L'électricité verte est produite à partir de sources d'énergies renouvelables, dont relèvent les énergies solaire ou éolienne. Les combustibles fossiles, comme le charbon et le pétrole, n'en font pas partie. Quant à l'énergie nucléaire, les opinions à son propos sont partagées : d'une part, la production d'électricité par les centrales nucléaires ne provoque que de faibles émissions de CO2 ; de l'autre, à chaque étape de la production nucléaire (qui va de l'extraction et de l'enrichissement de l'uranium au stockage des déchets et au démantèlement des centrales) est liée une production de dioxyde de carbone bien supérieure à celle des sources renouvelables.
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L'électricité verte est produite à partir de sources d'énergies renouvelables, dont relèvent les énergies solaire ou éolienne. Les combustibles fossiles, comme le charbon et le pétrole, n'en font pas partie. Quant à l'énergie nucléaire, les opinions à son propos sont partagées : d'une part, la production d'électricité par les centrales nucléaires ne provoque que de faibles émissions de CO2 ; de l'autre, à chaque étape de la production nucléaire (qui va de l'extraction et de l'enrichissement de l'uranium au stockage des déchets et au démantèlement des centrales) est liée une production de dioxyde de carbone bien supérieure à celle des sources renouvelables. " Pour être réellement verte, une énergie renouvelable doit aussi être utilisée de façon durable, rappelle Joeri Thijs, porte-parole de Greenpeace Belgique. Ce qui n'est pas toujours le cas de l'énergie issue de la biomasse, par exemple. La biomasse a des origines extrêmement variées, qui vont des boues d'égouts aux déchets agricoles en passant par les pellets issus d'arbres sains. Sa provenance, ainsi que son impact sur la biodiversité locale doivent être pris en considération. Sans compter que la manière dont la biomasse est transformée n'est pas toujours la plus judicieuse. De surcroît, une matière première comme le bois pourrait souvent être mieux exploitée, en étant par exemple utilisée pour la fabrication de meubles plutôt que pour être jetée dans un poêle. " Greenpeace a soumis les 21 fournisseurs d'électricité du pays à un test critique dont les résultats sont publiés sur le site monelectriciteverte.be. Les entreprises y sont classées en quatre catégories, qui vont de trois soleils (fortement recommandée) à zéro (déconseillée). " Nous avons voulu aider le consommateur à choisir en toute connaissance de cause, expose Joeri Thijs. Nombreux sont les fournisseurs qui proposent des contrats annonçant une production 100 % verte, ce qui n'est pas tout à fait vrai. L'achat de garanties d'origine (documents attestant la garantie d'origine de l'électricité verte, Ndlr) leur permet de 'verdir' de l'électricité nucléaire ou fossile, qu'ils revendent ensuite comme étant issue d'énergies renouvelables. " Le tableau qui accompagne cet article comporte la liste des fournisseurs avec, pour chacun, la mesure dans laquelle la production et la vente s'appuient sur des énergies renouvelables. " La provenance de la biomasse étant souvent incertaine, celle-ci est moins bien classée que l'énergie solaire ou éolienne, précise Joeri Thijs. Nous établissons également une distinction entre les petites centrales, qui utilisent des déchets de bois locaux, et les grandes, qui importent du bois sain non européen et dont l'empreinte climatique est souvent proche de celle des centrales au charbon classiques. " Le score neutre attribué par Greenpeace au gaz naturel nous surprend. " Le gaz naturel n'est pas une énergie renouvelable, même s'il permet de compléter avec beaucoup de souplesse les sources renouvelables et facilite la poursuite du développement de solutions plus durables, analyse Joeri Thijs. A ce propos, nous accordons énormément d'attention aux investissements consentis au profit du développement de nouvelles capacités de production. Ils déterminent dans une large mesure la direction qu'emprunteront les fournisseurs d'énergie ces prochaines années. " Bon à savoir : l'existence du " Greencheck " proposé par le régulateur bruxellois Brugel, qui permet de contrôler la propreté de l'électricité. Le site Internet du VREG, le régulateur pour la Flandre, propose quant à lui un module " Check vert ". Celui-ci ne tient compte que de l'électricité certifiée par des garanties d'origine. L'initiative n'a pas d'équivalent en Wallonie. Si un approvisionnement entièrement durable n'est pas encore à l'ordre du jour, il devrait pouvoir l'être d'ici 2050, estime Greenpeace. Aux efforts en matière d'efficacité énergétique doivent s'ajouter d'importants investissements dans le développement des énergies renouvelables. Choisir aujourd'hui un fournisseur sensible à la question permet au consommateur d'apporter sans attendre sa pierre à l'édifice. Cela signifie-t-il également de payer plus ? Non, répond Joeri Thijs : " Croire que l'énergie verte est plus chère que la grise est un mythe. Depuis la libéralisation du marché de l'électricité, en 2003, les tarifs sont comparables. " Sofie Lauwaert, du VREG, confirme que les prix se situent dans une fourchette très étroite. " L'électricité verte n'a aucune raison d'être plus chère, affirme-t-elle. Ce qui ne signifie toutefois pas que lorsqu'elle l'est, c'est sans motif. Il existe par exemple des contrats en vertu desquels le client paie une prime, qui est d'emblée intégralement utilisée pour le financement de nouveaux investissements dans la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables. La garantie d'origine joue elle aussi sur le prix ; elle est par exemple beaucoup moins chère pour l'énergie hydroélectrique scandinave que pour l'électricité produite à partir du soleil. Ce sont des éléments comme ceux-là qui expliquent que les tarifs peuvent considérablement varier d'un contrat vert à l'autre ", conclut-elle. Désireux de vérifier par nous-mêmes, nous nous sommes mis en quête des tarifs les plus bas en Belgique. Le tableau affiche le prix annuel d'un contrat fixe d'une durée d'un an pour un ménage de quatre personnes (consommation de 1.500 kWh en journée et de 2.000 kWh la nuit et le week-end). Il ressort de notre étude que les fournisseurs verts ne sont pas nécessairement plus chers, mais aussi qu'il existe près de 40 % d'écart entre le contrat le plus avantageux (849,91 euros) et le plus onéreux (1.178,33 euros). N'hésitez donc pas à comparer ! Vous optez pour un contrat 100 % vert : pourrez-vous continuer à regarder la télévision quand le ciel sera nuageux et qu'il n'y aura pas un souffle de vent ? " Dans ce cas de figure, l'électricité demeure produite par une centrale nucléaire ou une centrale au gaz, répond le docteur en sciences de l'ingénierie Kenneth Van den Bergh. Les fournisseurs de formules vertes compensent les baisses par une production et une vente d'électricité renouvelable aux moments où la consommation est au plus bas. C'est la raison pour laquelle chaque année, la quantité d'électricité verte produite est identique à celle consommée. La seule manière d'être totalement écologique consiste à utiliser une batterie qui se recharge lorsqu'il y a beaucoup de vent et de soleil ; mais cette solution est actuellement très chère. "