Une réunion d'urgence du conseil d'administration doit se tenir mardi, au lendemain de l'échec d'une rencontre de plusieurs heures de ses créanciers. Ceux-ci ne sont pas parvenus à s'entendre sur une injection de liquidités, nécessaires à la survie de la société qui ploie sous une dette de plus d'un milliard de dollars. A la suite de cet échec, "la direction sollicitera l'avis du conseil d'administration sur les prochaines étapes à suivre ", a déclaré le CEO de Jet Airways, Vinay Dube, dans un courriel adressé au personnel lundi tard dans la soirée. Il a également annoncé que l'annulation des vols internationaux était étendue jusqu'à jeudi.

La presse indienne rapportait que la suspension de toutes les opérations était l'une des options qui s'offraient au conseil, au risque pour Jet Airways de perdre sa licence d'exploitation. La flotte de ce qui était jusqu'à peu le deuxième transporteur aérien du géant d'Asie du Sud est passée de près de 120 appareils en janvier à seulement sept actuellement, en raison du non-paiement d'échéances de crédit-bail. Une partie du personnel menace de se mettre en grève en raison d'arriérés de salaires. Selon des sources citées par le quotidien Business Standard, il reste à la compagnie aérienne juste assez de carburant pour faire voler ses sept appareils jusqu'à mardi après-midi. "La compagnie aérienne pilote sept avions en ce moment-même. Le nombre minimum pour conserver sa licence d'exploitation", a déclaré à l'AFP un responsable de la National Aviation Guild, syndicat de pilotes de Jet Airways.

En raison de sa situation calamiteuse, Jet est passé le mois dernier sous le contrôle d'un consortium bancaire de créanciers emmené par la State Bank of India (SBI). Ces derniers ont promis d'injecter 218 millions de dollars à titre de "soutien financier immédiat", via des instruments de dette, mais ces fonds se font attendre. Les nouveaux actionnaires majoritaires cherchent actuellement un repreneur qui serait intéressé par l'acquisition de 75% de l'entreprise. La compagnie émiratie Etihad Airways, qui détient déjà des parts dans la société, a signalé son intérêt à monter jusqu'à 75% du capital, selon les médias. Une faillite de Jet Airways serait catastrophique pour l'image du Premier ministre Narendra Modi, arrivé au pouvoir il y a cinq ans en promettant une économie dynamique et qui brigue actuellement un deuxième mandat aux élections législatives.