Ce n'est plus un serpent de mer. Après des années d'errance dans un océan de silence, le dossier de la radio numérique a enfin émergé des profondeurs médiatiques pour se hisser au sommet des premiers pylônes DAB+ (pour Digital Audio Broadcasting Plus) le 15 novembre dernier. Activés en Fédération Wallonie-Bruxelles, ces émetteurs d'un genre nouveau incarnent une véritable révolution dans l'histoire de la radio. Concrètement, les Belges peuvent dès à présent écouter plusieurs stations dans un format numérique, gratuitement et sans abonnement Internet, sur des récepteurs DAB+. Cette technologie garantit non seulement une meill...

Ce n'est plus un serpent de mer. Après des années d'errance dans un océan de silence, le dossier de la radio numérique a enfin émergé des profondeurs médiatiques pour se hisser au sommet des premiers pylônes DAB+ (pour Digital Audio Broadcasting Plus) le 15 novembre dernier. Activés en Fédération Wallonie-Bruxelles, ces émetteurs d'un genre nouveau incarnent une véritable révolution dans l'histoire de la radio. Concrètement, les Belges peuvent dès à présent écouter plusieurs stations dans un format numérique, gratuitement et sans abonnement Internet, sur des récepteurs DAB+. Cette technologie garantit non seulement une meilleure qualité de son à l'auditeur - fini les interférences typiques de la bande FM - mais surtout une offre enrichie puisque la compression du signal permet un élargissement de l'inventaire radiophonique. De plus, ces nouveaux postes de radio high-tech se parent d'un écran digital qui affiche toute une série d'informations précieuses ou dispensables comme, par exemple, la photo du chanteur diffusé en direct, la météo du jour ou les infos trafic en temps réel. Officiellement lancé la semaine dernière par le secteur des radios belges francophones et le ministre wallon des Médias Jean-Claude Marcourt, ce nouveau format numérique n'enterre pas pour autant la bonne vieille bande FM. Du moins pas tout de suite. Pendant quelques années, une double diffusion des émissions de radio en FM et en DAB+ sera en effet garantie, histoire de ne pas déstabiliser trop vite les auditeurs et de permettre une transition en douceur vers un système d'écoute exclusivement numérique. Ce simulcast - comme on l'appelle dans le métier - devrait durer au maximum 10 ans et permettra de déployer progressivement tous les émetteurs DAB+ nécessaires pour un budget total d'environ 13 millions d'euros débloqué par la Région wallonne et la RTBF. A cette somme, le secteur des radios belges francophones ajoutera une dizaine de millions d'euros supplémentaires pour une vaste campagne de promotion destinée à sensibiliser le citoyen à cette révolution d'écoute et donc à l'inciter à se munir d'un récepteur ad hoc dont le prix d'entrée tourne autour des 40 euros. Progressivement, les voitures neuves seront également équipées d'autoradios compatibles avec le DAB+ puisque ce format est appelé à devenir le standard international de référence en matière de radio numérique. Mais pourquoi investir autant d'argent dans une nouvelle technologie de diffusion numérique alors que la plupart des stations de radio sont aujourd'hui disponibles sur le Web ? La réponse tient en deux mots : gratuité et autonomie. D'une part, le DAB+ ne nécessite aucune connexion internet et donc aucun abonnement à un opérateur télécom. D'autre part, les directeurs des radios belges, tant publiques que privées, préfèrent garder leur indépendance, tant éditoriale que publicitaire, par rapport aux géants du Net qui contrôlent le référencement des stations sur le Web. L'accès à la radio ayant toujours été gratuit en Belgique, il en va donc d'une certaine " mission philosophique " de garantir non seulement la pérennité de ce service public, mais aussi sa modernisation.