Déjà peu épargnés par le dernier Codeco (3 décembre), qui avait fixé la limite du public à 200 personnes maximum, les acteurs du monde de la culture font maintenant face à une fermeture pure et simple de toute activité. "C'est de la déconsidération totale et un nouveau coup de massue pour nous", déplore la secrétaire générale de la Fédération des employeurs des Arts de la scène (FEAS), Françoise Havelange.

En ligne de mire, l'absence totale de prévisibilité de ces mesures et le manque de prise en compte des réalités des différents lieux culturels: "pourquoi ne propose-t-on pas, comme pour les bulles de deux pour aller faire les magasins, des binômes pour se rendre au théâtre?" Même constat de désespoir pour le secteur du cinéma, "enragé et étonné" face à une décision "qui n'était pas sur la table lors de la remise de l'avis du GEMS", le groupe d'experts qui conseille les autorités, s'exaspère Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB).

Les deux représentants de fédération soulignent, une nouvelle fois et avec regret, les efforts fournis par leurs membres pour garantir la sécurité sanitaire au sein de leurs salles (CST, ventilation, limitation du public) et le manque de preuves permettant de considérer le monde de la culture comme propice aux infections. "Si vous regardez les mesures strictes que nous appliquons aujourd'hui, nous ne comprenons vraiment pas comment une interdiction totale des projections de films peut aider à prévenir les infections", réagit la porte-parole du groupe Kinépolis, Anneleen Van Troos. "On nous prive de la meilleure période de l'année avec les vacances d'hiver qui représentent 20% du chiffre d'affaires de nos salles", renchérit enfin Thierry Laermans, qui appelle le gouvernement à absolument prévoir des aides "pour sauver les salles qui ont déjà vécu une année catastrophique". La réévaluation des mesures touchant le monde de la culture aura lieu début janvier, à l'occasion du prochain Codeco

Des aides économiques vont une nouvelle fois devoir être prises, sans quoi certains lieux culturels vont devoir mettre la clé sous la porte, prévient-on déjà..

Incompréhension du secteur commercial

La fédération du commerce et des services Comeos ne comprend pas la décision du Comité de concertation d'autoriser les courses à deux personnes maximum à partir de dimanche. "Nous déplorons cette décision. Nous avons déjà prouvé que nous sommes un secteur sûr", a déclaré la porte-parole Deborah Motteux. "Cette décision n'est pas logique car dans les restaurants on peut encore accueillir six personnes".

Elle souligne également que cette décision intervient à un moment important pour le secteur de la vente au détail, d'abord avec Noël et la Saint-Sylvestre et enfin la période des soldes. "A chaque mesure prise, on constate immédiatement un impact sur le nombre de visiteurs dans les magasins", conclut-elle.

Le foot dans le mur

Pierre François, le CEO de la Pro League, l'instance du football professionnel belge, a réagi à la décision du Comité de concertation d'instaurer un huis-clos pour toutes les compétitions sportives. "Avec moins de recettes à cause du huis-clos et plus de charges fiscales, nous allons droit dans le mur", a précisé François à la RTBF mercredi.

"Cette décision va faire mal et il y a une grosse inquiétude car il est peu probable que les supporters soient de retour pour la journée de reprise en janvier", a confié Pierre François qui a rappelé que la Pro League avait déjà pris elle-même des mesures. "Nous avions interdit les supporters visiteurs de se déplacer mais aussi fermé des buvettes pour éviter la propagation du virus."

Le CEO de la Pro League a également insisté sur l'impact financier de cette décision, conjuguée à la nouvelle réforme fiscale qui touchera le football belge à partir du 1er janvier. "J'en profite pour lancer un appel au gouvernement car notre secteur ne reçoit pas de subvention", a ajouté François. Nous assumons totalement cette nouvelle réforme fiscale mais la date du 1er janvier 2022 devient intolérable. Nous aimerions travailler par saison et proposons la date du 1er juillet 2022. Je ne conteste pas les mesures et nous avons aussi aidé à accélérer la vaccination, qui était nécessaire pour assister aux matches. Mais il faut penser à l'économie et la situation est délicate. Avec moins de recettes à cause du huis-clos et plus de charges fiscales, nous allons droit dans le mur."

La 21e journée de Jupiler Pro League prévue les 26 et 27 décembre se jouera donc à huis clos. Après la trêve hivernale, le championnat reprendra ses droits les 14-15-16 janvier. Une 22e journée lors de laquelle le public pourrait déjà faire son retour dans les stades. Le prochain Comité de concertation est en effet prévu autour de la mi-janvier.

Steven Van Gucht: "Le Codeco va plus loin que ce que nous avions conseillé"

La décision du Comité de concertation de fermer les théâtres et les cinémas à partir dimanche va plus loin que les recommandations des experts, a souligné mercredi soir le virologue Steven Van Gucht. "Ce n'était pour nous qu'un plan B", a-t-il déclaré sur la chaîne flamande VTM.

Selon lui, les experts pensent qu'une séance de cinéma était encore sûre. Ils éprouvent par contre plus d'appréhension envers les rencontres dans la sphère privée. "J'espère que les gens seront avertis à ce sujet (...) c'est là que se fera la grande différence", a-t-il ajouté. "C'est maintenant la période des réunions de famille et c'est là que réside le plus grand risque de contamination."

