La 68e édition de la Brafa est en quelque sorte celle du retour à la normale après une édition 2021 annulée à cause du covid et celle de 2022 qui avait été déplacée au mois de juin. Mais la Brafa, c'est aussi l'une des plus anciennes - la première édition a eu lieu en 1956 - et l'une des plus prestigieuses foires d'art au monde. L'occasion de faire le point avec sa directrice, Beatrix Bourdon, sur les enjeux et les attentes de cette foire conviviale et éclectique.

Cette année, cela sera un retour à la normale pour la Brafa après la crise sanitaire. Quelles sont vos attentes en nombre d'exposants et de visiteurs ?

Nous sommes très heureux de revenir à nos dates habituelles, durant le mois de janvier. Durant l'édition de juin 2022, nous nous sommes rendu compte qu'il y avait une demande importante pendant l'été : d'autres foires organisées à des dates similaires, les vacances tant des exposants que des visiteurs... Nous sommes donc très heureux de revenir en janvier. Nous attendons environ 60.000 visiteurs et 130 exposants. Nos exposants nous sont fidèles année après année. Ils viennent d'une quinzaine de pays différents, surtout européens. Quant aux visiteurs de la foire, 30% environ viennent de l'étranger. Il faut dire que, comparé à d'autres foires, les coûts sont moindres ici.

En 2023, la ville de Bruxelles célèbre l'Art nouveau. L'Art nouveau est donc le thème que nous avons pris pour cette 68e édition : on le retrouve dans la déco de la foire. Nous avons aussi plusieurs exposants qui sont spécialisés dans ce courant artistique.

Quels sont les critères de sélection des exposants ?

La qualité d'abord, la spécialité ensuite, car nous sommes une foire éclectique, et nous recherchons à avoir un bon équilibre entre les exposants. Après il y a d'autres critères : d'où ils viennent, d'un pays que nous voulons promouvoir, sont-ils actifs sur d'autres foires, galeries, etc.

Cette année-ci, nous avons un peu plus de design point de vue mobilier et du plus ancien. Cela se rééquilibre, c'est éclectique et c'est bien. Ainsi, les spécialités de chacun ressortent, elles sont plus mises en valeur et c'est mieux aussi pour les visiteurs qui s'y retrouvent davantage.

Après des années à Tour et Taxis, la foire a changé de lieu l'an passé. Qu'est-ce qui a motivé ce déménagement ?

C'est un changement de stratégie. A Tour et Taxis, tout était dans les bâtiments, l'accès en métro n'est pas aisé et on manquait de places de parking. Là au Heysel, nous disposons du parking C avec une station de métro juste devant la porte.

Nous avons été heureux de nos années à Tour et Taxis, mais les palais du Heysel sont vraiment faits pour les expositions, rien que déjà en termes de chargements, déchargements et montages. Sans oublier le côté emblématique du plateau du Heysel, héritage des expositions universelles de Bruxelles de 1935 et 1958. Nous avons aussi eu l'occasion de nous agrandir, passant de 16.000 m² à 20.000 m². On peut toujours envisager de s'agrandir encore. C'est très aéré, cela donne une nouvelle énergie à la foire, car on a dû tout revoir et se remettre en question, ce qui est très bien.

Fabrice Debatty
© Fabrice Debatty

En quoi la Brafa se différencie-t-elle des autres foires européennes d'art ?

C'est la 68e édition et on essaye de s'améliorer d'année en année, tout en gardant notre ADN. La Brafa est une foire de qualité, éclectique, très conviviale et à taille humaine. Elle a une belle dimension et propose beaucoup de choix à ses visiteurs.

La Brafa, c'est un peu comme une grande famille, nous sommes heureux de tous nous revoir, c'est un moment important. De plus, les exposants étrangers aiment notre public, qui est très agréable et intéressant, tout en étant également connaisseur.

Vous avez accueilli, par le passé, la vente de dessins de Tintin issus de l'album Le Crabe aux pinces d'or. Seriez-vous en faveur de vente de NFT ?

