S'ouvrir à un nouveau modèle et amener les jeunes à voyager, telle est la volonté de l'Institut wallon de formation en alternance des indépendants et petites et moyennes entreprises (IFAPME) et l'agence flamande pour l'entrepreneuriat Syntra Vlaanderen qui viennent de signer une convention visant à faciliter la formation en alternance de part et d'autre de la frontière linguistique belge.

L'alternance combine une période d'apprentissage à l'école ou dans un centre de formation agréé avec des périodes en entreprise. Il sera désormais possible de suivre les cours dans un centre francophone et d'effectuer son stage dans une entreprise néerlandophone, sous une convention rédigée en néerlandais. A l'issue du programme, l'apprenant en alternance sera diplômé de l'institut où il a suivi la partie théorique. En pratique, l'apprenant doit s'inscrire dans une formation dispensée dans les deux Régions et trouver une entreprise agréée par l'IFAPME ou Syntra Vlaanderen.

Aucun prérequis linguistique n'est demandé à l'entame du parcours. L'accent est d'abord mis sur les compétences techniques. " C'est évidemment plus simple lorsque l'on a un bagage minimum mais nous sommes convaincus qu'apprendre par pratique, sur le terrain, reste le meilleur moyen pour connaître une langue ", explique Nicole Roland, administratrice générale de l'IFAPME.

Outre le développement des compétences linguistiques, les échanges vont favoriser la comparaison des modes de fonctionnement des entreprises.

Outre le développement des compétences linguistiques, les échanges vont favoriser la comparaison des modes de fonctionnement des entreprises. " Cela va permettre la reconnaissance des compétences acquises par les apprenants et ainsi permettre une réelle mobilité des jeunes et l'établissement de passerelles possibles entre les parcours de formation ", précise-t-on du côté de l'institut wallon.

A l'heure actuelle, il n'y a pas d'objectifs en termes de participation. " Il s'agit, par cette signature, de poser un cadre. Nous verrons pour le nombre de candidats intéressés ", tempère Nicole Roland.

Des échanges existent pourtant déjà. Ainsi, parmi les inscrits à l'institut wallon de formation, 104 viennent de la Communauté germanophone, 203 de Bruxelles et 173 de la Région flamande. Mais à l'inverse de ce que prévoit la nouvelle convention, ceux-ci reçoivent une formation unilingue.

Un échange déjà en marche

Ces échanges concernent tous les secteurs d'activités et cela sur l'ensemble du territoire, avec un accent placé toutefois sur les régions frontalières. La Flandre connaît en effet une pénurie de main-d'oeuvre avec un taux d'emploi vacant qui s'élève à 3,8%. Un besoin d'autant plus marqué dans les zones proches de la Wallonie. Un accord entre le Forem et le VDAB avait déjà été conclu en vue d'endiguer l'augmentation des postes vacants dans cette partie du nord du pays. Une campagne similaire avait été lancée par Actiris pour encourager les demandeurs d'emploi francophones à postuler dans l'autre région linguistique. En 2018, on comptait déjà 51.000 Wallons travaillant en Flandre. Un nombre en constante évolution ces dernières années.

Confronter les modèles

En Wallonie, l'IFAPME recense près de 5.000 apprenants, entre 15 et 25 ans. " C'est un modèle qui fonctionne très bien dans le reste de l'Europe, souligne Nicole Roland. Nous devons le mettre en avant en Belgique. " La formation en alternance se trouve au coeur de la déclaration de politique régionale wallonne. " Le gouvernement lancera des Etats généraux de l'alternance, visant à poser un diagnostic commun à l'ensemble des acteurs sur les freins à l'essor de ces filières et sur les leviers à mobiliser ", peut-on lire dans le texte. L'accent sera mis sur les métiers en pénurie et sur les secteurs d'avenir. Les échanges prévus par cette convention permettront en outre de confronter les modèles de formation.

Par Tom Guillaume.