Du Coucke vintage! La semaine dernière, l'entrepreneur gantois réalisait à nouveau un de ces coups d'éclat dont il a le secret. Dans le cadre d'une opération préparée en toute discrétion depuis plusieurs mois, il débauchait Karel Van Eetvelt, le président de la fédération bancaire Febelfin, pour en faire le futur CEO d'Anderlecht, tout en nommant le bonze des médias flamands Wouter Vandenhaute comme conseiller. Patrick Lefevere, le légendaire directeur sportif de l'équipe cycliste Quick-Step et le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close rejoignent également le club en qualité d'administrateurs.
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Du Coucke vintage! La semaine dernière, l'entrepreneur gantois réalisait à nouveau un de ces coups d'éclat dont il a le secret. Dans le cadre d'une opération préparée en toute discrétion depuis plusieurs mois, il débauchait Karel Van Eetvelt, le président de la fédération bancaire Febelfin, pour en faire le futur CEO d'Anderlecht, tout en nommant le bonze des médias flamands Wouter Vandenhaute comme conseiller. Patrick Lefevere, le légendaire directeur sportif de l'équipe cycliste Quick-Step et le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close rejoignent également le club en qualité d'administrateurs. Le Gantois pare ainsi les critiques de plus en plus virulentes quant à sa gestion du club bruxellois. Un énième échantillon de cette audace qui caractérise la carrière du très médiatique entrepreneur depuis plus de 30 ans. Et il a encore gagné en notoriété depuis la vente de son entreprise pharmaceutique Omega Pharma en 2014. Le résultat direct d'une longue liste d'investissements que Marc Coucke, fidèle à sa promesse, a effectués - principalement par le biais de sa société d'investissement familiale Alychlo - avec les plus de 600 millions d'euros de liquidités empochées lors de la vente au groupe américain Perrigo. Résultat : rares sont ceux, même au-delà de la frontière linguistique, à n'avoir jamais entendu parler de Monsieur Coucke, l'homme qui a mis la main sur le haut-lieu du tourisme wallon qu'est Durbuy et une des locomotives du parc zoologique hainuyer Pairi Daiza et de l'entreprise pharmaceutique liégeoise Mithra. Et soyez certains que Marc Coucke, également cité comme investisseur possible dans le groupe de divertissement flamand Studio 100, n'a pas fini de nous surprendre. TRENDS-TENDANCES. Vous avez fait face à de nombreuses critiques à Anderlecht. Est-ce votre réponse à celles-ci ? MARC COUCKE. Chez Alychlo, nous traitons tous les dossiers de la même manière : nous essayons avant tout de mettre les bonnes personnes à la bonne place. J'étais trop impliqué sur le plan opérationnel à Anderlecht. Ce n'est pas ce que je voulais, mais les circonstances nous ont obligés à monter au front après l'acquisition et j'ai été pris dans un tourbillon. Nous devions donc constituer une structure moins dépendante de moi, et nous avons aujourd'hui franchi une étape importante en ce sens. Nous avons expliqué au conseil d'administration que nous ajouterions des administrateurs indépendants, des gens qui osent dire ce qu'ils pensent. Simultanément, nous savions que nous devions trouver un nouveau CEO. Jo Van Biesbroeck était en fin de mandat. Il est d'ailleurs déjà resté un an de plus pour nous. Et nous sentions que le club avait réellement besoin de leadership. J'en ai parlé à quatre personnes et toutes ont dit oui. Peut-être n'avons-nous pris qu'aujourd'hui les mesures qui font qu'Anderlecht est structuré comme nous voulons structurer toutes nos entreprises. N'avez-vous jamais regretté l'acquisition d'Anderlecht ? Absolument pas. Bien entendu, on rencontre toujours des situations auxquelles on ne s'attend pas, mais je pense que nous les avons gérées comme il le fallait. Les critiques personnelles ? C'est spécifique au football. Chez Omega Pharma, j'étais habitué aux articles du Tijd ou de Trends, où l'on sait