Le comité de direction de la FSMA, l'autorité de contrôle des marchés, a décidé ce vendredi d'engager une procédure à l'encontre de Nyrstar soupçonné d'abus de marché. Cette procédure peut aboutir, pour ce qui concerne directement la FSMA, à imposer une amende administrative, à Nyrstar mais aussi, le cas échéant, aux administrateurs personnes physiques, et la FSMA a aussi décidé d'informer le procureur du Roi de ces griefs pouva...

Le comité de direction de la FSMA, l'autorité de contrôle des marchés, a décidé ce vendredi d'engager une procédure à l'encontre de Nyrstar soupçonné d'abus de marché. Cette procédure peut aboutir, pour ce qui concerne directement la FSMA, à imposer une amende administrative, à Nyrstar mais aussi, le cas échéant, aux administrateurs personnes physiques, et la FSMA a aussi décidé d'informer le procureur du Roi de ces griefs pouvant mener à une condamnation pénale.Plus précisément, le gendarme des marchés a retenu quatre griefs à l'encontre du management du groupe, dont trois qui relèveraient de la manipulation de marché dans ses communications à l'automne 2018.A ce moment, le groupe se dit victime de la conjoncture : les marges s'évanouissent et les difficultés à répétition de sa fonderie australienne, à Port Pirie, aggravent encore le problème.Le management reste toutefois positif jusqu'à l'automne 2018. Mais la réaction du marché à la publication des résultats de fin octobre 2018 est extrêmement négative. Et la solvabilité du groupe est en péril. Nyrstar demande alors à Morgan Stanley de l'aider à renforcer son bilan. Trafigura, qui est non seulement l'actionnaire le plus important de Nyrstar avec 24,4% du capital mais aussi un de ses principaux clients et fournisseurs, monte au créneau. Il augmente fin de l'année 2018 une ancienne ligne de crédit consentie au groupe belge en la faisant passer de 250 à 650 millions de dollars et prenant en gage les meilleurs actifs de Nyrstar. Cela ne suffit pas et, finalement, un communiqué du 15 avril 2019 apprend aux actionnaires stupéfaits qu'en signant avec Trafigura un "lock-up agreement", Nyrstar a transféré ses actifs dans une nouvelle société de droit britannique, contrôlée à 98% par Trafigura et 2% par l'ancienne Nyrstar. Les actionnaires autres que Trafigura n'ont pratiquement plus rien. Les actionnaires contestent depuis cette opération, et contestent aussi que le management ait bien défendu les intérêts du groupe lors de ses accords de refinancement conclu avec Trafigura.Visiblement, la FSMA a également des doutes sur la bonne information du marché lors de ce moment critique.