Retard annoncé sur les prochaines publicités à la SNCB. Dans un arrêt de la cour d'appel de Bruxelles, l'entreprise publique se voit en effet condamnée à démonter l'ensemble de ses panneaux publicitaires dans les huit mois à venir, soit 1.683 supports " papier " - de 2 à 36 m2 - et 122 écrans digitaux déployés dans les gares. En cause : une plainte introduite en 2012 par l'afficheur JCDecaux et qui estime être victime de concurrence déloyale dans ce vaste marché attribué à Publifer, une société commerciale détenue à parts égales par le concurrent Clear Channel et... la SNCB !
...

Retard annoncé sur les prochaines publicités à la SNCB. Dans un arrêt de la cour d'appel de Bruxelles, l'entreprise publique se voit en effet condamnée à démonter l'ensemble de ses panneaux publicitaires dans les huit mois à venir, soit 1.683 supports " papier " - de 2 à 36 m2 - et 122 écrans digitaux déployés dans les gares. En cause : une plainte introduite en 2012 par l'afficheur JCDecaux et qui estime être victime de concurrence déloyale dans ce vaste marché attribué à Publifer, une société commerciale détenue à parts égales par le concurrent Clear Channel et... la SNCB ! Si, en première instance, les juges ont donné tort à JCDecaux, la cour d'appel en a décidé autrement cet été et ordonne désormais à la SNCB de reconsidérer ce marché publicitaire " dans un esprit d'égalité et de transparence ". " Nous n'avons pas encore pris de décision concernant un éventuel pourvoi en cassation, réagit Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB. Quand nous aurons reçu la notification de la cour d'appel de Bruxelles, nous aurons alors trois mois pour envisager cette option. Cela dit, la SNCB accepte ce jugement et elle va s'y conformer. " Car quelle que soit la décision de l'entreprise de chemins de fer, le pourvoi en cassation n'aura pas d'effet suspensif. Ce qui veut dire concrètement que la SNCB devra bel et bien démonter ses supports publicitaires dans les huit mois qui suivront la notification de la cour d'appel de Bruxelles. La porte-parole Nathalie Pierard précise en outre qu'aucun calendrier n'a encore été fixé pour le démontage des panneaux et que la discussion se poursuit toujours pour savoir qui de Publifer, de Clear Channel ou de la SNCB exécutera cette tâche ingrate, mais une chose est sûre désormais : cette décision de justice représentera un sérieux manque à gagner pour l'entreprise publique durant ces mois d'inactivité publicitaire. En Belgique, ce qu'on appelle communément le out of home dans le secteur de la pub représente en effet près de 40.000 panneaux dont à peine un millier d'écrans digitaux. Selon les chiffres de l'Union belge des annonceurs (UBA), ce segment pèserait aujourd'hui 331 millions d'euros en termes d'investissements bruts (chiffres de l'année 2015), soit un peu moins de 9 % du montant total dépensé par les marques en publicité sur le territoire belge. Dans ce pactole de l'affichage, la SNCB empocherait quant à elle " entre 5 et 10 millions d'euros " chaque année, selon les estimations du secteur. Si Clear Channel reste pour l'instant muet sur ce dossier, JCDecaux se réjouit en revanche de cette redistribution des cartes publicitaires : " Ce contrat, qui est le plus important du pays dans le marché de l'affichage, a été attribué pour 30 ans sans mise en concurrence, déplore Wim Jansen, directeur général de JCDecaux Belgique. Les conditions financières du contrat ne sont donc pas en lien avec la taille ni avec l'enjeu réel de ce marché. Nous nous réjouissons dès lors de participer à un nouvel appel d'offres et JCDecaux se portera garant pour le juste prix. Vu que ce contrat vaut beaucoup plus actuellement, la SNCB sera aussi, à terme, gagnante dans ce nouveau marché ". De quoi faire passer la pilule amère des quelques millions perdus durant les mois à venir, sans compter la douloureuse facture du démontage...