L'annonce d'un plan de restructuration, ce mardi matin, est sans doute une manière, pour le groupe Lufthansa, de faire pression sur l'Etat belge, qui tarde à accorder un soutien à sa filiale Brussels Airlines.
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L'annonce d'un plan de restructuration, ce mardi matin, est sans doute une manière, pour le groupe Lufthansa, de faire pression sur l'Etat belge, qui tarde à accorder un soutien à sa filiale Brussels Airlines.Cela fera bientôt deux mois que les discussions sont menées entre Brussels Airlines et le fédéral pour un soutien financier public. La compagnie demande 290 millions d'euros de crédit pour tenir le coup durant la crise et le lent redémarrage des vols à partir du 1er juin prochain.Presque deux mois d'attenteL'état belge préfère attendre que la maison mère de Brussels Airlines, le groupe Lufthansa, ait négocié un plan d'aide avec le gouvernement allemand avant de finaliser le dossier. D'autant que Carsten Spohr, CEO de Lufthansa, a joué avec l'idée de mettre le groupe en insolvabilité, préférant cela à une intervention des pouvoirs publics allemands dans l'administration du groupe. Cela pourrait créer des graves difficultés quant au sort de l'argent que l'Etat belge serait amené à fournir à Brussels Airlines. "Il me paraît prudent et logique de la part du gouvernement belge d'attendre" indique un expert et acteur du secteur.D'autre pays ont été plus rapides, comme la France, dont l'Etat a accordé une aide de 7 milliards d'euros à Air France. Ces discussions éclair tiennent à ce que l'Etat français était déjà actionnaire de la compagnie française. Ce qui n'est pas le cas de Brussels Airlines, où Lufthansa a acquis 100% des parts depuis 2017, et ne semble nullement avoir l'intention d'accepter une participation publique.Quelles conditions ?Le groupe Lufthansa négocie une aide de 9 milliards d'euros avec l'état allemand. Selon le Financial Times, la négociation tourne autour d'une participation publique de 25% au capital, où la direction de Lufthansa va chercher à limiter les interventions publiques dans la gestion du groupe. L'Etat belge préfère attendre de connaître les conditions de cet accord, notamment la possibilité d'utiliser une part de la somme pour soutenir Brussels Airlines.La Suisse a néanmoins accordé une aide à Swiss, une compagnie filiale du groupe Lufthansa, sans attendre d'être fixée sur le sort de la maison-mère. Swiss bénéficie d'un statut particulier, elle a habituellement une santé nettement meilleure que Brussels Airlines. Puis la Suisse est hors de l'Union européenne. "Dans le pire des cas, la Suisse peut encore nationaliser la compagnie" dit l'expert.