Une course de maîtrise en énergie

Organisé tous les deux ans, le Bridgestone World Solar Challenge est une course de 3.021 km un peu particulière qui parcourt l'Australie du nord au sud, de Darwin à Adélaïde : les véhicules sont électriques et doivent être mus par l'énergie solaire et l'énergie cinétique récupérée. Ils ne disposent, comme back-up, que de 10 % de l'énergie qui serait utilisée par un véhicule classique pour réaliser le même parcours. Pour espérer remporter cette course, ces véhicules doivent présenter des technologies de pointe en termes d'efficience, d'aérodynamisme et de panneaux solaires. La Belgique participera du 13 au 20 octobre pour la huitième fois à ce défi. Elle a d'ailleurs remporté deux des q...

Organisé tous les deux ans, le Bridgestone World Solar Challenge est une course de 3.021 km un peu particulière qui parcourt l'Australie du nord au sud, de Darwin à Adélaïde : les véhicules sont électriques et doivent être mus par l'énergie solaire et l'énergie cinétique récupérée. Ils ne disposent, comme back-up, que de 10 % de l'énergie qui serait utilisée par un véhicule classique pour réaliser le même parcours. Pour espérer remporter cette course, ces véhicules doivent présenter des technologies de pointe en termes d'efficience, d'aérodynamisme et de panneaux solaires. La Belgique participera du 13 au 20 octobre pour la huitième fois à ce défi. Elle a d'ailleurs remporté deux des quatre dernières éditions, en alternance avec leurs concurrents de l'université de Delft (Pays-Bas). Dix-neuf étudiants (16 garçons et 3 filles) en ingénierie de la KU Leuven ont planché pendant plus d'une année sur cette huitième voiture solaire belge : la BluePoint. L'équipe belge a été lancée en mai 2018. La mise au point de la voiture constitue un magnifique projet scientifique qui permet à chacun des étudiants de mettre ses connaissances et idées à profit. Mais aucun passe-droit : ils ont dû suivre les cours et passer les examens comme tout le monde. Evidemment, construire une telle voiture nécessite des partenariats. L'équipe est soutenue par la fédération belge de l'industrie technologique Agoria, qui en est le nouveau sponsor principal et lui a donc donné son nom : l'Agoria Solar Team. Pas moins de 32 membres d'Agoria ont mis leur technologie et expertise au service de l'équipe. Citons en vrac : Audi, Ford et Punch Powertrain pour les tests, Igus, Ima, Dejond ou 3M pour les pièces mécaniques, Heidenhain ou Honeywell pour l'électronique, CadCorner, Fujitsu, Siemens ou Etilux pour le design. D'une édition à l'autre, l'idée est évidemment de faire progresser le prototype belge. Nerf de la guerre, l'équipement solaire est au centre de toutes les attentions. Pour la première fois, l'Agoria Solar Team n'a pas acheté des panneaux tout faits à un fournisseur. L'équipe a construit les panneaux elle-même. " Cela nous a donné plus de liberté pour innover et plus de contrôle sur la production, explique Nelis Geurts, le responsable des panneaux au sein de l'équipe. Nous avons choisi les mêmes cellules solaires que celles qui équipent les satellites. Nous les avons installées une par une, les avons reliées entre elles et ajouté une couche de protection. Au total, l'équipement solairede la BluePoint coûte plus cher qu'une Lamborghini ! " Par rapport à la Punch2, la voiture belge classée troisième en 2017, les changements sont nombreux. Pour économiser l'énergie, les étudiants ont beaucoup travaillé sur la forme pour diminuer la résistance à l'air. La BluePoint est donc plus petite et plus étroite. A certains endroits, l'espace entre la carrosserie et les roues n'est que de quelques millimètres. A l'arrivée, selon les calculs des ingénieurs, la consommation totale de la voiture ne dépassera pas les sept litres de diesel ! Au volant, une femme : Inge Habets. " Je ne vais pas avoir beaucoup d'espace dans l'habitacle. Pour gagner de l'espace, la voiture a été conçue pour ma corpulence. Mes hanches et mes épaules rentrent tout juste ! "