Jean-Pierre Clamadieu a signé une cinquantaine de deals qui ont fait de Solvay le spécialiste des matériaux haute technologie. Ilham Kadri, qui a pris sa succession début 2019, a guidé l'entreprise dans les tourments de la pandémie et des crises en se focalisant sur le cash. Elle a oeuvré à la rationalisation du groupe qui devrait déboucher sur sa scission l'an prochain. Karim Hajjar, Britannique de 59 ans, est monté aux barricades aux côtés des deux CEO et fait figure de vétéran au comité exécutif. Le département financier de Karim Hajjar compte 672 collaborateurs disséminés dans le monde entier. "Je suis très fier d'eux, dit-il. Je tire mon inspiration non pas des chiffres mais de la solidité de l'équipe qu'ils forment. D'après leur feedback, je suis plutôt exigeant mais pas vraiment directif. J'attends beaucoup de leur part tout en m'efforçant de donner le bon exemple et de les encadrer le mieux possible."

La politique suivie ces trois dernières années me parle davantage car elle correspond mieux à mes racines anglo-saxonnes.

"Le CFO doit se baser sur les faits, avoir la conviction et le courage de dire ce qu'il y a à dire, précise-t-il. J'apprécie Ilham pour son sens du défi, la seule façon de prendre les bonnes décisions." Son rôle a considérablement changé depuis 2019, estime Karim Hajjar. "Je suis fier d'avoir pu travailler avec Jean-Pierre Clamadieu, fin stratège mais peut-être moins performant au niveau opérationnel. Solvay était alors très décentralisé, toutes les opportunités n'étaient pas exploitées. Avec une cinquantaine de fusions et d'acquisitions au compteur, il n'est pas toujours possible d'assurer une optimisation tous azimuts. Sous la houlette d'Ilham, l'enjeu stratégique reste prépondérant mais nous avons davantage évolué de la priorité aux business units à une discipline de coûts et de liquidités très stricte, et nous n'hésitons pas à intervenir. Je dois admettre que la politique suivie ces trois dernières années me parle davantage car elle correspond mieux à mes racines anglo-saxonnes." Hajjar et Kadri sont en contact au moins trois fois par jour. " Nous tirons le meilleur de notre partenariat. Notre tandem est nettement plus opérationnel et I love it!" Pour Karim Hajjar, la protection des flux de trésorerie est un des grands défis, surtout dans le contexte inflationniste actuel. "Le recouvrement des arriérés de paiement est un des KPI ( key performance indicators) de Solvay. "Nous le surveillons de très près, assure le CFO. Plutôt que d'appliquer la politique du bâton, nous demandons au client où est le problème et nous l'aidons le cas échéant." Un autre grand défi est le maintien de la confiance des investisseurs en ces temps particulièrement difficiles. "Mais les défis font partie de la nouvelle normalité. Donc bring it on !", affirme Karim Hajjar.

Jean-Pierre Clamadieu a signé une cinquantaine de deals qui ont fait de Solvay le spécialiste des matériaux haute technologie. Ilham Kadri, qui a pris sa succession début 2019, a guidé l'entreprise dans les tourments de la pandémie et des crises en se focalisant sur le cash. Elle a oeuvré à la rationalisation du groupe qui devrait déboucher sur sa scission l'an prochain. Karim Hajjar, Britannique de 59 ans, est monté aux barricades aux côtés des deux CEO et fait figure de vétéran au comité exécutif. Le département financier de Karim Hajjar compte 672 collaborateurs disséminés dans le monde entier. "Je suis très fier d'eux, dit-il. Je tire mon inspiration non pas des chiffres mais de la solidité de l'équipe qu'ils forment. D'après leur feedback, je suis plutôt exigeant mais pas vraiment directif. J'attends beaucoup de leur part tout en m'efforçant de donner le bon exemple et de les encadrer le mieux possible." "Le CFO doit se baser sur les faits, avoir la conviction et le courage de dire ce qu'il y a à dire, précise-t-il. J'apprécie Ilham pour son sens du défi, la seule façon de prendre les bonnes décisions." Son rôle a considérablement changé depuis 2019, estime Karim Hajjar. "Je suis fier d'avoir pu travailler avec Jean-Pierre Clamadieu, fin stratège mais peut-être moins performant au niveau opérationnel. Solvay était alors très décentralisé, toutes les opportunités n'étaient pas exploitées. Avec une cinquantaine de fusions et d'acquisitions au compteur, il n'est pas toujours possible d'assurer une optimisation tous azimuts. Sous la houlette d'Ilham, l'enjeu stratégique reste prépondérant mais nous avons davantage évolué de la priorité aux business units à une discipline de coûts et de liquidités très stricte, et nous n'hésitons pas à intervenir. Je dois admettre que la politique suivie ces trois dernières années me parle davantage car elle correspond mieux à mes racines anglo-saxonnes." Hajjar et Kadri sont en contact au moins trois fois par jour. " Nous tirons le meilleur de notre partenariat. Notre tandem est nettement plus opérationnel et I love it!" Pour Karim Hajjar, la protection des flux de trésorerie est un des grands défis, surtout dans le contexte inflationniste actuel. "Le recouvrement des arriérés de paiement est un des KPI ( key performance indicators) de Solvay. "Nous le surveillons de très près, assure le CFO. Plutôt que d'appliquer la politique du bâton, nous demandons au client où est le problème et nous l'aidons le cas échéant." Un autre grand défi est le maintien de la confiance des investisseurs en ces temps particulièrement difficiles. "Mais les défis font partie de la nouvelle normalité. Donc bring it on !", affirme Karim Hajjar.