Le monde la nuit n'est plus que l'ombre de lui-même. Un trou noir où il n'y a plus de musique, plus de danse, ni de délires festifs. Les beats se sont arrêtés il y a 10 mois déjà et, contrairement à d'autres secteurs, les discothèques n'ont pas eu la chance éphémère de rouvrir leurs portes entre deux confinements.
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Le monde la nuit n'est plus que l'ombre de lui-même. Un trou noir où il n'y a plus de musique, plus de danse, ni de délires festifs. Les beats se sont arrêtés il y a 10 mois déjà et, contrairement à d'autres secteurs, les discothèques n'ont pas eu la chance éphémère de rouvrir leurs portes entre deux confinements. Certes, le vaccin incarne désormais une lueur d'espoir dans cette nuit bien sombre, mais les gestionnaires de la crise sanitaire ne laissent guère entrevoir la réouverture des temples de la dance avant plusieurs semaines, voire même plusieurs mois. Pour les patrons de boîtes de nuit, c'est un véritable drame et certains d'entre eux ont déjà enclenché une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). "Selon la taille des établissements, il faut compter entre 8.000 et 45.000 euros de coûts fixes incompressibles par mois, explique Lorenzo Serra, président de la Brussels by Night Federation, l'organisme qui représente les discothèques, bars de nuit et autres organisateurs de soirées en Région bruxelloise. Aujourd'hui, nous ne tablons pas sur une réouverture avant septembre, au minimum. Si on multiplie ces coûts fixes par le nombre de mois de fermeture, on parle de dettes qui, sur un an et demi, se chiffreront alors entre 150.000 et 800.000 euros pour les responsables de ces établissements. C'est une véritable catastrophe économique et c'est ce qui explique pourquoi certains se sont mis en PRJ aujourd'hui. D'autres ont dû mettre leur maison en garantie pour espérer rouvrir. Mais c'est malheureusement certain: il y aura des faillites." Depuis des mois, le monde de la nuit vit entre espoir de réouverture et appréhension du futur. Bien sûr, il y a les aides forfaitaires prévues par les autorités, mais pour les patrons des boîtes et des bars dansants, les montants sont nettement insuffisants et surtout disproportionnés selon les Régions. Personnalité bien connue du monde de l'événementiel, Carl de Moncharline a ouvert un nouvel établissement en juin 2019 baptisé Impérial Premium Bar Brussels qui a eu à peine le temps de s'installer dans les moeurs festives avant que le coronavirus ne vienne tout figer. L'homme est également responsable du secteur nuit au sein de la FedCaf Belgium, la Fédération des cafés de Belgique, et s'étonne du manque de soutien des autorités politiques. "Nous avons été aidés en droit passerelle, mais c'est la moindre des choses, car nous avons cotisé pour cela, rappelle Carl de Moncharline. Mais le vrai problème, c'est que les entreprises ne sont pas aidées à la juste mesure et qu'il y a surtout un grand écart entre les Régions dans la gestion de ce dossier. A Bruxelles, on touche entre 800 et 1.000 euros par mois selon les communes, alors qu'en Flandre, c'est plus du double! C'est d'autant plus regrettable que les charges sont nettement plus élevées dans la Région de Bruxelles-Capitale." Il y a quelques jours à peine, Lorenzo Serra s'est fendu d'une lettre ouverte aux élus bruxellois pour tirer précisément la sonnette d'alarme. "Aucune aide spécifique n'a été prise à Bruxelles, à l'inverse de la Flandre, écrit notamment le président de la Brussels by Night Federation. Les aides de 2020 n'aident en rien les structures des PME car elles sont bien inférieures à la hauteur de leurs frais fixes. L'heure est grave et nous vous demandons d'intervenir rapidement au risque de provoquer un exode des PME bruxelloises vers la Flandre ou de les voir disparaître, car d'autres en Europe seront plus forts! Aujourd'hui, nous, Bruxellois, sommes inquiets car, une fois de plus, la Flandre a une vision et prend la main." Et Lorenzo Serra de rappeler que c'est tout un pan du patrimoine bruxellois et de son identité culturelle qui risque de disparaître ou d'être englouti par des entreprises flamandes, précisément: "Nous vous demandons de travailler ensemble au sauvetage et à la relance, ajoute le président de la Brussels by Night Federation à l'attention du monde politique. Nous avons besoin d'urgence de perspectives et d'un plan keynésien pour sauver, puis relancer Bruxelles, comprenant des aides en rapport réel avec nos besoins de survie et de relance. Les quelques milliers d'euros reçus jusqu'à présent ne peuvent sauver les structures. Nous avons besoin d'espoir et d'inputs financiers conséquents". Visiblement peu sensible aux revendications des patrons de discothèques, le monde politique n'a pas encore donné de signaux positifs, mais devrait toutefois se montrer réceptif aux innovations technologiques qui pourraient faciliter la réouverture de certains établissements et pas seulement dans le monde de la nuit."Les autorités doivent se montrer proactives et s'intéresser davantage à des systèmes de purification de l'air qui, combinés au respect du