Les gestionnaires du Polygon European Equity Opportunity Master Fund ont envoyé une lettre ouverte au conseil d'administration d'Orange Belgique. Ils écrivent en leur propre nom et au nom de plusieurs clients. Ensemble, ils détiennent 5,29 % de toutes les actions d'Orange Belgique.
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Les gestionnaires du Polygon European Equity Opportunity Master Fund ont envoyé une lettre ouverte au conseil d'administration d'Orange Belgique. Ils écrivent en leur propre nom et au nom de plusieurs clients. Ensemble, ils détiennent 5,29 % de toutes les actions d'Orange Belgique."Polygon est un investisseur d'Orange Belgique depuis 2015 et nous avons toujours soutenu la stratégie des directions précédente et actuelle d'ouvrir le marché belge à plus de concurrence dans le domaine de la télécom. Nous avons travaillé sans relâche pour arriver là où nous sommes aujourd'hui et l'avenir est prometteur", écrivent les gestionnaires dans leur lettre.Les actionnaires minoritaires décrivent l'offre de 22 euros par action comme "ridiculement basse" et comme "une tentative de profiter de la faiblesse du cours de l'action d'Orange Belgium provoquée par la Covid-19 et de la dislocation générale du marché". Polygon & co expliquent qu'Orange Belgium vaut entre 39,5 et 47,25 euros par action, et avancent une série d'arguments pour soutenir leurs propos. (Retrouvez la lettre entière ici)L'offre d'Orange rappelle celle que la société mère américaine Liberty Global a faite sur Telenet fin 2012. L'analyste Ruben Devos de KBC Securities remarque des similitudes et des différences. "Orange est un actionnaire largement majoritaire. Elle détient près de 53 % d'Orange Belgique. Liberty Global ne détenait que 50 % des actions au début de l'offre Telenet. Grâce à l'offre, ce pourcentage a pu monter à environ 56 %. En effet, des actionnaires ont offert leurs actions à Liberty à ce prix."Un actionnariat fragmentéSelon l'analyste, d'autres gestionnaires de fonds pourraient encore réagir : "Il est encore tôt." Mais il se demande également si l'actionnariat d'Orange Belgium n'est pas encore plus fragmenté que celui de Telenet en 2012. Boussard & Gavaudan Asset Management détiennent plus de 3 pour cent des actions, selon le site Internet d'Orange Belgium. Grâce au rapport de transparence publié au début de cette année, nous savons également que deux autres gestionnaires ont flirté avec le seuil des 3 pour cent : DWS Investment et Schroders. Pour l'instant, ils possèdent chacun moins de 3 pour cent des actions. Nous ne savons toutefois pas avec certitude s'ils sont toujours actionnaires, et encore moins quel est leur poids dans la société.Dans le cas de Telenet, certains grands actionnaires et administrateurs indépendants ont assez rapidement exprimé leur mécontentement à l'égard de l'offre de Liberty Global. Ruben Devos : "À l'époque, Telenet était en plein développement, avec un taux de croissance variant entre 5 et 10 pour cent par an. L'offre de 35 euros par action était trop faible par rapport aux perspectives d'avenir de la société, et ne représentait qu'une prime de 13 % par rapport au cours de clôture de la veille. Le secteur télécom a enregistré de mauvaises performances en bourse au cours des cinq dernières années. Ce phénomène peut s'expliquer en partie par la grande nécessité d'investissements futurs dans les réseaux 5G et à fibres optiques. Certes, Orange Belgique est l'un des rares acteurs sur ce marché, mais l'avenir de secteur télécom semble moins prometteur aujourd'hui qu'il y a huit ans". De plus, Orange Belgium ne dispose pas de son propre réseau fixe. Il doit le louer à Telenet ou Voo. Une nouvelle offre ?Liberty Global proposait 35 euros par action Telenet fin 2012, mais les administrateurs indépendants et les grands actionnaires un après l'autre ont estimé que c'était trop peu. Aujourd'hui, Telenet dépasse à peine l'offre d'il y a huit ans, en partie à cause de la crise sanitaire. "Beaucoup de dividendes ont été distribués ces dernières années. Les investisseurs qui ont réinvesti les dividendes de Telenet dans l'action ont réalisé un rendement moyen de 8 % par an au cours des huit dernières années. Ce n'est pas mauvais", commente Ruben Devos.La spéculation sur une nouvelle offre de Liberty Global pour Telenet s'est enflammée grâce à l'offre d'Orange Belgique. Il se pourrait bien que la société mère américaine veuille récupérer 100 % des cash-flows disponibles de Telenet. Ruben Devos estime que, dans les conditions actuelles du marché, un des scénarios suivants pourrait "très probablement" se produire : "Une monétisation partielle des mâts de téléphonie mobile, un rachat des actionnaires minoritaires par Liberty Global, une éventuelle reprise de VOO, ou une fusion avec Vodafone-Ziggo". Chacun de ces scénarios serait un catalyseur pour le cours boursier.