Après une édition 2021 entièrement virtuelle et un millésime 2022 en demi-teinte, le plus grand salon mondial de la tech a attiré des milliers de personnes à Las Vegas. Plus de 2.200 exposants, dont 1.000 nouvelles entreprises, ont dévoilé leurs derniers bijoux sur près de 200.000 mètres carrés de halls d'exposition. Une première depuis la pandémie, puisque l'année dernière, seules 45.000 personnes avaient fait le déplacement dans le Nevada. Devenu le rendez-vous incontournable des aficionados de la tech, le Consumer Electronic Show (CES) donne chaque année le pouls de ce qui nous attend de mieux dans l'électronique grand public.
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Après une édition 2021 entièrement virtuelle et un millésime 2022 en demi-teinte, le plus grand salon mondial de la tech a attiré des milliers de personnes à Las Vegas. Plus de 2.200 exposants, dont 1.000 nouvelles entreprises, ont dévoilé leurs derniers bijoux sur près de 200.000 mètres carrés de halls d'exposition. Une première depuis la pandémie, puisque l'année dernière, seules 45.000 personnes avaient fait le déplacement dans le Nevada. Devenu le rendez-vous incontournable des aficionados de la tech, le Consumer Electronic Show (CES) donne chaque année le pouls de ce qui nous attend de mieux dans l'électronique grand public. Si les dernières éditions ont surtout mis à l'honneur des écrans flexibles et des appareils pour accéder au métavers, 2023 a confirmé une place de premier plan au secteur de la santé, de même qu'à celui de l'automobile. La première nouveauté visible étant le tunnel financé par Elon Musk pour relier deux points du centre des expositions distants de 2,7 km en 2 minutes et en Tesla! Un gadget urbain censé préfigurer l'efficacité de son train supersonique Hyperloop. "La dynamique est absolument énorme", s'est réjoui en conférence de presse Gary Shapiro, le PDG de la Consumer Technology Association (CTA), qui organise l'événement. Placé sous le signe de l'innovation, le CES 2023 confirme, en effet, une lame de fond observée depuis la marche forcée vers l'électrification du parc automobile: la voiture devient un "produit tech" comme un autre. Cockpit ultramoderne, écrans interactifs, réalité augmentée..., avec ses dizaines de capteurs en tout genre, une voiture compte désormais plus de 1.500 puces sous le capot. Et la tendance va s'accentuer: on prévoit jusqu'à 10.000 puces par véhicule avec la démocratisation, dans le futur, de la conduite autonome. Démonstration de force avec le dévoilement à Las Vegas du premier concept de voiture électrique co-créé par deux géants nippons: Sony, pour la partie électronique, et Honda, pour l'expertise automobile. Ce n'est pas tout à fait la "voiture PlayStation" mais l'Afeela représente une évolution du concept Sony Vision-s présenté à ce même CES en 2020. Avec des dimensions identiques à la Honda Accord, mais avec un design radicalement différent, l'Afeela mise tout sur la sécurité, l'info-divertissement et de nouveaux "services de mobilité". En tant que vitrine technologique, l'Afeela Concept se dote d'une batterie de capteurs lidars, radars et capteurs CMOS (45 caméras et capteurs, au total) afin d'assister le conducteur dans ses manoeuvres ou d'autoriser la conduite semi-autonome. Une caractéristique intéressante: la "barre média", à l'avant du véhicule, qui sert à communiquer des informations comme la distance ou la vitesse d'approche avec les piétons et les autres véhicules. L'habitacle est demeuré à peu près le même par rapport au concept Vision-s, incluant l'interface numérique qui s'étire sur toute la largeur de la planche de bord. A bord de ce modèle, on pourra aussi se divertir en regardant des films en streaming avec un son surround ou en jouant, y compris avec la réalité virtuelle. "La grande tendance qui a transformé la vie des gens au cours des 10 dernières années est le smartphone. La prochaine décennie sera celle de la mobilité", s'est enthousiasmé Kenichiro Yoshida, le PDG de Sony, lors d'une conférence de presse. Un tour de force qui préfigure le futur de l'automobile, avec une commercialisation annoncée pour 2026 en Amérique du Nord, et des précommandes ouvertes dès 2025. Dans les couloirs du CES 2023, une bataille rangée a eu lieu. Une bataille vieille comme le monde: celle de LG et Samsung, détenteurs du plus grand nombre de brevets liés à l'image et aux écrans. Mais à une époque où les innovations ralentissent, comment les constructeurs arrivent-ils à réinventer le bon vieux téléviseur de papa? Après avoir dévoilé des écrans XXL et de nouvelles technologies comme le format