dans l'air du temps. N'est-il donc pas temps d'étendre les mesures restrictives actuelles en matière de mobilité et d'offrir à tous les salariés la possibilité d'utiliser un budget mobilité pour leurs déplacements domicile-travail ? De cette façon, nous évitons la discrimination sur la base de laquelle la Cour constitutionnelle a déjà supprimé la mesure "cash for car" et nous allons dans le même sens avec le budget mobilité. Si chacun recevait vraiment les incitations financières nécessaires pour laisser sa voiture derrière lui, cela permettrait d'économiser beaucoup d'argent. Les employeurs innovants ont déjà introduit un budget mobilité pour les personnes ne disposant pas d'une voiture de société mais ils l'ont fait dans les limites étroites de la législation actuelle, qui est vraiment trop restrictive.

Être coincé dans sa voiture comme une sardine trois heures par jour ? Je ne participe plus à cela. Depuis deux ans, je fais partie de tous ces Belges qui choisissent fanatiquement le vélo. C'est une des cinq tendances de mobilité que je vois pour 2020 et pour laquelle le gouvernement doit donner à nos entreprises un cadre clair. Si notre pays veut se concentrer sur des mesures de mobilité qui fonctionnent vraiment, un budget mobilité dont tout le monde peut bénéficier est indispensable. C'est alors que notre mobilité sera la vraie gagnante.

Roeland Vanrenterghem, Managing Partner de la plate-forme de mobilité Vaigo

Dans le royaume, la voiture est toujours la reine. Comment se fait-il que des mesures telles que le budget mobilité, créé par un gouvernement plein de bonnes intentions, n'atteignent pas son objectif ? Parce que ces mesures ne se concentrent pas sur le bon groupe cible. En essayant seulement de faire sortir les utilisateurs de voitures de société de leur voiture, nous n'y arriverons pas.L'allocation de mobilité (cash for car) a été - avant même que la Cour constitutionnelle ne jette définitivement la mesure à la poubelle - un échec. Seuls 500 utilisateurs de voitures de société ont échangé leur véhicule contre une rémunération nette. En deux ans, c'est très peu. Le budget consacré à la mobilité, qui permet aux employés de choisir parmi une série de solutions de mobilité durable, ne décolle pas : selon les chiffres d'Acerta, seuls 0,011 % des employés ont opté pour ce budget depuis son introduction il y a un an. Beaucoup envisagent encore l'avenir avec optimisme, mais à mon avis, nous pouvons être heureux si 5% des utilisateurs de voitures de société abandonnent leur cher quatre-roues pour des alternatives plus écologiques. De plus, quid du problème des embouteillages ? Il ne sera pas résolu ainsi. La grande majorité de la circulation de personnes se fait encore avec des "véhicules non-sociétaires". Nous le constatons non seulement au quotidien lorsque nous faisons la file sur nos autoroutes et nos routes régionales, mais aussi lorsque nous regardons les derniers chiffres de l'institut du trafic Vias. Nous faisons environ trois kilomètres sur quatre en voiture. C'est assez remarquable dans un pays très urbanisé comme le nôtre, où les distances de déplacement sont relativement limitées. La distance moyenne entre le domicile et le lieu de travail est de "seulement" 19 kilomètres. Et pourtant, 65 % des déplacements domicile-travail se font exclusivement en voiture. Dans notre pays, un employé sur cinq possède une voiture de société et ne la laisse pas chez soi pour choisir une alternative plus durable. Il va sans dire que sans un changement radical de nos comportements de déplacement, nos routes ne feront que s'engorger encore davantage pour les générations à venir.En outre, les alternatives à la voiture sont en plein essor. Il y a beaucoup de signaux qui montrent que la bicyclette n'est qu'au début de sa progression dans notre pays. Le nouveau gouvernement flamand investit 300 millions d'euros pour de nouvelles et meilleures pistes cyclables, Jump (Uber) est implanté à Bruxelles - la cinquième ville européenne où l'initiative a été lancée - avec des vélos électriques partagés, et de plus en plus d'entreprises proposent des plans de location de vélos et des indemnités vélos. À partir de juin 2020, les entreprises seront même tenues d'offrir cette compensation dans le cadre de la convention collective de travail 200. En outre, de nouvelles solutions de micro-mobilité, telles que les trottinettes et les scooters électriques ainsi que les vélos partagés, apparaissent à chaque coin de rue dans nos grandes villes, rendant ainsi nos trajets 'last mile' plus durables. Les alternatives durables et confortables sont ainsi dans l'air du temps. N'est-il donc pas temps d'étendre les mesures restrictives actuelles en matière de mobilité et d'offrir à tous les salariés la possibilité d'utiliser un budget mobilité pour leurs déplacements domicile-travail ? De cette façon, nous évitons la discrimination sur la base de laquelle la Cour constitutionnelle a déjà supprimé la mesure "cash for car" et nous allons dans le même sens avec le budget mobilité. Si chacun recevait vraiment les incitations financières nécessaires pour laisser sa voiture derrière lui, cela permettrait d'économiser beaucoup d'argent. Les employeurs innovants ont déjà introduit un budget mobilité pour les personnes ne disposant pas d'une voiture de société mais ils l'ont fait dans les limites étroites de la législation actuelle, qui est vraiment trop restrictive.Être coincé dans sa voiture comme une sardine trois heures par jour ? Je ne participe plus à cela. Depuis deux ans, je fais partie de tous ces Belges qui choisissent fanatiquement le vélo. C'est une des cinq tendances de mobilité que je vois pour 2020 et pour laquelle le gouvernement doit donner à nos entreprises un cadre clair. Si notre pays veut se concentrer sur des mesures de mobilité qui fonctionnent vraiment, un budget mobilité dont tout le monde peut bénéficier est indispensable. C'est alors que notre mobilité sera la vraie gagnante.Roeland Vanrenterghem, Managing Partner de la plate-forme de mobilité Vaigo