Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé que le gendarme de la Bourse de Paris, l'Autorité des marchés financiers (AMF), allait être saisi. "Cette offre n'est pas amicale et cela contrevient aux engagements qui ont été pris à plusieurs reprises par Veolia. Elle pose aussi des questions de transparence. Pourquoi est-ce que, subitement, cette offre a été déposée? Donc nous allons saisir l'Autorité des marchés financiers dès ce matin", a expliqué M. Le Maire sur la radio Europe 1.

LIRE AUSSI : La justice ordonne à Veolia de suspendre le lancement de son OPA sur Suez

Réuni dans la nuit, selon les avocats de Suez qui l'ont saisi en urgence dimanche soir après l'annonce de l'offre, le tribunal de commerce de Nanterre, en banlieue parisienne, a ordonné tôt lundi à Veolia de suspendre le lancement de toute offre publique d'achat (OPA) contre Suez dans l'attente d'un débat au fond sur ses précédents engagements d'amicalité. La procédure pourrait prendre un à trois mois.

Mais Veolia a formellement déposé lundi à 06H00 GMT son offre auprès de l'AMF, expliquant n'avoir reçu avis de la décision de justice qu'à 06H23.

"Nous l'avions déposée avant. Nous maintenons donc que notre offre est valable", a déclaré son PDG Antoine Frérot à la presse, ajoutant à l'imbroglio général. L'AMF a simplement indiqué qu'elle "communiquera sur le dossier le moment venu."

- "Un super champion français" -

Veolia, qui a acheté en octobre 29,9% du capital de son grand concurrent auprès de l'énergéticien français Engie, a décidé dimanche de lancer une OPA sur le reste des actions, pour 18 euros par action en numéraire soit 7,9 milliards d'euros au total, estimant que "ses tentatives répétées d'amicalité se sont toutes heurtées à l'opposition" de sa cible.

Dans un marché mondial hyper concurrentiel, Veolia veut créer un "super champion français" du secteur et a lancé ouvertement son offensive fin août.

LIRE AUSSI : Veolia lance une OPA sur Suez sans son accord

Mais la direction de Suez, soutenue par les syndicats, s'oppose au projet de fusion, redoutant une casse sociale et industrielle. Elle s'inquiète surtout pour l'activité Eau que Veolia devra revendre pour respecter les règles de la concurrence.

Mi-janvier, Suez a annoncé une proposition alternative de reprise par les fonds français Ardian et américain GIP, appelant Veolia à dialoguer.

Après des mois de guérilla judiciaire et d'échanges acerbes par médias interposés, Antoine Frérot et le directeur général de Suez Betrand Camus se sont enfin vus vendredi.

Mais les positions semblent peu conciliables, entre projet de fusion de l'un et souhait de maintien de deux groupes indépendants de l'autre.

"Suez n'est pas sincère quand il prétendait vouloir discuter, il ne voulait que gagner du temps", a lancé lundi Antoine Frérot, évoquant la menace d'"un projet financier" porté par "un fonds américain" (GIP).

Répliquant au ministre de l'Economie, M. Frérot a également assuré que c'était le gouvernement français qui avait "initié toute l'opération en demandant à Engie en juillet de clarifier sa stratégie".

L'Etat est le premier actionnaire d'Engie qui était lui même premier actionnaire de Suez avant de vendre ses parts en octobre à Veolia.

Après avoir semblé soutenir le projet de Veolia, le gouvernement a réclamé un projet amical puis voté, en vain, contre la cession des actions d'Engie.

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé que le gendarme de la Bourse de Paris, l'Autorité des marchés financiers (AMF), allait être saisi. "Cette offre n'est pas amicale et cela contrevient aux engagements qui ont été pris à plusieurs reprises par Veolia. Elle pose aussi des questions de transparence. Pourquoi est-ce que, subitement, cette offre a été déposée? Donc nous allons saisir l'Autorité des marchés financiers dès ce matin", a expliqué M. Le Maire sur la radio Europe 1.LIRE AUSSI : La justice ordonne à Veolia de suspendre le lancement de son OPA sur SuezRéuni dans la nuit, selon les avocats de Suez qui l'ont saisi en urgence dimanche soir après l'annonce de l'offre, le tribunal de commerce de Nanterre, en banlieue parisienne, a ordonné tôt lundi à Veolia de suspendre le lancement de toute offre publique d'achat (OPA) contre Suez dans l'attente d'un débat au fond sur ses précédents engagements d'amicalité. La procédure pourrait prendre un à trois mois.Mais Veolia a formellement déposé lundi à 06H00 GMT son offre auprès de l'AMF, expliquant n'avoir reçu avis de la décision de justice qu'à 06H23."Nous l'avions déposée avant. Nous maintenons donc que notre offre est valable", a déclaré son PDG Antoine Frérot à la presse, ajoutant à l'imbroglio général. L'AMF a simplement indiqué qu'elle "communiquera sur le dossier le moment venu."- "Un super champion français" -Veolia, qui a acheté en octobre 29,9% du capital de son grand concurrent auprès de l'énergéticien français Engie, a décidé dimanche de lancer une OPA sur le reste des actions, pour 18 euros par action en numéraire soit 7,9 milliards d'euros au total, estimant que "ses tentatives répétées d'amicalité se sont toutes heurtées à l'opposition" de sa cible.Dans un marché mondial hyper concurrentiel, Veolia veut créer un "super champion français" du secteur et a lancé ouvertement son offensive fin août.LIRE AUSSI : Veolia lance une OPA sur Suez sans son accordMais la direction de Suez, soutenue par les syndicats, s'oppose au projet de fusion, redoutant une casse sociale et industrielle. Elle s'inquiète surtout pour l'activité Eau que Veolia devra revendre pour respecter les règles de la concurrence.Mi-janvier, Suez a annoncé une proposition alternative de reprise par les fonds français Ardian et américain GIP, appelant Veolia à dialoguer.Après des mois de guérilla judiciaire et d'échanges acerbes par médias interposés, Antoine Frérot et le directeur général de Suez Betrand Camus se sont enfin vus vendredi.Mais les positions semblent peu conciliables, entre projet de fusion de l'un et souhait de maintien de deux groupes indépendants de l'autre."Suez n'est pas sincère quand il prétendait vouloir discuter, il ne voulait que gagner du temps", a lancé lundi Antoine Frérot, évoquant la menace d'"un projet financier" porté par "un fonds américain" (GIP).Répliquant au ministre de l'Economie, M. Frérot a également assuré que c'était le gouvernement français qui avait "initié toute l'opération en demandant à Engie en juillet de clarifier sa stratégie". L'Etat est le premier actionnaire d'Engie qui était lui même premier actionnaire de Suez avant de vendre ses parts en octobre à Veolia.Après avoir semblé soutenir le projet de Veolia, le gouvernement a réclamé un projet amical puis voté, en vain, contre la cession des actions d'Engie.