Pour Thierry Bodson, président du syndicat socialiste, ce document "montre une fois de plus que la loi sur la norme encadrant les salaires de 1996 est en complet décalage avec la réalité économique".

Dans un rapport technique, le CCE, un organe consultatif des partenaires sociaux, a dit s'attendre à ce que les salaires en Belgique augmentent de 8,8% sur la période 2020-2022, contre 7,6% en moyenne pour l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Un écart d'1,2% notamment renforcé par l'inflation, qui est bien plus élevée en Belgique pour le moment qu'en France ou en Allemagne.

Ce "handicap" des entreprises belges sera pris en compte pour calculer la norme salariale lors des négociations sur l'Accord interprofessionnel (AIP) en début d'année prochaine.

Pour la FGTB, il est déjà clair que la norme se situera très certainement à 0%, vu la progression actuelle de l'inflation. "A nos yeux, c'est là la démonstration que la loi est complètement désuète", commente son président. "Cela alors que la Banque nationale continue à annoncer une reprise très soutenue, de l'ordre de 8%, de l'activité économique."

La reprise sera cependant très différente d'un secteur à l'autre, prédit-il. Selon lui, il devrait ainsi y avoir un effet de rattrapage dans les entreprises manufacturières, tout comme dans le secteur de la construction, notamment avec les investissements européens à venir. Dans les services, la reprise sera par contre sans doute moins importante, illustre-t-il. "Et pourtant, on va imposer cette norme de 0% et à tout le monde", fustige Thierry Bodson.

Tout comme la CSC mercredi, le responsable syndical constate que, dans le même temps, les marges bénéficiaires pour les entreprises en 2021 ont été "les plus importantes du 21e siècle". D'après un récent rapport de la BNB, le taux de marge en Belgique a en effet sensiblement progressé, passant de 39% en 2014 à 42% en 2020. "Et malgré ça, on aura donc 0% à négocier", se désole le président de la FGTB.

D'après le rapport du CCE, l'inflation est actuellement beaucoup plus importante en Belgique (8,5% en janvier) qu'aux Pays-Bas (7,6%) et surtout qu'en Allemagne (5,1%) et en France (3,3%). L'influence des prix de l'énergie, qui ne cessent de grimper, sur cet indicateur est beaucoup plus importante en Belgique et aux Pays-Bas que dans les deux autres pays, selon le Conseil central de l'économie.

Il faut dès lors une étude sur la composition du prix de l'énergie en Belgique, plaide Thierry Bodson. "Il faut comprendre à quoi est dû ce handicap et pourquoi l'énergie est aussi chère dans notre pays."

L'inflation actuelle, et son impact sur l'évolution des salaires, pourrait avoir "de graves conséquences" sur la position concurrentielle des entreprises belges, avaient alerté mercredi les fédérations patronales, dans la foulée de la publication du rapport. Le handicap des coûts salariaux en Belgique par rapport aux pays voisins pourrait s'élever à environ 2% en fin d'année, s'était inquiété le patronat.

Pour Thierry Bodson, président du syndicat socialiste, ce document "montre une fois de plus que la loi sur la norme encadrant les salaires de 1996 est en complet décalage avec la réalité économique".Dans un rapport technique, le CCE, un organe consultatif des partenaires sociaux, a dit s'attendre à ce que les salaires en Belgique augmentent de 8,8% sur la période 2020-2022, contre 7,6% en moyenne pour l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Un écart d'1,2% notamment renforcé par l'inflation, qui est bien plus élevée en Belgique pour le moment qu'en France ou en Allemagne. Ce "handicap" des entreprises belges sera pris en compte pour calculer la norme salariale lors des négociations sur l'Accord interprofessionnel (AIP) en début d'année prochaine. Pour la FGTB, il est déjà clair que la norme se situera très certainement à 0%, vu la progression actuelle de l'inflation. "A nos yeux, c'est là la démonstration que la loi est complètement désuète", commente son président. "Cela alors que la Banque nationale continue à annoncer une reprise très soutenue, de l'ordre de 8%, de l'activité économique." La reprise sera cependant très différente d'un secteur à l'autre, prédit-il. Selon lui, il devrait ainsi y avoir un effet de rattrapage dans les entreprises manufacturières, tout comme dans le secteur de la construction, notamment avec les investissements européens à venir. Dans les services, la reprise sera par contre sans doute moins importante, illustre-t-il. "Et pourtant, on va imposer cette norme de 0% et à tout le monde", fustige Thierry Bodson. Tout comme la CSC mercredi, le responsable syndical constate que, dans le même temps, les marges bénéficiaires pour les entreprises en 2021 ont été "les plus importantes du 21e siècle". D'après un récent rapport de la BNB, le taux de marge en Belgique a en effet sensiblement progressé, passant de 39% en 2014 à 42% en 2020. "Et malgré ça, on aura donc 0% à négocier", se désole le président de la FGTB. D'après le rapport du CCE, l'inflation est actuellement beaucoup plus importante en Belgique (8,5% en janvier) qu'aux Pays-Bas (7,6%) et surtout qu'en Allemagne (5,1%) et en France (3,3%). L'influence des prix de l'énergie, qui ne cessent de grimper, sur cet indicateur est beaucoup plus importante en Belgique et aux Pays-Bas que dans les deux autres pays, selon le Conseil central de l'économie. Il faut dès lors une étude sur la composition du prix de l'énergie en Belgique, plaide Thierry Bodson. "Il faut comprendre à quoi est dû ce handicap et pourquoi l'énergie est aussi chère dans notre pays." L'inflation actuelle, et son impact sur l'évolution des salaires, pourrait avoir "de graves conséquences" sur la position concurrentielle des entreprises belges, avaient alerté mercredi les fédérations patronales, dans la foulée de la publication du rapport. Le handicap des coûts salariaux en Belgique par rapport aux pays voisins pourrait s'élever à environ 2% en fin d'année, s'était inquiété le patronat.