Malgré la crise sanitaire, la série de bons chiffres se poursuit pour nos banques. Après Belfius, ING et KBC (BNP Paribas Fortis dévoile ses comptes ce 3 septembre, Ndlr), c'est au tour d'Argenta de publier d'excellents résultats pour le premier semestre. Entre début janvier et fin juin, la banque anversoise a en effet réussi à dégager un bénéfice net de 143 millions d'euros, contre 94 millions sur la même période un an plus tôt. Une excellente performance qui s'explique notamment par "une forte hausse du nombre de crédits logement", souligne Argenta.

Ainsi, pour expliquer son bénéfice record de 406 millions au terme de ce premier semestre, Belfius avance également la forte activité sur le segment immobilier. Entre début janvier et fin juin, le groupe dirigé par Marc Raisière a produit 30% de crédits hypothécaires en plus. La progression se monte même à 40% de prêts hypothécaires supplémentaires chez ING Belgique, qui termine pour sa part ces six premiers mois de 2021 sur un bénéfice avant impôts de 349 millions d'euros, contre seulement 26 millions en 2020.

C'est clair, "le secteur bancaire bénéficie de la forte reprise de l'activité économique avec un effet de rattrapage important par rapport à 2020, indique Bernard Keppenne, économiste en chef chez CBC. Il profite aussi de la bonne tenue du marché immobilier et d'un intérêt accru des épargnants pour la Bourse. Les entreprises sont également demandeuses de nouveaux crédits suite à la reprise. Et il y a enfin le fait que les banques ont été très prudentes et ont engrangé d'énormes provisions pour faire face aux éventuels crédits défaillants des entreprises et des ménages touchés par la pandémie. Des provisions qu'elles peuvent aujourd'hui en partie reprendre."

Certaines prévisions se révèlent aujourd'hui trop pessimistes." - Bernard Keppenne (CBC)

Prudence

Autre bonne nouvelle: les principales banques du pays ne sont pas les seules à être en forme. Leurs clients corporate ne se portent pas moins bien. Il n'est qu'à voir les chiffres enregistrés fin juin par les poids lourds de la Bourse de Bruxelles. Les sociétés qui font partie du Bel 20 ont vu en moyenne leur bénéfice net augmenter de plus de 80% au cours du deuxième trimestre par rapport à la même période un an plus tôt. "Comme les banques, ces grosses sociétés cotées bénéficient de l'effet de rattrapage, note Bernard Keppenne. Comme les banques aussi, il s'agit d'entreprises qui n'ont pas été impactées durablement par le covid, contrairement au secteur de l'horeca, de l'événementiel ou encore de la culture. La photo ne correspond donc pas tout à fait à la réalité du tissu économique. Le reflet n'est que partiel."

Prudence, donc. "Certes, l'impact de la crise a été moins dur que prévu, ajoute Bernard Keppenne. Il faut reconnaître que certaines prévisions se révèlent aujourd'hui trop pessimistes. On n'assiste pas à la vague de faillites annoncée. Du moins pour le moment. Car il n'est pas impossible que l'impact de la fin du 'quoi qu'il en coûte', c'est-à-dire la fin des mesures de soutien, se manifeste malgré tout dans les prochains mois", conclut l'économiste de CBC.

Sébastien Buron

Malgré la crise sanitaire, la série de bons chiffres se poursuit pour nos banques. Après Belfius, ING et KBC (BNP Paribas Fortis dévoile ses comptes ce 3 septembre, Ndlr), c'est au tour d'Argenta de publier d'excellents résultats pour le premier semestre. Entre début janvier et fin juin, la banque anversoise a en effet réussi à dégager un bénéfice net de 143 millions d'euros, contre 94 millions sur la même période un an plus tôt. Une excellente performance qui s'explique notamment par "une forte hausse du nombre de crédits logement", souligne Argenta.Ainsi, pour expliquer son bénéfice record de 406 millions au terme de ce premier semestre, Belfius avance également la forte activité sur le segment immobilier. Entre début janvier et fin juin, le groupe dirigé par Marc Raisière a produit 30% de crédits hypothécaires en plus. La progression se monte même à 40% de prêts hypothécaires supplémentaires chez ING Belgique, qui termine pour sa part ces six premiers mois de 2021 sur un bénéfice avant impôts de 349 millions d'euros, contre seulement 26 millions en 2020.C'est clair, "le secteur bancaire bénéficie de la forte reprise de l'activité économique avec un effet de rattrapage important par rapport à 2020, indique Bernard Keppenne, économiste en chef chez CBC. Il profite aussi de la bonne tenue du marché immobilier et d'un intérêt accru des épargnants pour la Bourse. Les entreprises sont également demandeuses de nouveaux crédits suite à la reprise. Et il y a enfin le fait que les banques ont été très prudentes et ont engrangé d'énormes provisions pour faire face aux éventuels crédits défaillants des entreprises et des ménages touchés par la pandémie. Des provisions qu'elles peuvent aujourd'hui en partie reprendre."PrudenceAutre bonne nouvelle: les principales banques du pays ne sont pas les seules à être en forme. Leurs clients corporate ne se portent pas moins bien. Il n'est qu'à voir les chiffres enregistrés fin juin par les poids lourds de la Bourse de Bruxelles. Les sociétés qui font partie du Bel 20 ont vu en moyenne leur bénéfice net augmenter de plus de 80% au cours du deuxième trimestre par rapport à la même période un an plus tôt. "Comme les banques, ces grosses sociétés cotées bénéficient de l'effet de rattrapage, note Bernard Keppenne. Comme les banques aussi, il s'agit d'entreprises qui n'ont pas été impactées durablement par le covid, contrairement au secteur de l'horeca, de l'événementiel ou encore de la culture. La photo ne correspond donc pas tout à fait à la réalité du tissu économique. Le reflet n'est que partiel."Prudence, donc. "Certes, l'impact de la crise a été moins dur que prévu, ajoute Bernard Keppenne. Il faut reconnaître que certaines prévisions se révèlent aujourd'hui trop pessimistes. On n'assiste pas à la vague de faillites annoncée. Du moins pour le moment. Car il n'est pas impossible que l'impact de la fin du 'quoi qu'il en coûte', c'est-à-dire la fin des mesures de soutien, se manifeste malgré tout dans les prochains mois", conclut l'économiste de CBC.Sébastien Buron