que tout est vérifié et contre- vérifié. Il m'est arrivé de ne pas être d'accord, mais cela n'a jamais été personnel. Il n'y a jamais eu de reproches, même s'il nous est sans doute arrivé de laisser échapper l'un ou l'autre juron quand vous saviez la vérité trop tôt et que cela ne nous arrangeait pas. Il en va autrement dans le monde du sport. La chasse aux clics fait que la rigueur y est moindre. Souvent, la presse lance une affirmation et ne vérifie qu'ensuite. Et on se demande : " Où vont-ils chercher ça ? ". Mais je comprends. La presse en général est en difficulté, mais la presse spécialisée dans le football l'est encore plus. Un journal seul ne suffit pas, il faut aussi des clics, et vite. Et on n'a pas le temps de tout contrôler. Comment abordez-vous un dossier d'investissement ?Nous ne recherchons pas la maximisation du rendement. Et nous n'envisageons pas de scénario de sortie. Cela n'est pas dans notre ADN. Mais naturellement, un modèle doit être toujours autosuffisant. C'est la raison pour laquelle nous sommes plutôt des gens de dividendes : c'est ce qui nous fait vivre et nous permet de payer notre structure. Chaque entreprise doit donc être financièrement saine, car c'est la seule manière d'être durable. Dans le football s'y ajoute une dimension émotionnelle qui n'existe pas dans les autres secteurs d'affaires. Il faut l'accepter. Le football n'est pas non plus une décision d'investissement. Nous ne sommes pas là pour gagner de l'argent. Si nous pouvons faire une bonne affaire, nous allons simplement réinvestir les bénéfices dans le club. A l'époque d'Omega Pharma, vous étiez un modèle pour les jeunes entrepreneurs. Il faudrait des clones de Marc Coucke, avons-nous même écrit un jour... Des clones ? Pas comme dans clown, avec " wn " à la fin ? ( il éclate de rire). Certains jours, j'aimerais effectivement avoir un clone. Nous sommes une dizaine chez Alychlo, et parfois, tout le monde est au bout du rouleau. Je suis toujours un homme d'instinct, que j'agrémente désormais d'énormément d'expérience. J'ai également une équipe très complémentaire de collaborateurs qui osent dire ce qu'ils pensent et sont beaucoup moins instinctifs : ils préfèrent fonder leurs analyses sur des chiffres. Plus un dossier m'enthousiasme, plus ils se montrent critiques, et c'est la bonne approche. Aujourd'hui, tout passe par moi, mais aussi par Michael et Pieter, par exemple ( Michael Schenck et Pieter Bourgeois, les " investment managers " de la première heure qui siègent également dans de nombreux conseils d'administration. Wolf Vandekerckhove, le troisième " investment manager ", n'est arrivé que par la suite, Ndlr). Ce sont des virtuoses. Nous discutons des grandes lignes entre nous. Nous sommes aujourd'hui investis dans 21 entreprises et fonds.Nous essayons de rester au courant de tout. Le reporting est crucial. Chaque jour, je connais le nombre de visiteurs de Pairi Daiza et de SnowWorld, leur évolution par rapport à l'année précédente, et ce qu'ils ont dépensé. Comme je sais tout de chacun de nos investissements à Durbuy, jusqu'au nombre de gens qui ont acheté des bonbons ou loué des VTT. On nous appelle à des moments particuliers : une acquisition, un investissement, des choix de personnel... Quand c'est le cas, nous voulons apporter une valeur ajoutée, et il n'est possible de réagir très rapidement que si l'on maîtrise en permanence tous ses dossiers. Comment conservez-vous une vision globale ? J'y parviens toujours, mais j'arrive à mes limites. Le problème, c'est le timing. Je ne choisis pas mon agenda. Ce sont les entreprises qui le font. Imaginez que Rafa ( le CEO Rafael Padilla, Ndlr) me contacte parce que Fagron réalise une grande acquisition, et que le même jour, il arrive quelque chose dans trois autres entreprises... Quand je travaillais chez Omega Pharma, j'avais une entreprise et il y avait comité de direction chaque lundi. Aujourd'hui, il y en a 21 et si un