C'est une alliance inédite entre le public et le privé que le groupe John Cockerill vient de mettre sur pied. Le nouveau fonds d'investissement Industrya réunit la société industrielle basée à Seraing et quatre invests publics. La SFPI (Société fédérale de participations et d'investissement), la SRIW (Société régionale d'investissement de Wallonie), Noshaq (ex-Meusinvest) et le fonds limbourgeois LRM apportent chacun 5 millions d'euros dans la structure. John Cockerill y ajoute 22 millions pour doter ce nouvel outil de soutien aux start-up et...

C'est une alliance inédite entre le public et le privé que le groupe John Cockerill vient de mettre sur pied. Le nouveau fonds d'investissement Industrya réunit la société industrielle basée à Seraing et quatre invests publics. La SFPI (Société fédérale de participations et d'investissement), la SRIW (Société régionale d'investissement de Wallonie), Noshaq (ex-Meusinvest) et le fonds limbourgeois LRM apportent chacun 5 millions d'euros dans la structure. John Cockerill y ajoute 22 millions pour doter ce nouvel outil de soutien aux start-up et scale-up d'une enveloppe de 42 millions d'euros. Le fonds a pour ambition de soutenir les projets industriels innovants. La priorité est accordée aux start-up et scale-up belges. Mais Industrya ne s'interdit pas de regarder au-delà de nos frontières, notamment du côté des Pays-Bas, du Luxembourg, de la France et de l'Allemagne. L'accent est mis sur des projets liés à l'industrie du futur, au sens large : transition énergétique (photovoltaïque, hydrogène, mobilité, etc.), manufacturing 4.0 (modélisation, intelligence artificielle, big data, etc.), nouveaux matériaux, nouveaux revêtements... Autant de sujets sur lesquels John Cockerill, qui emploie 6.000 collaborateurs dans 23 pays pour un chiffre d'affaires d'1,2 milliard d'euros, dispose d'un précieux savoir-faire. " John Cockerill apporte son expertise industrielle et son accès au marché. Nos partenaires apportent leur expertise en matière de financement et de gestion de fonds ", explique Gildino Tavares, CEO d'Industrya. Le seul domaine de prédilection de John Cockerill auquel Industrya ne touchera pas, c'est celui de la défense : " C'est un marché où les barrières à l'entrée sont importantes et qui est très consommateur de cash ", souligne Gildino Tavares. Industrya dispose d'un incubateur pour les projets les plus jeunes. Les différents partenaires mettent à disposition des start-up des espaces de coworking et de l'accompagnement, mais le fonds ne financera pas les projets dans leur phase d'amorçage. Les prises de participation sont réservées à des projets plus matures : " Nous cherchons des start-up qui ont déjà des commandes et qui évoluent vers un premier niveau de rentabilité. Nous cherchons aussi des scale-up qui veulent passer un cap, par exemple vers l'internationalisation ", détaille Gildino Tavares. Les prises de participation d'Industrya, qui seront toujours minoritaires et permettront du co-investissement avec d'autres acteurs, ne devraient pas dépasser les 2 millions d'euros par projet, " sauf pépite à très haut potentiel ", glisse Gildino Tavares. Le premier comité de sélection se réunira fin septembre. Industrya compte soutenir 35 à 50 start-up et scale-up dans les 10 prochaines années.