Lors de son arrivée sur le marché publicitaire belge en 2017, TF1 avait opté pour la régie flamande Transfer. Dans un communiqué, le président-directeur général du groupe TF1, Gilles Pélisson, a remercié Transfer pour son "soutien tout au long de ces deux dernières années".

La RTBF et surtout RTL Belgium avaient vigoureusement contesté l'entrée de TF1 dans l'écosystème publicitaire belge francophone, qu'elles redoutaient depuis des décennies. La direction de RTL Belgium avait notamment justifié son dernier plan de restructuration par la nécessité d'adapter l'entreprise au grignotage du gâteau publicitaire par la chaîne télévisée française.

Mais jusqu'ici, le séisme a été plus léger qu'attendu. D'après Le Soir, TF1 ne récolte que 6,5% des investissements publicitaires télévisés au sud du pays. Et RTL Belgium, malgré des recettes publicitaires en baisse, a doublé ses bénéfices en 2018. Plutôt que de la combattre, l'entreprise a donc finalement décidé de tirer parti de l'installation de TF1 en Belgique.

"Comme IP l'organise déjà sur le plan national en commercialisant notamment les espaces publicitaires de différents groupes tels que Bel RTL, Nostalgie, NRJ Vlaanderen, Radio Contact ou Fun Radio, IP Belgium sera désormais en mesure de faciliter l'accès des annonceurs aux audiences différentes de marques appréciées par le public, au travers d'une offre commerciale cohérente et complémentaire", a commenté Philippe Delusinne, administrateur délégué de IP Belgium et RTL Belgium.

"Depuis plus de trente années en Belgique, la chaîne TF1 s'inscrit dans le quotidien des téléspectateurs et depuis deux ans dans celui des annonceurs. Nous nous réjouissons aujourd'hui de débuter ce nouveau partenariat avec IP Belgium dont la connaissance du marché local est une réelle valeur ajoutée. Son dynamisme et sa capacité d'innovation, tant sur la data qu'en matière d'avancées technologiques, sont autant d'atouts pour renforcer la présence de TF1 auprès des annonceurs belges", a également déclaré Gilles Pélisson, le PDG du groupe TF1.

La RTBF, de son côté, s'interroge sur la position "particulière et un peu shizophrénique" de RTL Belgium, "très différente de celle tenue en 2017", a réagi la porte-parole du média de service public. "On va avoir deux concurrents voisins, français et luxembourgeois, qui s'unissent. C'est une alliance qui peut avoir des impacts sur la fluidité du marché", a-t-elle ajouté.

"Ni TF1, ni RTL ne montrent beaucoup de soutien à la production locale", épingle de plus la RTBF, qui craint entre autres des prix tirés à la baisse et des exclusivités contraires à l'intérêt local.