"Le dernier endroit à Liège où l'on coule de l'acier liquide, c'est chez nous." Mario Sinnaeve, directeur R&D chez Marichal Ketin, n'est pas peu fier de la résistance de son entreprise. On y fabrique des cylindres de laminoir à destination d'usines sidérurgiques du monde entier, de l'Inde aux Etats-Unis en passant par le Brésil, l'Afrique du Sud et, bien sûr, l'Europe. Cette vénérable entreprise (elle a été fondée en 1911) qui emploie 140 personnes a pourtant dangereusement tangué ces dernières années, après des pertes financières et de gros problèmes de trésorerie. Elle repart aujour-d'hui de l'avant avec un refinance...

"Le dernier endroit à Liège où l'on coule de l'acier liquide, c'est chez nous." Mario Sinnaeve, directeur R&D chez Marichal Ketin, n'est pas peu fier de la résistance de son entreprise. On y fabrique des cylindres de laminoir à destination d'usines sidérurgiques du monde entier, de l'Inde aux Etats-Unis en passant par le Brésil, l'Afrique du Sud et, bien sûr, l'Europe. Cette vénérable entreprise (elle a été fondée en 1911) qui emploie 140 personnes a pourtant dangereusement tangué ces dernières années, après des pertes financières et de gros problèmes de trésorerie. Elle repart aujour-d'hui de l'avant avec un refinancement à hauteur de 19 millions d'euros mené par la Sogepa, le fonds paritaire Invest For Jobs, Noshaq (à travers sa filiale SIBL), le FICI (fonds d'investissement de la Wallonie et d'ArcelorMittal) ainsi que le management de l'entreprise. Marichal Ketin appartient toujours au groupe allemand Gontermann-Peiper mais sa participation a été diluée (45%) depuis 2015 et l'injection de capitaux publics. "Sans le soutien de la Sogepa, nous ne serions peut-être plus là, convient le CEO Fabrice Pelzer. Le personnel est aussi resté très motivé durant ces moments difficiles. Le savoir-faire qui fait notre force, ce sont les travailleurs qui le possèdent." Mais pourquoi ce qui vacillait il y a encore quelques mois pourrait-il maintenant repartir sereinement? Avec l'appui de la société de conseil Resultance, l'entreprise a revu ses processus pour améliorer la productivité (90 jours au lieu de quatre mois pour produire un cylindre). L'intensification du travail de récupération et de recyclage des limailles (Marichal Ketin est l'un des initiateurs de la Reverse Metallurgy liégeoise) a par ailleurs contribué à réduire les factures de matières premières. Tout cela a permis à l'entreprise de sortir du rouge et de dégager un petit boni de 153.000 euros en 2020, après des pertes de plus de deux millions. On peut donc aujourd'hui construire sur des bases assainies. Le refinancement va ainsi permettre de moderniser les outils et d'intensifier sa R&D afin de mettre au point des produits de plus en plus sophistiqués. "Nous sommes en entreprise de haute technologie, bien plus qu'on ne l'imagine, rappelle Jean-Marc Kohlgruber, président du conseil d'administration. Nous rendons nos cylindres intelligents, nous exploitons les datas. Sur les produits de base, avec la structure de coûts en Belgique, nous ne serions jamais compétitifs." L'innovation technologique sur laquelle Marichal Ketin mise beaucoup, c'est le "rechargement par laser". Cela permet d'ajouter un matériau en surface, avec donc des propriétés supplémentaires, sur des pièces de dimension industrielle. Cette technique d'une extrême précision a été développée en partenariat avec le groupe CRM. D'autres projets sont dans les cartons avec notamment l'appui des Ateliers de la Meuse ou de NLMK. De quoi, se réjouit Fabrice Pelzer, créer "un véritable écosystème en intensifiant les partenariats industriels à haute valeur ajoutée".