Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, sort la menace de ne pas signer le nouveau contrat de gestion renouvelant le monopole exercé par Skeyes (ex-Belgocontrol), l'entreprise publique chargée du contrôle aérien. Et le ministre wallon du Budget, Jean-Luc Crucke, a bloqué le paiement des factures à son adresse (plus de 8 millions d'euros par an). Les politiques wallons veulent montrer qu'ils font ce qu'ils peuvent pour limiter les dégâts, touchant en premier le hub TNT/Fedex à Liege Aiport. L'énorme centre de tri de colis est nourri par plusieurs dizaines de vols nocturnes. " Il représente la majorité des 100 mouvements, atterrissages et décollages de nuit ", indique Christian Delcourt, porte-parole de Liege Airport.

Après des semaines de tergiversations, Skeyes a fini par s'arranger avec son homologue allemand pour assurer un service minimum. En temps normal, les avions sont gérés au sol par la tour de contrôle de Liege Airport lors des phases de décollage/atterrissage puis, en vol, suivis par le service Canac, à Skeyes Steenokkerzeel. Lorsque ce dernier est à l'arrêt, faute de contrôleurs, la solution de secours consiste depuis peu, pour la tour de Liège, à prendre en charge les avions un peu plus longtemps, jusqu'à ce qu'ils atteignent la frontière allemande, à 40 km à l'est. " Il n'y a donc pas de contrôleurs allemands actifs sur la Belgique ", précise Alain Kniebs, porte-parole de Skeyes.

Cette solution ne règle pas le problème de fond officiel : le nombre insuffisant de contrôleurs, sujet faisant l'objet d'une conciliation. L'intervention de François Bellot paraît bien tardive. " On l'avait peu entendu ", note un protagoniste. Ses propos renvoient de manière subliminale à une menace de privatisation du contrôle aérien. Elle ne semble guère effrayer les grévistes. Pardon, les malades.

8 millions d'euros

La redevance annuelle à Skeyes que la Région wallonne a décidé de bloquer.