La Commission européenne vient de mettre un terme à cette pratique très répandue sur le marché de l'e-commerce, qui commençait à énerver les acheteurs en ligne. De nombreux sites bloquaient l'accès aux versions étrangères de leur plateforme d'achat, empêchant les consommateurs européens d'accéder à des tarifs plus intéressants ou à des promotions temporaires.

Un ticket de concert, un pantalon ou l'hébergement d'un site web peuvent afficher des tarifs différents en fonction de la version (belge, danoise, polonaise, italienne, etc.) du même site internet. Ce sera toujours le cas. Mais le commerçant ne pourra plus empêcher les internautes de comparer les prix et de faire leur marché librement. Si un célèbre parc d'attractions parisien propose des promotions sur la version française de son site internet, les consommateurs belges pourront eux aussi en profiter - ce qui n'était pas le cas avant l'interdiction du géo-blocage.

Autres nouveautés : les sites d'e-commerce ne pourront plus refuser des moyens de paiement étrangers, ni restreindre leur accès à certaines nationalités. Par contre, l'e-commerçant ne sera pas contraint de livrer ses produits dans tous les pays de l'Union.

La fin du géoblocage est assortie de deux restrictions importantes : ni le secteur du transport ni celui des oeuvres protégées par le droit d'auteur ne sont concernés. Cela signifie, par exemple, que les chaînes de télévision étrangères pourront continuer à bloquer l'accès à leurs contenus en ligne en dehors de leur territoire.

Cette nouvelle réglementation européenne s'inscrit dans une panoplie de mesures visant à promouvoir un marché unique européen de l'e-commerce. " La fin du géoblocage contribue à une saine concurrence au sein de l'Union européenne, estime Damien Jacob, consultant en e-commerce chez Retis. C'est un élément de nature à créer de la confiance dans le chef du consommateur, et qui devrait stimuler le commerce en ligne. "

63% des sites d'e-commerce bloquent l'accès aux versions étrangères de leur plateforme, d'après une enquête de la Commission européenne datant de 2015.