C'était dans les premières années où la BD était présente. Pour les NFT, c'est possible un jour, mais ce n'est pas prévu cette année et je ne pourrais pas donner de date, cela dépendra de l'évolution du marché. On est ouvert, mais aujourd'hui la question ne s'est pas encore posée. Par contre nous accueillons des conférences dont une sera sur ce sujet. Un panel de discussions présentera les aspects financiers du monde de l'art, en abordant les nouvelles technologies telles que le web ou les NFT,...

Le marché de l'art a-t-il retrouvé tout son dynamisme?

Quand on voit tout ce qui s'organise aujourd'hui, je pense que oui. Il y a beaucoup d'événements et de foires qui sont organisés dans ce domaine, c'est une énergie très positive et tout le monde est enthousiaste.

Nous avons une foire très conviviale, où les visiteurs aiment venir pour le plaisir, même si certains n'achèteront pas.

L'art est-il une valeur refuge en ces temps de crise?

Oui. Comme l'or dans les banques, ou l'immobilier. C'est une valeur refuge, mais dont on peut profiter, car, en général, l'oeuvre n'est pas enfermée au fond d'un coffre dans une banque, mais accrochée au mur ou exposée.

Il y a beaucoup de collectionneurs en Belgique, mais ils sont très discrets.

Le profil des visiteurs et des "consommateurs" d'art évolue-t-il?

Notre public se compose de collectionneurs, de vrais amateurs d'art, ceux qui viennent pour le plaisir aussi, de personnes qui découvrent l'art et reviennent.

En 2009, la "Foire des Antiquaires de Belgique" est devenue la Brafa, et ce changement de nom ainsi que l'ouverture à l'art contemporain a permis de découvrir et d'attirer un tout nouveau public qui revient année après année.

Quelle est la somme déboursée en moyenne par les acheteurs lors de la foire?

C'est impossible à dire. Les prix des oeuvres exposées commencent à environ mille euros et grimpent jusqu'à beaucoup plus. Il y en a pour tous les portefeuilles, ce n'est pas une foire distante de son public. Tout le monde peut s'y faire plaisir et y trouver quelque chose.

