Ce 28 mars, la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) organise sa journée d'action annuelle contre le dumping social. Cette année, l'Union belge du transport (UBT) et la FGTB-Métal mèneront, elles aussi, des actions communes.

Pour cette édition 2022, le syndicat veut mettre l'accent sur la "conscientisation des travailleurs" dont l'entreprise a souvent recours à la sous-traitance et "qui ne se rendent pas compte que bon nombre de ces sous-traitants organisent le dumping social".

Selon la définition du dictionnaire Le Robert, le dumping social se traduit comme une "pratique visant à abaisser les coûts de production en abaissant le coût de la main-d'oeuvre". Ce que le syndicat qualifie de "vrai cancer dans bon nombre de secteurs. Aussi bien dans le secteur du métal que dans le secteur du transport, les entreprises utilisent des travailleurs au rabais en mettant sur pied toutes sortes de montages comme les boîtes à lettres ou encore la sous-traitance".

Le syndicat déplore que malgré les efforts des services d'inspection, les contrôles et les condamnations, les infractions "restent monnaie courante". Tom Peeters, adjoint au secrétaire fédéral de l'UBT, nous en dit plus sur cette journée de mobilisation.

Quel(s) type(s) d'action allez-vous organiser pendant cette journée ?

"Nous allons distribuer plusieurs centaines de tracts sur le zoning d'entreprise De Hulst à Willebroek de 8h à 10h du matin. Beaucoup de chauffeurs passent par ici pour aller au travail. Notre but est de les sensibiliser sur la chaine de sous-traitants des entreprises qui organisent le dumping social et sur les fraudes qui en découlent."

Quel(s) problème(s) y a-t-il en particulier dans le secteur du transport ?

"Les chauffeurs de camion sont mal payés et les conditions de travail sont très pénibles. Les grandes sociétés de type Nike, Amazon ou Zalando demandent des transports à bas prix. Et le seul moyen de répondre à cette demande est de tomber dans l'illégalité et la fraude. A titre d'exemple, la semaine passée, une inspection a été annoncée en Belgique sur le secteur du transport. 33% des sociétés étaient en fraude, soit une sur trois. Et il n'y a pas que le marché international qui est touché, mais aussi de plus en plus au niveau local. S'il y a aujourd'hui un manque de chauffeurs en Europe, c'est justement parce que ce travail est mal payé, et que les prix sont poussés toujours plus vers le bas. Les multinationales doivent respecter les tarifs et offrir des paies décentes. "

Qu'attendez-vous des pouvoirs politiques aujourd'hui ?

"Nous dénonçons depuis des années le manque d'inspections pour pouvoir s'attaquer effectivement au dumping social, et par extension à la fraude fiscale et sociale. Tant que le dumping social, la fraude et l'exploitation des travailleurs ne seront pas éradiqués, les pouvoirs publics devront engager des inspecteurs sur une base permanente. Nous avons un gouvernement belge de compromis qui ne veut pas toucher au marché libérale. D'autres secteurs sont aussi très touchés, comme le bâtiment. C'est un combat long et difficile."

Propos recueillis par Aurore Dessaigne

Ce 28 mars, la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) organise sa journée d'action annuelle contre le dumping social. Cette année, l'Union belge du transport (UBT) et la FGTB-Métal mèneront, elles aussi, des actions communes. Pour cette édition 2022, le syndicat veut mettre l'accent sur la "conscientisation des travailleurs" dont l'entreprise a souvent recours à la sous-traitance et "qui ne se rendent pas compte que bon nombre de ces sous-traitants organisent le dumping social". Selon la définition du dictionnaire Le Robert, le dumping social se traduit comme une "pratique visant à abaisser les coûts de production en abaissant le coût de la main-d'oeuvre". Ce que le syndicat qualifie de "vrai cancer dans bon nombre de secteurs. Aussi bien dans le secteur du métal que dans le secteur du transport, les entreprises utilisent des travailleurs au rabais en mettant sur pied toutes sortes de montages comme les boîtes à lettres ou encore la sous-traitance". Le syndicat déplore que malgré les efforts des services d'inspection, les contrôles et les condamnations, les infractions "restent monnaie courante". Tom Peeters, adjoint au secrétaire fédéral de l'UBT, nous en dit plus sur cette journée de mobilisation."Nous allons distribuer plusieurs centaines de tracts sur le zoning d'entreprise De Hulst à Willebroek de 8h à 10h du matin. Beaucoup de chauffeurs passent par ici pour aller au travail. Notre but est de les sensibiliser sur la chaine de sous-traitants des entreprises qui organisent le dumping social et sur les fraudes qui en découlent.""Les chauffeurs de camion sont mal payés et les conditions de travail sont très pénibles. Les grandes sociétés de type Nike, Amazon ou Zalando demandent des transports à bas prix. Et le seul moyen de répondre à cette demande est de tomber dans l'illégalité et la fraude. A titre d'exemple, la semaine passée, une inspection a été annoncée en Belgique sur le secteur du transport. 33% des sociétés étaient en fraude, soit une sur trois. Et il n'y a pas que le marché international qui est touché, mais aussi de plus en plus au niveau local. S'il y a aujourd'hui un manque de chauffeurs en Europe, c'est justement parce que ce travail est mal payé, et que les prix sont poussés toujours plus vers le bas. Les multinationales doivent respecter les tarifs et offrir des paies décentes. ""Nous dénonçons depuis des années le manque d'inspections pour pouvoir s'attaquer effectivement au dumping social, et par extension à la fraude fiscale et sociale. Tant que le dumping social, la fraude et l'exploitation des travailleurs ne seront pas éradiqués, les pouvoirs publics devront engager des inspecteurs sur une base permanente. Nous avons un gouvernement belge de compromis qui ne veut pas toucher au marché libérale. D'autres secteurs sont aussi très touchés, comme le bâtiment. C'est un combat long et difficile."Propos recueillis par Aurore Dessaigne