"La Commission a interdit la concentration parce que les entreprises n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés", a déclaré Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a ajouté la Danoise. Cette décision était largement attendue. Grillant la politesse à l'exécutif européen, le ministre français des Finances Bruno le Maire a confirmé mercredi matin ce que tout le monde supputait. "Je crois que les jeux sont faits", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une "erreur économique" qui "va servir les intérêts" de la Chine.

Mme Vestager s'était inquiétée à maintes reprises des effets du rapprochement Siemens/Alstom. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d'un droit de veto sur les grands projets de fusion, n'en a pas souvent fait usage. En près de trente ans, plus de 6.000 fusions ont été approuvées et moins d'une trentaine ont été bloquées.

Chacun de son côté

Mme Vestager, autrefois encensée par le président français Emmanuel Macron pour son intransigeance vis-à-vis des GAFA, est devenue avec le dossier Alstom-Siemens la cible d'attaques plus ou moins directes de Paris et Berlin. Les deux capitales, comme les industriels, craignent la concurrence du chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire né du rapprochement de deux entreprises d'Etat contrôlées par Pékin.

CRRC fabrique 200 trains à grande vitesse chaque année, et Siemens-Alstom 35, notait récemment Bruno Le Maire. Les deux groupes, français et allemand, avaient tenté d'amadouer la Commission européenne en proposant de vendre certaines activités. Mais les cessions d'actifs envisagées, correspondant à 4% du chiffre d'affaires cumulé des deux entités, n'ont pas convaincu.

Alstom et Siemens Mobility repartiront "chacun de leur côté" en cas d'entrave à leur rapprochement, a indiqué le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, au quotidien français Le Figaro mercredi. Siemens, de son côté, a laissé entendre qu'en cas de refus, il n'excluait pas une introduction en Bourse de sa rentable branche Mobility. Siemens et Alstom sont des leaders mondiaux du secteur du transport ferroviaire. Les deux entreprises possèdent un vaste éventail de produits et sont en concurrence dans le cadre de marchés concernant la fabrication et la fourniture de matériel roulant pour des lignes à grande vitesse, des lignes principales et des lignes urbaines, mais aussi de solutions de signalisation pour certaines de ces lignes.

"La Commission a interdit la concentration parce que les entreprises n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés", a déclaré Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a ajouté la Danoise. Cette décision était largement attendue. Grillant la politesse à l'exécutif européen, le ministre français des Finances Bruno le Maire a confirmé mercredi matin ce que tout le monde supputait. "Je crois que les jeux sont faits", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une "erreur économique" qui "va servir les intérêts" de la Chine. Mme Vestager s'était inquiétée à maintes reprises des effets du rapprochement Siemens/Alstom. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs. La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d'un droit de veto sur les grands projets de fusion, n'en a pas souvent fait usage. En près de trente ans, plus de 6.000 fusions ont été approuvées et moins d'une trentaine ont été bloquées. Chacun de son côtéMme Vestager, autrefois encensée par le président français Emmanuel Macron pour son intransigeance vis-à-vis des GAFA, est devenue avec le dossier Alstom-Siemens la cible d'attaques plus ou moins directes de Paris et Berlin. Les deux capitales, comme les industriels, craignent la concurrence du chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire né du rapprochement de deux entreprises d'Etat contrôlées par Pékin. CRRC fabrique 200 trains à grande vitesse chaque année, et Siemens-Alstom 35, notait récemment Bruno Le Maire. Les deux groupes, français et allemand, avaient tenté d'amadouer la Commission européenne en proposant de vendre certaines activités. Mais les cessions d'actifs envisagées, correspondant à 4% du chiffre d'affaires cumulé des deux entités, n'ont pas convaincu. Alstom et Siemens Mobility repartiront "chacun de leur côté" en cas d'entrave à leur rapprochement, a indiqué le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, au quotidien français Le Figaro mercredi. Siemens, de son côté, a laissé entendre qu'en cas de refus, il n'excluait pas une introduction en Bourse de sa rentable branche Mobility. Siemens et Alstom sont des leaders mondiaux du secteur du transport ferroviaire. Les deux entreprises possèdent un vaste éventail de produits et sont en concurrence dans le cadre de marchés concernant la fabrication et la fourniture de matériel roulant pour des lignes à grande vitesse, des lignes principales et des lignes urbaines, mais aussi de solutions de signalisation pour certaines de ces lignes.