enroulable ou l'écran transparent - des innovations qui ne mettront pas 10 ans à arriver dans nos salons -, la grande tendance de ce CES pour les marques de TV a été d'avancer de nouveaux chiffres élevés de luminosité. C'est LG qui a ouvert le bal avec son nouveau Oled G3. Grâce à la technologie MLA (Micro Lenses Array), des milliers de microlentilles permettent de récupérer la luminosité générée par l'Oled dans les reflets internes. Cette technologie associée à des algorithmes (Meta Booster) permet au constructeur coréen d'annoncer un pic lumineux allant de 1.800 à 2.100 cd/m2 sur son nouveau téléviseur. Ce chiffre n'est pas anodin puisqu'il vient concurrencer frontalement Samsung et son QD-Oled. Le filtre à boîtes quantiques permet lui aussi de gagner en luminosité sur l'Oled, pour un pic lumineux de 2.000 cd/m2 sur le Samsung S95C dévoilé au salon. Mais déjà, les constructeurs lorgnent un nouveau graal: la disparition définitive des câbles, et l'autonomie énergétique des écrans TV. De plus en plus fins, épurés et minimalistes, les écrans s'accrochent de préférence au mur depuis quelques années. Mais cela nécessite néanmoins un peu de technique, en faisant passer les câbles soit via une saignée dans le mur, soit dans une goulotte proprement fixée. Concurrencé sur ce point par Samsung, qui commercialise depuis un an son boîtier déporté One Connect (ne faisant partir qu'un seul câble du téléviseur), LG a pris note de son retard et a dévoilé une nouvelle gamme pour 2023: le LG Signature OledM3. Sa particularité? Un boîtier déporté... sans fil. Toute l'électronique du téléviseur se trouve désormais dans un boîtier externe, baptisé Zero Connect, capable de diffuser un contenu jusqu'en 4K 120 Hz à l'écran. Sans le moindre fil, donc. Reste un élément difficile à gommer: le câble d'alimentation nécessaire pour brancher l'écran au secteur. Sur ce point, la surprise vient de Displace, une start-up californienne qui a présenté un prototype de télévision Oled totalement sans fil. Alimentée par quatre batteries amovibles, cette télé de 55 pouces est capable d'offrir une autonomie de six mois sans recharge, à raison de six heures de visionnage par jour. Légère (moins de 9 kg) et dotée d'un système de reconnaissance de gestuelles pour piloter l'interface, en plus de la voix, la Displace TV peut être installée à volonté dans n'importe quelle pièce de la maison. Sa commercialisation, limitée pour l'heure à 100 exemplaires, devrait s'étendre d'ici la fin de l'année à l'ensemble du marché américain à un tarif d'environ 3.000 dollars. Les fabricants ont été nombreux, aussi, à présenter de nouveaux PC au CES 2023. A l'heure du bilan, une tendance s'impose: plus que les processeurs, c'est désormais l'écran et toute l'expérience de visionnage qui sont au centre de l'innovation. Pour concurrencer Asus, LG va notamment basculer sa gamme d'ultraportables LG Gram vers de l'Oled en 2023, sans changer le poids plume de ses machines. Lenovo n'est pas en reste avec plusieurs machines équipées en dalles Oled, dont le Lenovo ThinkBook Plus qui ajoute un écran e-ink sur sa deuxième face pour maximiser l'autonomie sur certaines tâches. L'objectif: proposer un appareil hybride et polyvalent, capablede répondre à plusieurs usages. D'un côté, l'écran Oled peut assurer les tâches professionnelles, nécessitant une meilleure expérience visuelle et un écran plus abouti. De l'autre, l'écran e-Ink peut servir pour prendre des notes, lire, dessiner, reposer vos yeux et... consommer moins d'énergie. Lenovo frappe fort aussi avec le Lenovo Yoga Book 9i. Ce PC propose deux écrans Oled 2,8K tactiles à l'image de feu le Surface Neo. La marque promet que son design permet d'améliorer la productivité, notamment en l'utilisant comme un grand PC de bureau si l'on a accès à une table. Mais la plus belle sensation de l'année, c'est sans doute la nouvelle gamme ProArt Studiobook du taiwanais Asus, qui innove avec un nouveau type d'ordinateur portable. Son écran Oled est doté d'une technologie, appelée Spatial Vision, qui permet d'afficher une image 3D sans avoir à porter de lunettes spéciales. Cet effet est obtenu grâce à la présence d'une dalle "autostéréoscopique" qui permet de "créer" des images vues différemment par chaque oeil. Une première mondiale sur un PC. Destiné aux designers et aux architectes désireux de voir le fruit de leur travail prendre vie à l'écran, cet ordinateur ultra haut de gamme pourrait aussi trouver un écho auprès des amateurs de jeux vidéo. La tech immersive n'en est peut-être qu'à ses balbutiements, mais elle pourrait vous convaincre dès cette année.