événement survient dans six d'entre elles la même semaine, c'est... ( il souffle) wow ! Quel est le fil rouge dans le portefeuille ? Le pharmaceutique, l'immobilier au sens large et le leisure ( les loisirs, Ndlr). Ce sont les trois pôles dans lesquels nous nous sentons bien. Ensuite, nous avons rencontré Pieter Loose et Ekopak est arrivée ( cette entreprise basée à Tielt est spécialisée dans les économies et le recyclage d'eau, avec Loose comme CEO. Alychlo en a acquis 49 %, Ndlr). Nous sommes toujours très enthousiastes dans ce que nous faisons. C'est un de nos problèmes, mais aussi un de nos charmes. D'ailleurs, nous disons très souvent non. Et pourtant, n'est-il pas tentant de faire grandir Alychlo ? Non. A un certain moment, on se heurte aux limites de ce que l'on peut absorber en tant qu'équipe. Même si chacune de ces entreprises va vivre sa vie. Elles sont toutes ambitieuses. Nous continuons également à investir dans toutes ces entreprises. Qu'en est-il de Durbuy, votre dossier le plus fou et le plus inspirant selon vos propres termes, que l'on surnomme désormais Couckeland ? Il y aura encore beaucoup d'évolutions là-bas, et les choses avancent plus vite que nous le pensions. Durbuy reste Durbuy, mais nous y avons ajouté un peu de qualité. La réaction du grand public est incroyable. En janvier, normalement, c'est mort. Mais cette année, c'est rempli tous les jours. Tout le monde y a le sourire. Vous pourriez étendre la branche "Leisure" en entrant dans le capital de Studio 100. Les propriétaires actuels cherchent un nouveau partenaire et mettent en vente un quart de leurs actions... Je ne peux faire aucun commentaire sur ce dossier. Vous investissez également dans la recherche contre le cancer. Allez-vous continuer ? Oui, mais à partir de ce que nous faisons déjà, comme notre investissement dans l'entreprise de diagnostics suisse Sophia Genetics. C'est le top mondial, et c'est spectaculaire. Ou par le biais de Stop Cancer Côlon, qui est sans doute aujourd'hui l'organisation qui sauve le plus de vies par an en Belgique. Nous sommes également entrés dans le deuxième fonds de Droia, qui investit dans la recherche contre le cancer. Quel est votre principal défi ?C'est toujours l'entreprise où l'on est confronté au plus grand nombre de difficultés, et aujourd'hui, c'est évidemment Anderlecht. Quel est l'objectif final d'Alychlo ? Il n'y en a pas. Vers la nouvelle année, l'équipe s'est demandé si Alychlo serait encore là dans 100 ans et si nous pouvions développer un portefeuille capable de résister à l'usure du temps. J'ai trouvé cela très beau. Il faudrait 100 Omega Pharma, a-t-on dit. On n'en voit pas la trace... Je remarque quand même chaque jour que j'inspire de nombreux jeunes à entreprendre. Mais c'est vrai que ces nouvelles Omega n'apparaissent pas. Mais sous le radar, quelque 500 Belges soit entreprennent, soit ont vendu une entreprise et investissent le produit de l'opération. Et le microclimat créé par ces 500 est hyper important. Il constitue sans doute la base sur laquelle repose ce pays et permet à la Belgique de rester performante malgré la structure politique compliquée et l'impasse dans laquelle nous nous trouvons souvent. Autrement dit : la Belgique continuera à tourner d'une manière ou d'une autre, en grande partie grâce à ces quelque 500 personnes. Elles n'ont pas mon style, et c'est heureux ( il rit). Elles sont plus modestes et plus discrètes, mais investissent et réinvestissent en continu en Belgique, quoi qu'il arrive, que nous ayons un gouvernement ou non, que les taux d'intérêt augmentent ou baissent, whatever. Et ce constat concerne autant la Flandre que la Wallonie. Je travaille avec trois assez grandes entreprises en Wallonie et il est faux de dire qu'on y travaille moins ou qu'on s'y repose sur ses lauriers. La principale différence est que la Wallonie souffre d'un manque de capital et d'entrepreneurs pour transformer de petites entreprises en