L'exécutif européen craint que la concentration ne réduise la concurrence sur le marché de la fourniture de différents aciers haut de gamme et contribue à en augmenter les prix, a expliqué la commissaire Margrethe Vestager. "Les parties n'ont pas proposé de mesures correctives adéquates pour répondre à ces préoccupations", a-t-elle constaté. Tata Steel et ThyssenKrupp sont de grands producteurs intégrés d'acier plat au carbone et d'acier magnétique, dotés de sites de production importants dans l'Espace économique européen (EEE), en particulier en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

En fusionnant leurs activités en Europe, les deux groupes auraient constitué le deuxième conglomérat européen dans la production d'acier à revêtement métallique et laminé destiné à des applications d'emballage, ainsi que d'acier plat au carbone galvanisé destiné à l'industrie automobile. La Commission avait ouvert une enquête approfondie l'an dernier. Quelques mois plus tard, le groupe allemand avait lui-même annoncé que ni lui ni Tata Steel ne s'attendaient plus à ce que la Commission européenne autorise leur projet et avait renoncé à scinder le conglomérat en deux entités distinctes. Il est rare que la Commission bloque un projet de fusion.

Ces dix dernières années, elle en a approuvé plus de 3.000 - dont, pour le secteur sidérurgique, la reprise d'Ilva par ArcelorMittal - tandis qu'elle n'en rejetait que dix. En mai, Thyssenkrupp a annoncé qu'il supprimerait 6.000 emplois dans le monde, dont près de 4.000 en Allemagne, après l'échec de la fusion de ses activités de sidérurgie en Europe avec l'indien Tata.