D'un côté, après les multiples crises qui ont fait des dégâts importants dans les différents pays de la zone euro, la situation s'améliore enfin. Les chiffres d'activité économique du premier trimestre l'ont une nouvelle fois attesté. La reprise économique est bien là, un peu partout en zone euro et elle vient de l'intérieur : il n'est pas question d'un choc externe qui aurait temporairement renforcé l'activité. On parle ici d'une reprise de la demande intérieure, de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises ! Sur le plan politique, quelques grandes échéances, dont des résultats extrémistes et/ou populistes auraient pu déstabiliser le scénario de reprise, sont passées sans que de tels risques ne se soient matérialisés.
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D'un côté, après les multiples crises qui ont fait des dégâts importants dans les différents pays de la zone euro, la situation s'améliore enfin. Les chiffres d'activité économique du premier trimestre l'ont une nouvelle fois attesté. La reprise économique est bien là, un peu partout en zone euro et elle vient de l'intérieur : il n'est pas question d'un choc externe qui aurait temporairement renforcé l'activité. On parle ici d'une reprise de la demande intérieure, de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises ! Sur le plan politique, quelques grandes échéances, dont des résultats extrémistes et/ou populistes auraient pu déstabiliser le scénario de reprise, sont passées sans que de tels risques ne se soient matérialisés. Mais surtout, les indicateurs économiques les plus récents demeurent au beau fixe. Les plus impressionnants en la matière sont les indicateurs de confiance : un peu partout en zone euro, la confiance, tant des consommateurs que des entreprises, atteint un niveau élevé et est compatible avec une croissance de l'activité au moins aussi élevée que celle observée au cours des deux-trois derniers trimestres. La fenêtre d'opportunité est donc bien là : si la conjoncture actuelle pouvait compter sur des politiques économiques volontaristes, doublées d'une nouvelle initiative européenne pour qu'enfin on en finisse avec cette image négative et bureaucratique de l'Europe, le potentiel de croissance semble vraiment intéressant. D'un autre côté, cette fenêtre d'opportunité ne restera pas indéfiniment ouverte. Si la reprise ne gagne plus de terrain, parce que des décisions tarderaient à venir ou pire, parce que l'on se payerait le luxe de nouvelles tergiversations par rapport à des dossiers latents comme le financement de la Grèce ou l'état du secteur bancaire italien, elle finira bien par être étouffée par un nouveau choc négatif. N'oublions pas que les Etats-Unis en sont à leur huitième année de reprise. De nouveaux déséquilibres financiers apparaissent, tout comme en Chine d'ailleurs. Si la reprise européenne ne s'est pas solidement enracinée avant qu'un nouveau risque ne se matérialise, elle ne survivra que difficilement à un tel choc. C'est pour cela qu'il est tellement important, et je dirais même urgent, de reconnaître la reprise économique, d'en faire la publicité et de l'encourager. Chacun peut y contribuer. La reprise économique dans la zone euro ne plaît probablement pas à tout le monde, et en particulier à ceux qui fondent leur discours sur l'hypothèse que le modèle économique actuel est en panne. Ils sont alors pris en défaut par les évidences statistiques de la reprise. Faut-il pour autant nier les questions des inégalités, des changements climatiques, de la concurrence internationale déloyale et tout ce qui fonde souvent l'indignation voire la colère ? Assurément non. La reprise n'est pas la preuve qu'il ne faut rien changer au modèle actuel. Il n'est pas question d'oublier naïvement ces questions à la faveur d'une embellie conjoncturelle. Par contre, si l'on pouvait évacuer définitivement l'idée qu'en faisant tabula rasa, la situation s'améliorera, si l'on pouvait développer au contraire une logique coopérative, où les différentes visions politiques se rassemblent autour de quelques points communs, un peu à l'image de ce que tente de faire le président Macron en France, il me semble que le climat politique et social offrirait le terreau nécessaire pour que le potentiel de croissance important de la zone euro se matérialise. Ceci permettrait alors de traiter avec beaucoup plus de sérénité et de moyens les questions fondamentales citées ci-dessus.