protocole sanitaire et des gestes barrières, pourraient d'ores et déjà permettre la réouverture du secteur horeca, des salles de spectacle et des salons de coiffure", renchérit Carl de Moncharline. Le patron de l'Impérial Premium Bar Brussels a lui-même investi plusieurs milliers d'euros dans la technologie Airsteril, à l'instar de Brussels Expo, la structure qui chapeaute les différents palais d'exposition du Heysel. L'été dernier, entre les deux confinements, la société wallonne LD Medical Devices - distributeur exclusif des machines Airsteril dans le Benelux - a en effet équipé tout le parc des expositions de Bruxelles avec cette technologie. "Notre activité consiste à développer des solutions innovantes pour éliminer les mauvaises odeurs et contribuer à la maîtrise des maladies et des infections dans des endroits clos, explique Luc De Myttenaere, CEO de LD Medical Devices. L'air qui nous entoure contient en effet des micro-organismes, des bactéries et des virus qui peuvent créer des odeurs désagréables, propager des infections et être responsables de la croissance continue des moisissures. Nous ne dirons jamais que Airsteril est le produit miracle contre le coronavirus et que nous sommes LA solution, mais nous prétendons que nous pouvons être une partie de la solution pour aider certains secteurs à redémarrer." Pour appuyer son argumentaire, Luc De Myttenaere rappelle que la technologie Airsteril a vu le jour en Grande-Bretagne il y a une douzaine d'années déjà et qu'elle est aujourd'hui adoptée par plusieurs grandes institutions britanniques comme, par exemple, le National Health Service (NHS), le système de la santé publique du Royaume-Uni. Si ses machines ne stérilisent pas à proprement parler l'air ambiant, elles le désinfectent toutefois en temps réel grâce à leurs rayons UV et réduisent ainsi fortement la propagation des virus. Une étude réalisée dans plusieurs call centers britanniques en 2015 a ainsi démontré que les salles équipées de machines Airsteril obtenaient un taux de réduction de l'absentéisme du personnel de plus 40% grâce à la réduction drastique des agents pathogènes dans l'air ambiant. Aujourd'hui, le gouvernement britannique a même déployé cette technologie dans ses centres de vaccination, à l'instar du plus grand hôpital de Tel-Aviv qui a lui aussi choisi cette option sanitaire. "Au départ, les machines Airsteril ont surtout été utilisées pour maîtriser les mauvaises odeurs dans certains espaces comme, par exemple, les toilettes dans les lieux publics, rappelle le CEO de LD Medical Devices. Elles servent aussi à rendre l'air plus sain dans les salles de réunion. Mais aujourd'hui, il est évident qu'un nouveau marché s'ouvre à nous avec le coronavirus car nos machines augmentent considérablement la qualité de l'air ambiant et contribuent à détruire les bactéries. Même si le risque zéro n'existe pas, la charge virale présente dans l'air est beaucoup moins importante avec notre technologie, ce qui pourrait aider de nombreux secteurs à redémarrer immédiatement, pour autant que l'on continue à respecter les règles sanitaires et les gestes barrières." Pour redémarrer le plus rapidement en mode Covid-safe, Carl de Moncharline a déjà installé la technologie Airsteril au sein de son Impérial Premium Bar Brussels l'été dernier et invite d'autres acteurs du monde de la nuit à emboîter le pas. "Aujourd'hui, le climat est anxiogène et n'avons aucune perspective, déplore le responsable du secteur nuit au sein de la FedCaf Belgium. Or, nous avons toujours prouvé notre sérieux et notre volonté à faire correctement les choses en respectant le protocole sanitaire. Cette technologie est une opportunité, pour autant que le monde politique s'intéresse au sujet. Je rappelle qu'en Espagne, les cinémas et les salles sont ouverts depuis juin parce qu'ils utilisent là-bas une technologie similaire de désinfection de l'air à base d'UV, tout en respectant les règles sanitaires. Alors pourquoi n'est-ce pas encore possible ici? Il est temps que nos élus se réveillent et qu'ils fassent preuve d'initiative et de créativité, car beaucoup de secteurs d'activité sont à l'agonie!" Pour Carl de Moncharline, la solution est d'autant plus séduisante que les prix des machines Airsteril sont tout à fait abordables, comme le confirme le CEO de LD Medical Devices qui en est le distributeur exclusif dans le Benelux: "Pour des locaux ou des espaces commerciaux dont la surface varie entre 20 m2 et 100 m2, il faut compter entre 850 et 1.100 euros hors TVA, précise Luc De Myttenaere, ce qui ne représente pas un très gros investissement. D'autant plus que la durée de vie des machines est plus que satisfaisante: les premiers appareils que nous avons installés sur le marché belge fonctionnent toujours aujourd'hui et notre politique consiste de toute façon à les remplacer gratuitement en cas de pépin." Les rayons UV vont-ils aider le monde de la nuit à sortir enfin du trou noir? Ses représentants l'espèrent et misent désormais sur un réel intérêt du monde politique pour cette option technologique qui pourrait aussi aider à rouvrir d'autres secteurs.