entreprises de taille moyenne ou en grands groupes. Je n'y vois pas ce microclimat propre à la Flandre, et cela fait une grande différence. Prenez l'hôtel-restaurant Le Sanglier des Ardennes, un des hauts-lieux de la gastronomie wallonne. Il était la propriété d'une famille locale qui y a investi énormément de sang, de sueur et de larmes. Il a sombré parce que les touristes sont de plus en plus exigeants et les normes de plus en plus sévères. Mais s'il se trouvait en Flandre, un actionnaire fort y aurait injecté les quelques millions nécessaires depuis longtemps. Eric Domb, votre partenaire chez Pairi Daiza, trouve que l'on ne facilite pas la vie des entrepreneurs en Wallonie. Ce n'est pas mon impression. Si on combine un investissement avec du respect pour la situation et l'emploi locaux, on y trouve autant de soutien qu'en Flandre. A Durbuy, le bourgmestre a même osé se présenter aux élections avec comme thématique principale : " Je soutiens le projet de Coucke ". Impressionnant. La dramaturgie politique fédérale influe-t-elle sur votre activité ? J'essaie de ne pas trop m'y arrêter, mais je ne peux pas m'en empêcher. Je trouve ces discussions entre la gauche et la droite si dénuées de sens, si dépassées. La recette est très simple : la politique doit faciliter autant que possible la vie des entreprises afin qu'elles créent des emplois et de la richesse, en simplifiant la législation, par exemple pour accélérer la délivrance de permis, ou en garantissant la sécurité juridique. Pas par des subventions. Pour moi, on peut toutes les supprimer. Mais les incitants économiques doivent profiter avant tout à ceux qui rencontrent des difficultés. Avant même tout ce débat sur les pensions, j'ai dit que tous ceux qui gagnaient moins de 2.000 euros par mois devraient gagner entre 300 et 500 euros net de plus, qu'il s'agisse de chômeurs, de pensionnés, de handicapés ou de personnes qui travaillent pour un salaire modeste. Et nous avons absolument besoin d'une administration plus efficace. Les inégalités sont trop grandes. Quand j'ai commencé avec Omega - et en fin de compte, cela ne fait qu'une génération -, quelqu'un qui avait du travail s'en sortait bien, dans tous les domaines. Aujourd'hui, certains ménages dont les deux conjoints travaillent peuvent à peine épargner. Cela signifie qu'ils plongent dans la pauvreté au moindre contretemps. Pour moi, c'est le plus difficile à avaler. N'avez-vous aucun regret ? Non. Il nous est arrivé de prendre des décisions difficiles. Licencier quelqu'un, c'est toujours extrêmement pénible, mais je me console toujours en pensant qu'au cours de ma vie, j'ai engagé 10 fois plus de gens que j'en ai licencié. Il est impossible de plaire à tout le monde. Mais cela fait plus de 30 ans que je travaille, et je pense pouvoir dire que je peux toujours me regarder dans la glace. Et j'en suis très fier. Quelle est votre motivation ? L'argent ? Le succès ? Construire. Mais je connais les règles du jeu. Il n'est possible de construire quelque chose que si c'est rentable, et nous y veillons scrupuleusement. A Pairi Daiza par exemple, il en résulte des interactions fantastiques entre Eric Domb, le directeur opérationnel Jean-Jacques Cloquet et moi-même. Nous mettons tout en oeuvre pour aider Eric à réaliser ses rêves, mais nous analysons sans cesse combien cela va coûter, combien nous allons rembourser, et quel serait l'impact d'une mauvaise année. Cette approche mène à des entreprises plus fortes. Avez-vous parfois perdu le sommeil ? Naturellement. Une journée tranquille, c'est rare. Si je devais écrire un livre sur ma vie, il serait assez épais. J'ai déjà accompli énormément de choses dans ma vie. J'ai également la chance d'avoir beaucoup d'énergie. Et quand je suis fatigué, ce qui m'arrive, je pense que j'en ai le droit. Vous vous démarquez toujours par votre style. Vous ne l'avez jamais regretté ? Il ne faut jamais regretter d'être soi-même. Je suis comme