Dédiée à la transformation de notre société vers un mode de développement soutenable, la Fondation pour les générations futures a été créée en 1998. Elle entend impliquer de nombreux acteurs - partenaires, mécènes, donateurs - dans sa démarche afin de transmettre un monde habitable à nos enfants.
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Dédiée à la transformation de notre société vers un mode de développement soutenable, la Fondation pour les générations futures a été créée en 1998. Elle entend impliquer de nombreux acteurs - partenaires, mécènes, donateurs - dans sa démarche afin de transmettre un monde habitable à nos enfants. Pour atteindre cet objectif, elle propose d'adopter une vision à 360 ° conjuguant simultanément quatre dimensions : sociale, environnementale, économique et participative. Comme le précise son directeur Baudouin Derenne, " ce sont les quatre P : People pour la responsabilité sociale et éthique, Planet pour l'impact sur l'environnement et le cadre de vie, Prosperity pour l'approche en coût global et la viabilité économique sur le long terme, et Participation pour la prise en compte des aspirations des parties concernées ". La fondation d'utilité publique est pluraliste, indépendante et active dans les trois Régions du pays. " En tant que plateforme de philanthropie transformatrice, nous souhaitons inciter un maximum d'acteurs à intégrer cette démarche à 360 °, poursuit Baudouin Derenne. Dans nos actions, nous visons en priorité les étudiants et les jeunes chercheurs, les porteurs d'initiatives et les philanthropes. " Parmi ces actions, on peut pointer notamment le programme Hera (Higher Education & Research Award for Future Generations). Le prix décerné par ce programme soutient les étudiants et chercheurs qui intègrent une approche transversale propre à un développement soutenable dans leurs travaux. Depuis 2013, la cérémonie des prix est accueillie à tour de rôle par les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour cette sixième édition, c'est l'UMons qui a eu cet honneur début mai, lors d'un symposium où ont été présentés 17 travaux de recherche sur le thème " Transmettre un monde habitable aux générations futures : l'apport de la recherche ".A peine les lumières de la cérémonie se sont-elles éteintes que l'appel à candidatures 2019 a été lancé. Il concerne les thèses de doctorat ou mémoires de fin d'études qui adoptent cette vision systémique propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques dans un champ de recherche. Les étudiants et chercheurs peuvent poser leur candidature pour le Doctoral Thesis Award (7.500 euros) ou l'un des huit Master's Thesis Awards (2.500 euros chacun) dans le domaine de l'architecture, de la santé, du design et de l'ingénierie, de l'économie coopérative, de la finance responsable, de l'alimentation, de l'IT et de la démocratie délibérative. A côté du programme Hera, existe depuis deux ans le Fonds SE'nSE (Seed Equity & Sustainable Entrepreneurship Fund), initié par Pierre Mottet, président du conseil d'administration d'IBA. Lancé en 2016, ce fonds s'adresse à des entrepreneurs qui débute une entreprise ou un projet en Belgique ayant un impact positif élevé sur l'environnement et fonctionnant selon les principes du développement durable. L'appel à projets est national, a lieu en anglais et est ouvert jusqu'au 3 juillet. Selon la volonté de Pierre Mottet, ce fonds vise à offrir un financement intermédiaire entre les trois F ( family, friends and fools, la famille, les amis et les dupes) et des sources de financement plus conséquentes et pérennes. Pour que le fonds puisse soutenir un nombre croissant de nouveaux projets, le mécanisme d'investissement a été conçu de manière à ce que les projets aidés soient incités à rembourser rapidement les investissements, tout en leur laissant la possibilité de pouvoir en prolonger l'utilisation aussi longtemps qu'ils en ont besoin. Par ailleurs, SE'nSE n'a pas pour objectif de participer à la gestion des entreprises soutenues, reconnaissant la sensibilité des entrepreneurs-fondateurs à la dilution des droits de vote. Le fonds propose donc un financement en quasi-capital sous la forme prioritaire de prêts subordonnés convertibles. Pour cette édition, il est doté de 170.000 euros de capital d'amorçage destinés à six start-up. Pour Pierre Mottet, les dimensions économique, sociale et environnementale sont indissociables. " A une époque où l'on vit de plus en plus sur le crédit environnemental des générations futures, on ne peut pas continuer à rester les bras ballants : nous n'avons qu'une seule vie mais nous n'avons aussi qu'une seule planète pour la vivre, exposte-t-il. Je ne veux pas croire en un monde schizophrène. Un monde qu'on voudrait plein de promesses pour ses enfants quand on va les conduire à l'école le matin et qu'on détruirait pendant la journée pour maximiser le profit de ses actionnaires. Nous devons évoluer vers de nouveaux business models. C'est, entre autres, pour cette raison que j'ai voulu créer un fonds au sein de la Fondation pour les générations futures, en plaçant cette question de l'environnement et du développement durable au coeur de la démarche de création et de développement d'une entreprise ". Les neufs premiers lauréats du Fonds SE'nSE témoignent d'une diversité d'activités et de domaines qui soulignent le dynamisme de la créativité de ces jeunes entrepreneurs de plus en plus sensibles à la dimension durable de leurs projets. De ce point de vue, il paraît clair que la sensibilisation de ces deux à trois dernières décennies aux problématiques environnementales et sociétales percole au sein de la nouvelle génération. Celle-ci est clairement plus conscientisée par rapport aux enjeux écologiques (réchauffement climatique, chute de la biodiversité, etc.) que ne l'étaient les générations précédentes. Cette conscientisation se traduit dans les projets qui ont retenu l'attention du jury de SE'nSE. En 2016, quatre entreprises se sont partagé 100.000 euros : iFLUX propose une solution éprouvée et innovatrice d'analyse des écoulements des eaux souterraines afin de faciliter la dépollution des sols ; Little Food produit et assure la promotion des grillons comme substitut à la viande pour réduire l'empreinte environnementale ; Local Repair a développé une application permettant de dénicher des experts IT proches de chez soi pour des conseils en réparations ou le rachat de pièces détachées ; YouMeal a lancé un logiciel qui traduit les recettes des restaurants et collectivités en allergènes, valeurs nutritionnelles et impacts environnementaux. L'année dernière, ce sont cinq start-up qui ont été retenues : For Good a développé une application mobile et une plateforme en ligne qui aident les utilisateurs à adopter un mode de vie plus écologique en suivant et en influençant leurs comportements ; Shayp a mis au point une technologie intelligente capable de détecter les fuites et de réduire la consommation d'eau dans les habitations et les bâtiments non résidentiels ; Urban Forests crée des forêts denses, indigènes et aptes à s'autogérer en zones urbaines et périurbaines ; Washcot lave et loue des langes en coton grâce à un système de livraison et de collecte hebdomadaire ; Wijdelen facilite le partage des biens entre voisins, collègues ou organisations au moyen de la plateforme gratuite Peerby.be et la plateforme payante Peergroups.be. Les critères principaux pris en compte par le jury sont le niveau d'impact attendu sur l'environnement, le sérieux du business plan et de l'équipe, et last but not least, le fonctionnement durable de l'entreprise. Des critères qui devraient concerner de plus en plus de start-up dans les années à venir. Pour leur bénéfice et pour celui de la planète.