La naissance

En 1980, soit trois ans après avoir arrêté la compétition, Eddy Merckx lance sa propre marque de vélos avec un capital de départ équivalant à 3 millions d'euros. Il est aidé à l'époque par Robert Lelangue, ancien coureur, directeur sportif et ami du champion. Le départ est pour le moins sinueux : l'entreprise annonce une perte de 10 millions d'euros en 1981, notamment due au coût élevé des investissements mais aussi à des soucis de gestion. En 1992, la production passe à 7.000 cadres par an dans une usine employant 30 personnes. Au plus fort de son histoire, la production monte à 10.000 vélos.
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En 1980, soit trois ans après avoir arrêté la compétition, Eddy Merckx lance sa propre marque de vélos avec un capital de départ équivalant à 3 millions d'euros. Il est aidé à l'époque par Robert Lelangue, ancien coureur, directeur sportif et ami du champion. Le départ est pour le moins sinueux : l'entreprise annonce une perte de 10 millions d'euros en 1981, notamment due au coût élevé des investissements mais aussi à des soucis de gestion. En 1992, la production passe à 7.000 cadres par an dans une usine employant 30 personnes. Au plus fort de son histoire, la production monte à 10.000 vélos. Au milieu des années 2000, l'entreprise produisait 5.000 cadres par an. En 2008, Eddy Merckx vend la majorité de son entreprise à un fonds d'investissement, Sobradis. Une partie de la production est alors délocalisée en Chine et à Taiwan. En 2013, Jan Toye, propriétaire de la brasserie Palm, devient actionnaire majoritaire de l'entreprise mais celle-ci continue d'accuser des pertes : 9 millions d'euros en 2017 ! " L'une des causes de cette chute était notamment due à des délais de livraison extrêmement longs, qui pouvaient durer plusieurs mois ", soulignait récemment Rick Vanhoof, coordinateur commercial de la Belgian Cycling Factory. Vouée à disparaître, la marque est rachetée en 2017 par la Belgian Cycling Factory, entreprise connue pour la production des vélos Ridley. L'entreprise rachète le nom mais pas la société en tant que telle. " Nous avons vendu 3.000 vélos Eddy Merckx en 2018 et nous souhaiterions en vendre 5.000 en 2019, souligne le responsable communication, Thibaut Norga. La marque doit encore reconstruire son statut et asseoir sa crédibilité technique. Fin 2019, notre entreprise devrait produire 85% de vélos Ridley et 15% d'Eddy Merckx. Nous voulons reprendre pied sur le marché européen et, si cela fonctionne, nous diriger vers le marché américain. " Ridley exporte 70% de ses vélos. La marque produit des vélos de course, aussi appelés vélos de route. Elle ne propose pour l'instant que quatre types différents de vélos Eddy Merckx pour adultes. " Nous nous concentrons sur les cyclistes amateurs avertis et les professionnels, précise Thibaut Norga. La R&D, l'assemblage et la peinture se font dans l'usine de Paal, dans le Limbourg. " Le reste provient d'Asie. Les vélos Ridley sont, quant à eux, plutôt orientés sport, famille et loisirs. La capacité de production du site de Paal peut monter jusqu'à 100.000 vélos par an. La Belgian Cycling Factory renoue avec le cyclisme professionnel grâce à un partenariat signé en octobre dernier avec l'équipe française AG2R La Mondiale. L'équipe, qui participe au Tour de France 2019, comprend notamment le Belge Olivier Naesen ( photo), deuxième de Milan-San Remo en mars dernier, et le Français Romain Bardet. L'entreprise s'engage à fournir à AG2R La Mondiale 225 vélos et un appui financier pour la publicité. " Ce partenariat va redonner un statut à la marque Eddy Merckx ", précise Thibaut Norga. A noter que la Belgian Cycling Factory sponsorise également l'équipe Lotto-Soudal, avec sa marque Ridley. Eddy Merckx n'est pas la seule marque belge de vélos de course mais elle est la plus emblématique. Johan Museeuw, autre grand champion, avait lui aussi lancé sa marque dans les années 2000. Parmi la concurrence, citons Zannata, ou encore Thompson, entreprise située à Lessines. " Nous ne disposons pas de chiffres concernant spécifiquement les ventes de vélos de course en Belgique ", nous dit-on à l'Association belge du cyclisme. Il est toutefois possible de se faire une idée en observant les données du marché français en 2018 : le vélo de course ne concernait que 1% du marché, trusté par les vélos de ville (60%), les VTT (19%) et le VTC (vélo tout chemin, 18%). Par Géry Brusselmans.