ça : j'aime travailler dur et j'aime réaliser des choses avec l'équipe, mais je sais aussi m'amuser. En humanités, je me qualifiais déjà d'épicurien. Etes-vous immunisé contre la critique, comme dans le football ? Non, bien entendu. Mais Vincent Kompany a une expression magnifique pour cela : " Don't believe the hype, don't believe the drama ". Quand on perd trois matches, c'est le drame. Quand on en gagne trois, c'est à nouveau la fête. Il faut relativiser les deux. J'ai appris à vivre avec les critiques. Certains disent qu'ils ne les lisent pas. Moi, je lis les critiques, et je m'oblige à me demander sans cesse si elles recèlent un fond de vérité, même quand on m'insulte sur les médias sociaux. Parfois, on en tire des enseignements. Pourquoi quelqu'un fait-il cela ? N'a-t-il pas un peu raison quelque part ? Quand on adopte cette attitude, il est possible de résister aux critiques. Mais le monde est de plus en plus dur. Vos enfants lisent-ils également ces critiques ? Naturellement, mais ils me connaissent bien. Ils lisent et me demandent : " Papa, ce n'est quand même pas vrai ? " Je peux dire que nous avons vraiment d'excellentes relations. Nous discutons beaucoup. A quoi me servirait-il de balancer des tirades d'insultes, comme on l'a écrit ? Je n'y réagis même plus. C'est comme ça. Avez-vous des conseils pour les jeunes entrepreneurs ? Il y a longtemps, quand je donnais encore des keynote speeches, j'ai dit un jour ce qu'un entrepreneur ne devait jamais perdre de vue, comme la correction et l'éthique. Mais tout cela, c'est l'évidence. On ne fait pas des affaires de cette manière. On décide d'aller à gauche ou à droite sur la base de ce que l'on voit chaque jour. Je n'ai jamais lu un livre de management en entier. Je ne dépasse jamais la page 20. Mais j'ai suivi une formation en management. Il faut connaître les bases. Il ne faut pas être un juriste, mais il faut pouvoir discuter avec ses avocats. Il ne faut pas être un marketeer, mais il faut pouvoir discuter avec ses agences de publicité. Il ne faut pas être un financier, mais il faut pouvoir discuter avec ses banquiers. Je sais ce qui se passe dans le monde. Ce qui m'a énormément aidé, c'est que j'ai toujours suivi la Bourse. On y voit toutes les tendances, les valorisations, ce qui va bien, les endroits où l'on investit, ce qui monte, ce qui déçoit ou surprend, quel pays a le vent en poupe... J'aime également lire les rapports d'analystes pour connaître le regard qu'ils portent sur une entreprise. Pour pouvoir être un bon président du conseil d'administration de Mithra, par exemple, je dois savoir quelles autres entreprises ont du succès, ou pourquoi certaines échouent. Ou prenez le taux d'intérêt : il faut sans cesse garder à l'esprit la possibilité d'une inversion de tendance. Je me préoccupe beaucoup de ce genre de choses. " Il faut être un peu fou pour atteindre quelque chose, mais on fait de moi une caricature que je ne suis pas ", avez-vous un jour déclaré. Je pense que j'y souscris toujours. J'aime la vie et j'aime la Belgique. Je me trouve " béni ", blessed, comme ils disent en anglais. Mais j'ai besoin de ma soupape. Ainsi, je trouve amusant d'avoir enregistré une chanson. Si l'on demande à des enfants de sept ans qui veut chanter, ils lèvent tous le doigt. A dix-sept ans, ils disparaissent sous leur chaise. Je sais qu'il y a des gens qui ne me veulent pas que du bien ou qui veulent faire de moi une caricature, pour une raison ou pour une autre. Je leur donne du grain à moudre. Mais j'ai fini par dire non à quelque chose récemment. On m'a demandé de jouer dans le nouveau film de FC De Kampioenen (sitcom flamande transposée par la suite au cinéma et ayant pour cadre une mauvaise équipe de football, Ndlr). Dans la situation actuelle, j'ai préféré décliner. Mais j'aurais aimé. J'adore les défis de ce genre. Je suis juste incapable de la moindre activité physique. Je ne suis pas fait pour sauter d'un avion...