C'est la fin d'une belle histoire qui avait démarré à la fin des années 1960, quand le gaz naturel néerlandais avait remplacé le gaz de ville belge produit au départ du charbon. Le gaz naturel néerlandais provient d'un énorme gisement découvert en 1959 dans la province de Groningue. Il provoque depuis plus de 15 ans des tremblements de terre qui abîment les maisons et inquiètent la population. D'où la volonté du gouvernement de La Haye de fortement réduire la production : il préfère écorner les énormes recettes du gaz, qui s'élèvent à 12 milliards d'euros par an, que mécontent...

C'est la fin d'une belle histoire qui avait démarré à la fin des années 1960, quand le gaz naturel néerlandais avait remplacé le gaz de ville belge produit au départ du charbon. Le gaz naturel néerlandais provient d'un énorme gisement découvert en 1959 dans la province de Groningue. Il provoque depuis plus de 15 ans des tremblements de terre qui abîment les maisons et inquiètent la population. D'où la volonté du gouvernement de La Haye de fortement réduire la production : il préfère écorner les énormes recettes du gaz, qui s'élèvent à 12 milliards d'euros par an, que mécontenter la population. Les gestionnaires de réseau, comme Sibelga à Bruxelles, se préparent à sa disparition d'ici 2030. Un plan de reconversion des réseaux a été mis au point. Il reste à voir qui va prendre en charge la vérification des installations chez les clients. " Nous demandons aux pouvoirs publics un cadre légal et réglementaire ", commente Bérénice Crabs, secrétaire générale de Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseaux de gaz et d'électricité. Le travail d'adaptation concerne 1,6 million de branchements et 30 % du volume du gaz naturel batave distribué en Belgique, surtout à Bruxelles, en Flandre (Anvers et Limbourg) et un peu dans le Hainaut. Il est nécessaire car le gaz naturel qui va le remplacer n'a pas les mêmes caractéristiques. Le gaz néerlandais, appelé gaz L, contient 10 % d'azote et a un pouvoir calorifique moindre que les gaz naturels H qui s'y substitueront et qui proviendront notamment de Norvège ou du Qatar, livrés à un débit plus faible. L'adaptation concerne les réseaux de distribution et, un peu, les clients car il faudra vérifier les installations au-delà des compteurs. La facture totale reste à déterminer : le chiffre de 700 millions d'euros a été cité voici plus d'un an. " Nous n'avons pas de montant précis à fournir, il est encore trop tôt pour le fixer ", précise Bérénice Crabs. Qui payera ? Fluxys et les gestionnaires de réseaux prendront en charge l'adaptation de leurs installations et en répercuteront le coût sur les factures. Pour les clients, c'est moins clair, d'où la demande d'un cadre légal. " Les problèmes devraient être limités car les appareils doivent, depuis 1978, accepter les deux types de gaz naturel ", continue Bénérice Crabs. Seuls restent les appareils fort anciens ou ceux achetés à l'étranger. Synergrid plaide pour que les frais de contrôle et d'adaptation soient pris en charge par les clients, comme c'est le cas pour l'entretien obligatoire des chaudières. Les pouvoirs publics devront trancher. Le dossier est compliqué car le fédéral et les Régions sont concernés à divers niveaux par ces transformations. Synergrid espère négocier le dossier avec les autorités publiques avant 2018, lorsque la reconversion démarrera concrètement, selon un plan indicatif établi par cette fédération pour ses membres les gestionnaires les réseaux de gaz.