La 68e édition de la Brafa est en quelque sorte celle du retour à la normale après une édition 2021 annulée à cause du covid et celle de 2022 qui avait été déplacée au mois de juin. Mais la Brafa, c'est aussi l'une des plus anciennes - la première édition a eu lieu en 1956 - et l'une des plus prestigieuses foires d'art au monde. L'occasion de faire le point avec sa directrice, Beatrix Bourdon, sur les enjeux et les attentes de cette foire conviviale et éclectique.Cette année, cela sera un retour à la normale pour la Brafa après la crise sanitaire. Quelles sont vos attentes en nombre d'exposants et de visiteurs ?Nous sommes très heureux de revenir à nos dates habituelles, durant le mois de janvier. Durant l'édition de juin 2022, nous nous sommes rendu compte qu'il y avait une demande importante pendant l'été : d'autres foires organisées à des dates similaires, les vacances tant des exposants que des visiteurs... Nous sommes donc très heureux de revenir en janvier. Nous attendons environ 60.000 visiteurs et 130 exposants. Nos exposants nous sont fidèles année après année. Ils viennent d'une quinzaine de pays différents, surtout européens. Quant aux visiteurs de la foire, 30% environ viennent de l'étranger. Il faut dire que, comparé à d'autres foires, les coûts sont moindres ici.En 2023, la ville de Bruxelles célèbre l'Art nouveau. L'Art nouveau est donc le thème que nous avons pris pour cette 68e édition : on le retrouve dans la déco de la foire. Nous avons aussi plusieurs exposants qui sont spécialisés dans ce courant artistique.Quels sont les critères de sélection des exposants ? La qualité d'abord, la spécialité ensuite, car nous sommes une foire éclectique, et nous recherchons à avoir un bon équilibre entre les exposants. Après il y a d'autres critères : d'où ils viennent, d'un pays que nous voulons promouvoir, sont-ils actifs sur d'autres foires, galeries, etc.Cette année-ci, nous avons un peu plus de design point de vue mobilier et du plus ancien. Cela se rééquilibre, c'est éclectique et c'est bien. Ainsi, les spécialités de chacun ressortent, elles sont plus mises en valeur et c'est mieux aussi pour les visiteurs qui s'y retrouvent davantage. Après des années à Tour et Taxis, la foire a changé de lieu l'an passé. Qu'est-ce qui a motivé ce déménagement ?C'est un changement de stratégie. A Tour et Taxis, tout était dans les bâtiments, l'accès en métro n'est pas aisé et on manquait de places de parking. Là au Heysel, nous disposons du parking C avec une station de métro juste devant la porte.Nous avons été heureux de nos années à Tour et Taxis, mais les palais du Heysel sont vraiment faits pour les expositions, rien que déjà en termes de chargements, déchargements et montages. Sans oublier le côté emblématique du plateau du Heysel, héritage des expositions universelles de Bruxelles de 1935 et 1958. Nous avons aussi eu l'occasion de nous agrandir, passant de 16.000 m² à 20.000 m². On peut toujours envisager de s'agrandir encore. C'est très aéré, cela donne une nouvelle énergie à la foire, car on a dû tout revoir et se remettre en question, ce qui est très bien. En quoi la Brafa se différencie-t-elle des autres foires européennes d'art ?C'est la 68e édition et on essaye de s'améliorer d'année en année, tout en gardant notre ADN. La Brafa est une foire de qualité, éclectique, très conviviale et à taille humaine. Elle a une belle dimension et propose beaucoup de choix à ses visiteurs.La Brafa, c'est un peu comme une grande famille, nous sommes heureux de tous nous revoir, c'est un moment important. De plus, les exposants étrangers aiment notre public, qui est très agréable et intéressant, tout en étant également connaisseur.Vous avez accueilli, par le passé, la vente de dessins de Tintin issus de l'album Le Crabe aux pinces d'or. Seriez-vous en faveur de vente de NFT ?C'était dans les premières années où la BD était présente. Pour les NFT, c'est possible un jour, mais ce n'est pas prévu cette année et je ne pourrais pas donner de date, cela dépendra de l'évolution du marché. On est ouvert, mais aujourd'hui la question ne s'est pas encore posée. Par contre nous accueillons des conférences dont une sera sur ce sujet. Un panel de discussions présentera les aspects financiers du monde de l'art, en abordant les nouvelles technologies telles que le web ou les NFT,... Le marché de l'art a-t-il retrouvé tout son dynamisme?Quand on voit tout ce qui s'organise aujourd'hui, je pense que oui. Il y a beaucoup d'événements et de foires qui sont organisés dans ce domaine, c'est une énergie très positive et tout le monde est enthousiaste.Nous avons une foire très conviviale, où les visiteurs aiment venir pour le plaisir, même si certains n'achèteront pas.L'art est-il une valeur refuge en ces temps de crise? Oui. Comme l'or dans les banques, ou l'immobilier. C'est une valeur refuge, mais dont on peut profiter, car, en général, l'oeuvre n'est pas enfermée au fond d'un coffre dans une banque, mais accrochée au mur ou exposée. Il y a beaucoup de collectionneurs en Belgique, mais ils sont très discrets.Le profil des visiteurs et des "consommateurs" d'art évolue-t-il?Notre public se compose de collectionneurs, de vrais amateurs d'art, ceux qui viennent pour le plaisir aussi, de personnes qui découvrent l'art et reviennent.En 2009, la "Foire des Antiquaires de Belgique" est devenue la Brafa, et ce changement de nom ainsi que l'ouverture à l'art contemporain a permis de découvrir et d'attirer un tout nouveau public qui revient année après année.Quelle est la somme déboursée en moyenne par les acheteurs lors de la foire?C'est impossible à dire. Les prix des oeuvres exposées commencent à environ mille euros et grimpent jusqu'à beaucoup plus. Il y en a pour tous les portefeuilles, ce n'est pas une foire distante de son public. Tout le monde peut s'y faire plaisir et y trouver quelque chose.