Déjà peu épargnés par le dernier Codeco (3 décembre), qui avait fixé la limite du public à 200 personnes maximum, les acteurs du monde de la culture font maintenant face à une fermeture pure et simple de toute activité. "C'est de la déconsidération totale et un nouveau coup de massue pour nous", déplore la secrétaire générale de la Fédération des employeurs des Arts de la scène (FEAS), Françoise Havelange. En ligne de mire, l'absence totale de prévisibilité de ces mesures et le manque de prise en compte des réalités des différents lieux culturels: "pourquoi ne propose-t-on pas, comme pour les bulles de deux pour aller faire les magasins, des binômes pour se rendre au théâtre?" Même constat de désespoir pour le secteur du cinéma, "enragé et étonné" face à une décision "qui n'était pas sur la table lors de la remise de l'avis du GEMS", le groupe d'experts qui conseille les autorités, s'exaspère Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB). Les deux représentants de fédération soulignent, une nouvelle fois et avec regret, les efforts fournis par leurs membres pour garantir la sécurité sanitaire au sein de leurs salles (CST, ventilation, limitation du public) et le manque de preuves permettant de considérer le monde de la culture comme propice aux infections. "Si vous regardez les mesures strictes que nous appliquons aujourd'hui, nous ne comprenons vraiment pas comment une interdiction totale des projections de films peut aider à prévenir les infections", réagit la porte-parole du groupe Kinépolis, Anneleen Van Troos. "On nous prive de la meilleure période de l'année avec les vacances d'hiver qui représentent 20% du chiffre d'affaires de nos salles", renchérit enfin Thierry Laermans, qui appelle le gouvernement à absolument prévoir des aides "pour sauver les salles qui ont déjà vécu une année catastrophique". La réévaluation des mesures touchant le monde de la culture aura lieu début janvier, à l'occasion du prochain CodecoDes aides économiques vont une nouvelle fois devoir être prises, sans quoi certains lieux culturels vont devoir mettre la clé sous la porte, prévient-on déjà..La fédération du commerce et des services Comeos ne comprend pas la décision du Comité de concertation d'autoriser les courses à deux personnes maximum à partir de dimanche. "Nous déplorons cette décision. Nous avons déjà prouvé que nous sommes un secteur sûr", a déclaré la porte-parole Deborah Motteux. "Cette décision n'est pas logique car dans les restaurants on peut encore accueillir six personnes".Elle souligne également que cette décision intervient à un moment important pour le secteur de la vente au détail, d'abord avec Noël et la Saint-Sylvestre et enfin la période des soldes. "A chaque mesure prise, on constate immédiatement un impact sur le nombre de visiteurs dans les magasins", conclut-elle. Pierre François, le CEO de la Pro League, l'instance du football professionnel belge, a réagi à la décision du Comité de concertation d'instaurer un huis-clos pour toutes les compétitions sportives. "Avec moins de recettes à cause du huis-clos et plus de charges fiscales, nous allons droit dans le mur", a précisé François à la RTBF mercredi."Cette décision va faire mal et il y a une grosse inquiétude car il est peu probable que les supporters soient de retour pour la journée de reprise en janvier", a confié Pierre François qui a rappelé que la Pro League avait déjà pris elle-même des mesures. "Nous avions interdit les supporters visiteurs de se déplacer mais aussi fermé des buvettes pour éviter la propagation du virus." Le CEO de la Pro League a également insisté sur l'impact financier de cette décision, conjuguée à la nouvelle réforme fiscale qui touchera le football belge à partir du 1er janvier. "J'en profite pour lancer un appel au gouvernement car notre secteur ne reçoit pas de subvention", a ajouté François. Nous assumons totalement cette nouvelle réforme fiscale mais la date du 1er janvier 2022 devient intolérable. Nous aimerions travailler par saison et proposons la date du 1er juillet 2022. Je ne conteste pas les mesures et nous avons aussi aidé à accélérer la vaccination, qui était nécessaire pour assister aux matches. Mais il faut penser à l'économie et la situation est délicate. Avec moins de recettes à cause du huis-clos et plus de charges fiscales, nous allons droit dans le mur." La 21e journée de Jupiler Pro League prévue les 26 et 27 décembre se jouera donc à huis clos. Après la trêve hivernale, le championnat reprendra ses droits les 14-15-16 janvier. Une 22e journée lors de laquelle le public pourrait déjà faire son retour dans les stades. Le prochain Comité de concertation est en effet prévu autour de la mi-janvier. La décision du Comité de concertation de fermer les théâtres et les cinémas à partir dimanche va plus loin que les recommandations des experts, a souligné mercredi soir le virologue Steven Van Gucht. "Ce n'était pour nous qu'un plan B", a-t-il déclaré sur la chaîne flamande VTM.Selon lui, les experts pensent qu'une séance de cinéma était encore sûre. Ils éprouvent par contre plus d'appréhension envers les rencontres dans la sphère privée. "J'espère que les gens seront avertis à ce sujet (...) c'est là que se fera la grande différence", a-t-il ajouté. "C'est maintenant la période des réunions de famille et c'est là que réside le plus grand risque de contamination."