Une machine à laver, un meuble TV et un trampoline. Ces trois objets sont cassés. Pourtant, leurs propriétaires les vendent pour des dizaines d'euros sur Kapout.be, la plateforme de Jean-Elie Sonnet. Plus étonnant encore: les candidats acheteurs sont nombreux. Ils entendent réparer le matériel défectueux pour le réutiliser ou le revendre plus cher dans un état fonctionnel. Certains récupèrent les pièces détachées. Sur les 650 annonces publiées sur la plateforme de vente en ligne depuis son lancement en novembre 2020, une centaine de transactions ont abouti. La preuve que l'idée est bonne. Vendre du matériel défectu...

Une machine à laver, un meuble TV et un trampoline. Ces trois objets sont cassés. Pourtant, leurs propriétaires les vendent pour des dizaines d'euros sur Kapout.be, la plateforme de Jean-Elie Sonnet. Plus étonnant encore: les candidats acheteurs sont nombreux. Ils entendent réparer le matériel défectueux pour le réutiliser ou le revendre plus cher dans un état fonctionnel. Certains récupèrent les pièces détachées. Sur les 650 annonces publiées sur la plateforme de vente en ligne depuis son lancement en novembre 2020, une centaine de transactions ont abouti. La preuve que l'idée est bonne. Vendre du matériel défectueux, il fallait y penser. Jean-Elie Sonnet était probablement la meilleure personne pour mener à bien ce projet. Il a travaillé pendant huit ans pour le service de logistique inverse d'une entreprise médicale. Il réfléchissait aux stratégies permettant la récupération des produits endommagés et leur réparation. Sa clairvoyance a permis à sa boîte d'économiser 8 millions d'euros. Avec Kapout.be, son objectif n'est toutefois pas de générer du profit. "Je souhaite apporter ma pierre à l'édifice dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et de la transition vers une économie circulaire, explique Jean-Elie Sonnet. Selon moi, il y avait un manque entre jeter un objet à la poubelle et le Repair café. Que faire si on ne veut pas le réparer? Kapout.be apporte la réponse: on peut le vendre ou le donner."Jean-Elie Sonnet a autofinancé la plateforme. Il assure la gestion du site web et en assume le coût d'hébergement et de fonctionnement, soit entre 100 et 120 euros par mois. Jusqu'ici, le seul financement (2.000 euros) qu'il a reçu vient du concours Incidences BW dont il a décroché la seconde place. Cela ne suffira pas. "Actuellement, je ne touche pas de commission sur les ventes et il n'y a pas de gestion des flux financiers. Pour le payement, les gens s'arrangent entre eux comme sur Facebook Marketplace. Mon objectif est de trouver le moyen de générer suffisamment de revenus pour financer le site. Dans un second temps, je voudrais générer un petit bénéfice, payer mes heures de travail. Cela ne sera pas simple car je suis contre la publicité sur la plateforme, je veux qu'elle reste gratuite pour les citoyens et je ne souhaite pas utiliser ni vendre les données de mes membres." Le fondateur du site compte présenter son business model d'ici la fin de l'année, atteindre le seuil des 1.000 annonces à même échéance et attirer de premiers investisseurs. Il entend également booster sa stratégie marketing en faisant de la publicité pour Kapout.be sur les réseaux sociaux. Soucieux de trouver le modèle idéal, il scrute par ailleurs ce qui se fait à l'étranger. En France, Objets-casses.com a été lancé l'an dernier. Côté britannique, il existe Globechain.com, un genre de version B to B de Kapout.be. "C'est encourageant de voir que les initiatives se multiplient", conclut Jean-Elie Sonnet.Un article de Nicolas Sohy.